L’écrivain à l’épreuve du quotidien #6 : « La vie de tous les jours c’est l’essence que je mets dans ma machine à écrire »

SA-lecrivain-a-lepreuve-du-quotidien-1024x302L’écrivain à l’épreuve du quotidien, c’est le titre de l’une des rubriques que je propose sur la plateforme Les Nouveaux Talents.

Un écrivain ne devrait pas faire les courses… il faut pourtant bien qu’il mange ! Dans cette rubrique, rencontre avec des écrivains qui se livrent sur la place de l’écriture dans le quotidien… et la place du quotidien dans l’écriture !

La romancière Diane Brasseur alterne les immersions dans les longues narrations : celles des films dont elle est la scripte et celles des romans qu’elle écrit. Comment s’organise-t-elle ? Quelle place le quotidien occupe-t-il quand on s’affranchit de la traditionnelle routine ? Rencontre avec une jeune femme qui utilise les possibilités que son rythme lui offre sans jamais les nommer contraintes.

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Mon activité professionnelle m’offre du recul sur mes textes

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Je ne veux pas d’une passion, Diane Brasseur

Présentation de l’éditeur :

je ne veux pas dune passion-couvIl est parti, il a enfilé son caban avant de mettre son bonnet.

Pourquoi n’ai-je pas essayé de le retenir ?

Quand il s’est levé, j’ai gardé les mains dans les poches de mon manteau.

J’hésitais à lui proposer d’aller chez moi pour faire l’amour une dernière fois. Un à un, il fermait les boutons de son caban que, d’habitude, il ne ferme pas. Celui du milieu, frappé d’une ancre de bateau, était tombé depuis longtemps.

« Je vais rester un peu. »

J’ai commandé une coupe de champagne.

Elle pensait que c’était le bon, mais il la quitte. Restée seule dans un café, une jeune femme revit les derniers mois de son histoire d’amour, et la relation fusionnelle qu’elle entretient avec son père depuis l’enfance. Deux passions très différentes, qui vivent dans un seul cœur.

Ce roman est une alternance de souvenirs égrenés comme des gouttes de pluie qui glisseraient sur une vitre, vitesse, rythme et taille variables. Les souvenirs concernent les deux hommes de la vie de la narratrice, son père, ce héros, et son amoureux, qui vient de la quitter. Elle remonte dans le désordre le fil de ces deux histoires, y trouve des correspondances. Loin de s’apitoyer sur son sort, la narratrice, qui a l’impression d’être « tombée du mauvais côté de l’amour », constate, revit, s’émeut, comme pour mieux se préparer pour la suite.

Mais peut-on avoir dans sa vie deux hommes de sa vie ?

Après le dilemme épouse/maîtresse, Diane Brasseur s’attaque dans ce deuxième roman à un autre cliché, les points communs entre son père et l’homme aimé – et à nouveau, s’en sort avec brio, évitant les écueils et la facilité. C’est frais et juste, tout en délicatesse, servi par une écriture légère et sensible, pleine de respirations. C’est aussi un portrait de la fragilité des jeunes femmes modernes lorsqu’elles sont à jamais les filles de leur père.

Une réussite.

Allary Editions, août 2015, 240 pages, 17,90 euros

A lire aussi sur Sophielit :

Les fidélités

Pourquoi écrivez-vous, Diane Brasseur ?

Toute la rentrée littéraire 2015

Fragments :

« Il n’y a rien de plus triste que les amours fabriqués. » (page 15)

« Il n’y a pas de désir sans un peu d’inconfort. » (page 40)

« Les rencontres les plus importantes n’ont rien de spectaculaire. » (page 46)

« J’ai l’impression d’être tombée du mauvais côté de l’amour. » (page 70)

« Tous les hommes dont je tombe amoureuse portent la barbe pour que mon désir s’y accroche comme à la bande Velcro d’une fermeture à scratch. » (page 88)

« A la fin de chacune de mes histoires, j’ai fait un test HIV pour m’en libérer. » (page 100)

