Alice et les orties, Julie Bonnie

Présentation de l’éditeur :

 

alice-et-les-orties« Je ne sais plus quand je me suis décidée. L’histoire remontait à des décennies, elle n’avait jamais cessé de m’empoisonner, mais je la repoussais lorsqu’elle venait m’agripper. Elle grandissait, se nourrissait de mon sang, marchait à mes côtés. Ses morsures- surprises me laissaient sur le carreau pendant plusieurs jours, plusieurs semaines parfois. J’aurais pu continuer, amputée de l’existence, à la fuir, sur mes rotules blessées, sans répit, sans espoir. Pourtant je me suis décidée. » J. B.

Parce que le silence tue, que la honte étouffe, Alice se met en quête des mots pour écrire son récit puis l’évincer une fois pour toutes de sa vie. Sur son chemin, on croise des monstres, des morts, des personnages loufoques. Tous vont l’aider à comprendre enfin ce qui lui est arrivé. Pour raconter l’indicible, un conte poétique, magique et tendre.

 

C’est une histoire moche comme une vieille Lire la suite

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La famille Ogre, Henri Meunier

La famille ogrePrésentation de l’éditeur :

 

Vous connaissez déjà l’Ogre de Poucet, celui du Chat Botté ! Vous aimerez le reste de la famille. à moins que le petit dernier ne vous reste en travers.

 

Les familles sont cruelles ! Et il n’y a pas que les familles ogres qui sont cannibales.

 

La famille ogre est un conte, une fable, un fac-similé de cartes à jouer, une variation autour du classique jeu des 7 familles et du conte du Petit poucet. Dans cette famille aux dents longues, chacun a un caractère bien trempé. Mais qu’en est-il du petit dernier ?

 

La quatrième de couverture affiche la règle du jeu et annonce la couleur :

 

« Pour être complète, la famille ogre doit comporter huit membres : le grand-père, la grand-mère, le père, la mère, le fils, la fille, le chien, le petit dernier.

Ouvre la boîte, saisis-toi du livre et tourne les pages les unes après les autres, après les avoir bien lues. Si, à la fin du livre, la famille ogre est complète et en bonne santé, tu as gagné. Ce n’est pas encore joué. D’ailleurs, ce n’est pas un jeu.

Car la vie des ogres non plus n’est pas un jeu. »

 

 

Un petit livre à chute, teinté d’humour noir et multicolore, dont on dévore le texte et les illustrations tout en se délectant de la façon dont le texte joue avec les illustrations (à moins que ce ne soit l’inverse).

Un joli objet de poche à ranger, dans son étui cartonné, du côté des livres précieux.

 

L’Atelier du Poisson soluble, 2004, 24 pages, 8 euros

 

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Le site d’Henri Meunier : http://www.henrimeunier.com/

Le site du Poisson soluble : http://www.poissonsoluble.com/

 

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Pétrouchka, Claude Clément & Beppe Giacobbe

PetrouchkaPrésentation de l’éditeur :

C’est Mardi gras. Sur la grand-place d’une ville russe, un théâtre de marionnettes s’est installé. Pour faire rire petits et grands, Pétrouchka le pantin de paille saute toujours plus haut. Il espère que la jolie ballerine, qui partage la scène avec lui, le préférera à son rival, l’homme au turban d’or.

Mais les histoires d’amour finissent mal en général…

 

 

 

En quelques jets de mots dansants et tourbillonnants, Claude Clément adapte cette histoire classique du folklore russe, dont Igor Stravinsky a fait un ballet au début du XXème siècle. On retrouve dans ces phrases qui virevoltent les mouvements des danseurs des Ballets russes.

 

« En composant cette musique, j’avais nettement la vision d’un pantin subitement déchaîné qui, par ses cascades d’arpèges diaboliques, exaspère la patience de l’orchestre, lequel, à son tour, lui réplique par des fanfares menaçantes. »

a raconté Stravinsky à Serge de Diaghilev en 1910.

 

C’est une histoire d’art et d’amour, mais surtout une histoire de liberté.

 

« J’adore faire des recherches, comparer les versions plus anciennes avant de concocter la mienne, éplucher les intentions du librettiste et du compositeur, les circonstances de la création du ballet, les innovations des différents chorégraphes, celles des grands danseurs interprètes, tels que Nijinski ou Rudolf Noureev dans Pétrouchka. Je suis même allée jusqu’à lire attentivement le journal intime de Nijinsk, alors qu’il était devenu fou… » raconte Claude Clément en 2015.

 

Nijinsky Photographs and PhotographersLe très grand format des doubles pages laisse éclater les couleurs des fantastiques illustrations de Beppe Giacobbe. Un esthétisme dans lequel le texte trouve très harmonieusement sa place, pour le bonheur des petits mais aussi (surtout ?) des grands lecteurs.

 

Un album splendide.

 

Seuil jeunesse, octobre 2014, 32 pages, 18 euros

 

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Igor Stravinsky avec Vaslav Nijinsky en costume pour Pétrouchka

programme des Ballets russes, juin 1911

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Le Puits, Iván Repila

Présentation de l’éditeur :

 

le-puitsDeux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits de terre, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers. À leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, mais ils ont interdiction d’y toucher. Jour après jour, le Petit s’affaiblit. S’il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il ? Le Grand survivra-t-il ? Comment surtout se sont-ils retrouvés là ?