« La vieillesse des autres ne l’intéresse pas, la sienne est scandaleuse. » (page 105)

« Alors je sors de la salle de bains blanche comme je voudrais sortir de l’enfance, en claquant la porte. » (page 131)

« Nous attentions nos cafés comme les trois coups au théâtre pour commencer. » (page 133)

« Les amoureux ne se méfient pas, ils s’embrassent les yeux fermés. » (page 143)

« La nuit, tout est plus grave. » (page 165)

« Au cinéma, je change de rang dans la pénombre en pleine séance, mais les décisions importantes je les prends vite et sans regrets. » (page 173)

« Trop près on se dispute, trop loin on se manque. » (page 181)

« Le risque quand il y a tant d’amour, c’est de se rater. » (page 181)

United colors of summer

cabines

Ils sont sortis ces derniers mois, vous êtes passés à côté pour une raison ou une autre (forcément excellente)…

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Les voici récapitulés ici.

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20 livres que l’été va vous permettre de découvrir.

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Classés par couleur (je suis synesthète).

 

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BLEU

BleuUne illusion passagère, Dermot Bolger« Toute relation atteint un stade où les choses sont allées trop loin pour s’arranger. »

Editions Joëlle Losfeld, 2013, 136 pages, 15,90 €

 

La nièce de Fellini, Gilles Verdiani« Personne ne sait comment la postérité choisit parmi les défunts ceux qu’elle aimera. »

Editions Ecriture, mars 2014, 180 pages, 16,95 € 

 

Nous étions une histoire, Olivia Elkaim : « Qu’est-ce qui t’oblige à aimer ton fils ? »

Stock, février 2014, 256 pages, 18,50 €

 

Conception, Ariane Zarmanti« Ton père, tu veux vraiment que je te dise, je l’ai trouvé dans le journal. »

Editions Omniscience, mars 2014, 192 pages, 17,90 €

 

 

ORANGE

Orange.Les cyprès de Patmos, Antoine Silber« Patmos n’est pas une île, mais un rêve d’île. »

Editions Arléa, février 2014, 128 pages, 17 €

 

Nouvelles du couple, collectif : « Je nous voulais, tous deux, et personne d’autre. »

Editions France Empire, mars 2014, 142 pages, 15 €

 

Happé par Sempé, Christophe Carlier : « Sempé était venu à mon secours. Il m’avait distrait de la platitude des choses. »

Serge Safran éditeur, octobre 2013, 76 pages, 7 €

 

Come prima, Alfred : « Je savais pas vers quoi j’allais, mais je savais déjà que je voulais pas rater ça. »

Editions Delcourt, octobre 2013, 224 pages, 25,50 euros

 

ROSE

RoseAu début, François Bégaudeau : « Certains fondent une famille pour racheter la leur. »

Alma éditeur, 2012, 216 pages, 18 €

 

La blancheur qu’on croyait éternelle, Virginie Carton« Lorsque le présent ne propose rien, que l’avenir est incertain, on est parfois tenté de retrouver ce qu’on a bien connu, de revenir là d’où l’on vient. »

Editions Stock, mars 2014, 224 pages, 18 €

 

Les fidélités, Diane Brasseur« J’ai une double vie depuis un an. »

Allary Editions, janvier 2014, 176 pages, 16,90 €

 

Grace Kelly, le roman d’une légende, Sophie Adriansen : « Il suffit d’aller voir derrière le conte de fées pour s’apercevoir que la femme aura tenu des rôles bien différents de ceux que l’on aime à s’imaginer. » 

Editions Premium, 24 janvier 2014, 256 pages + cahier photos 8 pages, 18,90 €

 

VERT

VertLa vie privée, Olivier Steiner« Sa façon de me regarder est déjà une pénétration. »

Gallimard, L’Arpenteur, mars 2014, 148 pages, 13,90 euros

 

Le silence des rails, Franck Balandier : « Ceux qui possèdent les armes ont toujours raison. »

Flammarion, février 2014, 220 pages, 12 €

 

Mon amie américaine, Michèle Halberstadt : « Je ne savais pas que je pouvais fabriquer autant de larmes. »

Albin Michel, janvier 2014, 192 pages, 16 euros

 

Bois sans soif, François Perrin : « Un bar ne constitue ni plus ni moins que la chambre dont on ne dispose pas chez soi. »

Editions rue fromentin, janvier 2014, 140 pages, 16 euros

 

JAUNE

JauneLe saut du requin, Romain Monnery : « Ils avaient couché le premier soir. Elle s’était dit « Soyons fous », il avait trouvé ça normal. »

Au Diable Vauvert, janvier 2014, 272 pages, 17 euros

 

Dossier océan, Claudine Aubrun : « J’étais à la limite. A la limite du défendu mais à la limite tout de même. »

Le Rouergue, février 2014, 107 pages, 9,70 euros

 

Germain dans le métro, Vincent Maston : « Pour calmer mes nerfs, j’applique la seule technique de relaxation que je connaisse. Par petits coups discrets, je fais trébucher les passagers importuns.

JCLattès, février 2014, 304, 17 euros

 

Drôles de familles !, Sophie Adriansen & Claudine Aubrun : « Vivre comme des Peaux-Rouges, c’est ce que propose le Camp du Totem d’or.»

Nathan, L’énigme des vacances, avril 2014, 194 pages, 7,99 €

 

 

 Bon été de lectures !

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Pourquoi écrivez-vous, Diane Brasseur ?

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Diane Brasseur est franco-suisse.

Née en 1980, elle a grandi à Strasbourg et fait une partie de sa scolarité en Angleterre.

Après des études de cinéma à Paris, elle devient scripte et tourne, entre autres, avec Albert Dupontel, Olivier Marchal et Abd Al Malik. Elle habite à Paris.

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Les fidélités, paru chez Allary éditions en janvier 2014, est son premier roman.

 

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Pourquoi écrivez-vous ?

Enfant, avant même de savoir écrire, je passais beaucoup de temps dans ma chambre, assise à mon petit bureau, à tracer des boucles au feutre noir sur des feuilles A4 blanches.

« J’écris », je disais à mes parents et à mes sœurs.

Avant de raconter une histoire ou d’exprimer une idée, avant de décrire une image, il y a l’acte physique : écrire.

Avec un stylo à encre, au critérium, sur une feuille blanche ou un carnet, c’est pour moi très voluptueux.

 

Dans son roman « Intimité », Hanif Kureishi s’attarde avec précision sur la pointe du crayon avec laquelle il aime écrire et la texture des papiers qu’il utilise comme support. L’achat d’un nouveau carnet l’enthousiasme et il les accumule comme autant de projets à venir.

Voilà un paragraphe qui m’a touchée.

 

Très tôt, j’ai commencé à tenir un journal mais il s’agit plus de décrire ce qui m’entoure que ce que je ressens. Je prends beaucoup de notes, parfois très désordonnées, j’ai le goût des listes.

Ecrire est un mode d’expression et de communication qui me convient : j’écris encore des lettres, je m’applique à la rédaction d’un mail et même à celui d’un texto.

 

Brasseur1J’aime écrire parce qu’il y a quelque chose qui se joue dans mon rapport au temps : quand j’écris, le temps passe plus lentement.

Depuis mon poste, la table de ma salle à manger-cuisine, par la fenêtre – j’habite au-dessus d’un carrefour – je vois les restaurateurs installer leur terrasse, les rideaux des commerces qui se lèvent, des gens marcher à différentes allures, des joggeurs, les camions de livraisons qui provoquent les embouteillages, les vélib qui passent aux feux rouges, des manifestations, des sorties d’école en gilets jaunes fluorescents, les fumeurs sur le trottoir, des glissades quand il neige, des couples qui s’embrassent, le marché qui s’installe.