Le Puits est un conte brutal à la fin cruelle et pleine d’espoir. Une fable sur l’amour fraternel, la survie et la vengeance, un roman «qui a mérité sa place au panthéon des Jules Verne, Alain-Fournier et autres Antoine de Saint-Exupéry, selon Zoé Valdés. Un roman indispensable, alors que beaucoup d’entre nous avions déjà annoncé la défaite de l’imagination contre la quotidienneté médiocre et étriquée.»

 

Dans ce puits, il y a un escalier en bâtons de réglisse, des fleurs qui parlent, une tour de nuages, une routine de peurs et d’espoirs. Un sac contenant une miche de pain, des tomates séchées, des figues et un morceau de fromage. Ou alors rien d’autre que des vers, de la terre, du silence. Et parfois un oiseau.

Le puits est tantôt un pressoir, tantôt un cercueil, tantôt un entonnoir qui distille les fantasmes. C’est un piège autant qu’un refuge. Qui ne cesse d’éprouver la capacité de résistance des deux frères tombés dedans on ne sait comment.

 

Les jours qui passent font venir la faim et la soif, la fatigue et la lassitude, la fièvre et les aveux, le désespoir qui détruit toute forme de communication. Au fond du puits, l’humanité est ramenée à ce qu’elle a de plus bestial.

Les deux frères deviennent des hommes. Et, de la rivalité au soutien, de la manipulation à la tendresse, de la haine à l’amour, donnent à voir tous les visages de la fraternité.
Mais la folie rôde et elle pourrait bien causer des dommages irréparables…

 

Dans ce premier roman remarquable, inclassable et inoubliable, Iván Repila raconte un enfermement qui révèle les identités, les imaginaires et les liens entre deux êtres. Il campe deux frères déterminés à survivre, forts différents mais qui se rejoignent dans la dignité, le refus de capituler, l’envie de faire justice et d’obtenir réparation.

 

L’écriture est âpre, brute, et mise au service d’une imagination débordante, d’un univers fantastique qui font naître des mondes en quelques mots seulement.

Le puits et ce livre ont ceci de commun qu’on en sort comme d’un mauvais rêve. Mais pour le lecteur, il s’agit d’un mauvais rêve dans lequel il n’hésitera pas à retourner et à inviter des tiers.

Un premier roman révélation, une claque – et un puits d’idées.

 

 

Traduit de l’espagnol par Margot Nguyen Béraud

Editions Denoël, octobre 2014, 112 pages, 11 euros

 

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Echos du puits :

 

« Le premier sang coule toujours dans le camp des plus faibles. » (page 16)

 

« Ici, à l’intérieur, tout a le goût de la terre. Habitue-toi. » (page 23)

 

« Les démonstrations de tendresse ne sont plus nécessaires lorsque gouverne l’instinct de conservation. » (page 37)

 

« Le Petit continue de mourir quelques jours encore tandis que son frère s’efforce de le maintenir en vie. Comme si ce n’était qu’un jeu. » (page 44)

 

« Quand son imagination se tarit, il lui raconte des histoires vraies. » (page 46)

 

« L’eau, la vraie, est dehors. Celle-là n’est qu’un mensonge. » (page 47)

 

« L’assassinat, ça ne s’apprend pas, ça se sait. » (page 52)

 

« Les vivants sont comme des enfants : ils jouent à mourir. » (page 73)

 

« Nul ne peut retenir ce que j’ai dans la tête, là, à l’intérieur. C’est un territoire sans murs, sans puits, juste à moi. Et bien réel puisqu’il me fait évoluer. » (page 74)

 

« Le temps est un carrefour planté entre mes yeux. Mon enfance aura lieu demain. » (page 74)

 

« Ce puits est un utérus. Nous allons bientôt naître, toi et moi. Nos cris sont la douleur du monde qui accouche. » (page 74)

 

« C’est de penser que toi tu puisses mourir qui rend mon monde si petit. » (page 75)

 

« Certaines présences sont bien plus palpables que ce qu’on peut toucher. » (page 84)

 

« Ses yeux se cachent au fond de leurs orbites, comme s’ils en avaient assez vu. » (page 105)

La comtesse de Ricotta, Milena Agus

Présentation de l’éditeur :

La splendeur ancienne n’est plus, le palazzo familial se délabre, la plupart des appartements ont été vendus et les trois sœurs se partagent ceux qui restent. Seule l’aînée, Noemi, rêve de reconquérir le faste perdu et de restaurer la demeure sur les hauteurs de Cagliari. Les deux autres s’accommodent de la déchéance. Le sujet sur lequel en revanche toutes les trois s’accordent est l’amour imparfait. Toujours imparfait. Pour Maddalena, qui s’adonne avec persévérance à une sexualité fiévreuse, le désir d’enfant n’est pas satisfait. Pour Noemi, l’objet de l’amour est fuyant et dédaigneux. Quant à la plus jeune, la fragile comtesse de Ricotta, on dirait que la vie entière lui échappe. Comme les objets de ses mains maladroites. Comme l’étrange petit garçon qu’elle élève seule. Mais peut-être que l’espoir se cache tout près, juste de l’autre côté du mur… Milena Agus nous emporte à nouveau dans son univers si particulier où se côtoient désenchantement et magie lumineuse.

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