L’avenue Trudaine est toujours en mouvement, et moi derrière la vitre comme dans une bulle, à l’abri, j’écris.

Je reste spectatrice même de ce qui m’arrive. J’observe à la recherche du détail qui raconte l’essentiel, j’enregistre et je décris.

 

Je doute beaucoup.

J’écris et je cherche. Je pose des questions. Dans Les Fidélités, il y a un nombre important de points d’interrogation et peu de réponses.

A la table de ma cuisine-salle à manger, comme petite à mon bureau en dessinant mes boucles d’écriture, j’ai l’impression d’être à la bonne place et je me rassemble.

 

Quelques fois, quand j’écris, je sens un fil se tendre dans ma gorge et cela me fait penser aux violons qu’on accorde avant un concert ou à la pose du cordage d’une raquette de tennis.

Alors j’ai la sensation que mon corps en entier se tend vers le texte sur lequel je suis en train de travailler, et je me vois comme une drôle de bête, penchée sur une feuille A4 blanche, les boucles noires sont devenues des lettres, avec mon stylo à encre comme un sixième doigt.

 

Brasseur2

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Je trouve cela très délicat de donner un conseil à quelqu’un qui écrit après la publication d’un seul roman.

Je suis moi-même à l’écoute des conseils des autres. Pour m’encourager, récemment, le libraire Patrick Bousquet m’a offert Notes sur le métier d’écrire. Extraits du journal de Jules Renard.

Sur la quatrième de couverture, j’ai pu lire « Le métier d’un écrivain, c’est d’apprendre à écrire. ».

Brasseur3Le seul conseil que je peux partager c’est celui que j’essaye de suivre moi-même : pratiquer l’écriture comme un sport, avec rigueur et assiduité.

Dans mon cas, c’est la natation.

Certains jours je nage très peu, je m’essouffle, il m’arrive de ne pas nager et de ne faire que des battements avec une planche. De temps en temps, je prends des cours, pour corriger de mauvaises habitudes et pour ne pas m’ennuyer je varie : brasse, crawl, dos crawlé.

Je vais à la piscine avec la régularité d’un métronome.

 

Ecrire tous les jours même quand le temps manque. Même une demi heure. Juste une ligne.

Rien qu’une longueur.

 

 

 

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Précédent rendez-vous : François Perrin

Prochain rendez-vous : Romain Monnery

 

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Les fidélités

Toutes les réponses à « Pourquoi écrivez-vous ? »

Les fidélités, Diane Brasseur

thumbnail_les-fidelitesPrésentation de l’éditeur :

« J’ai une double vie depuis un an.

J’ai glissé dans cette situation sans opposer de résistance.

Je passe la semaine avec Alix à Paris et je retrouve ma femme et ma fille le week-end à Marseille.

Quand je suis heureux je n’ose plus bouger. Je me fais penser au chien de ma grand-mère qui se transformait en statue quand le chat le léchait.

Qu’est-ce que j’attends ?

Qu’on prenne une décision à ma place ? Un drame ? »

Quelques heures avant de partir à New York fêter Noël en famille, un homme de 54 ans s’enferme dans son bureau pour faire un choix : quitter sa femme ou sa maîtresse.

 

 

« Je ne veux pas vieillir. » Voilà comment le narrateur commence son monologue. Et aux côtés d’Alix, 31 ans, le temps pour lui s’arrête. Mais Les fidélités n’est pas simplement l’histoire, somme toute banale, d’un homme qui prendrait une maîtresse pour se donner l’illusion de ralentir le déclin. Le narrateur aime, quoi que de façons bien différentes, les deux femmes de sa vie. Et c’est ce qui lui est, à la longue, insupportable ; l’on ne se sent jamais aussi seul que lorsqu’on a le cœur coupé en deux.

 

Le thème du triangle amoureux a été maintes fois abordé en littérature. Il y a pourtant de l’inédit dans Les fidélités. Avec une écriture d’une grande fluidité, à un rythme enlevé, Diane Brasseur livre une vision très juste des relations qu’il est si compliqué de défaire et des aveux intérieurs de faiblesse. Elle démontre un vrai talent à faire revivre les scènes des deux histoires d’amour qui tiennent le narrateur debout.

Loin de prendre parti, le lecteur s’attache à chacun des trois protagonistes. L’auteur donne à comprendre le déchirement du narrateur, l’impuissance tranquille de la légitime, l’implication d’Alix qui dit à son homme, le seul qu’elle ait, avec lucidité : « Tout ça, c’est plus dangereux pour moi que pour toi. »

 

Et Diane Brasseur instille dans ses pages un suspens qui rend ce premier roman impossible à lâcher. On est captivé par ce drame silencieux et invisible, loin des clichés traditionnels véhiculés par l’adultère. Le mari trompeur n’est pas un homme machiavélique, l’épouse trompée n’est pas une femme délaissée et aigrie, l’amante n’est pas une vamp intéressée.

En dépit des beaux discours, personne, finalement, ne s’engage à moitié. Et c’est ce qui est bouleversant.

 

Ce coup d’essai est un coup de maître(sse).

 

Allary Editions, janvier 2014, 176 pages, 16,90 €

Lire le premier chapitre en ligne

 

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Tous les premiers romans

 

 

Quelques citations :

 

« A quoi ressemble la maîtresse d’un homme marié ? » (page 8)

 

« Son odeur est autour de moi et ça me rend heureux parce que ce n’est pas un souvenir. » (page 12)

 

« Je vois toute la douleur, encore assez loin, à une centaine de mètres, mais elle me fonce dessus, comme une vague, et je baisse la tête et je vois mon corps et je me dis qu’il n’y a pas assez de place, même si je mesure 1,82 mètre et que je pèse 90 kilos, il n’y a pas assez de place entre mes deux épaules pour recevoir cette vague-là. » (page 26)

 

« Il faudrait peut-être nous vautrer dans notre histoire comme deux boulimiques.

Baiser jusqu’à l’écœurement, la serrer trop fort dans mes bras, manger dans la même assiette e lécher les mêmes couverts, dire tous les mots d’amour à la chaîne comme on allume une cigarette avec la précédente, prendre nos douches ensemble et échanger nos vêtements pour être repus, une bonne fois pour toutes. » (page 35)

 

« J’envie le chagrin d’Alix parce qu’il est identifiable. » (page 57)

 

« Est-ce qu’Alix et moi nous envisagerons un retour sur investissement ? Parce que j’aurai divorcé et qu’elle pensera avoir brisé une famille, déciderons-nous de rester ensemble coûte que coûte, même si nous n’en avons plus envie et que cela nous rend malheureux ? » (page 86)

 

« Les nuits avant mes départs ressemblent à celles des débuts d’histoires, corsetées. » (page 93)

 

« Pourquoi suis-je celui qui part ? » (page 105)

 

« Qu’est-ce que je croyais ? Qu’il y avait différents stades dans l’infidélité comme pour les infractions du code de la route ? » (page 113)

 

« Fantasmer, c’est prendre le risque d’être déçu. » (page 116)

 

« Je fais l’amour avec Alix, je fais l’amour avec ma femme. Je ne sais plus qui je trompe avec qui. » (page 119)

 

« Tous les efforts d’Alix me touchent parce que ce ne sont pas des efforts et qu’ils sont pour moi. » (page 155)

 

« Dans notre cas, le quotidien, c’est exotique.

Nous ne sommes pas un couple. […] Nous n’avons pas de vie sociale tous les deux, nous ne connaissons pas l’excitation d’un projet commun. Nous ne prenons aucune décision ensemble. » (pages 158-159)

 

« Je n’ai parlé d’Alix à personne parce que je voulais garder tous les détails pour moi et pour ne pas répondre à des questions auxquelles je n’avais pas de réponse. » (page 163)