14 livres pour Noël

2 sapins à livresPour Noël 2014, voici une sélection de 14 livres avec, pour chacun d’eux, une bonne raison de l’offrir plutôt qu’autre chose (au-delà du principe de base selon lequel le livre reste le cadeau le plus personnel, le plus intentionné, le moins démodable – bref, le meilleur cadeau au monde, quelles que soient les circonstances).

 

Pour accéder au billet sur chaque livre, cliquez sur son titre.

 

Sticker-sapin-vert2_art-for-kids_3Romans

L’Amour et les forêts, Eric Reinhardt

Parce que les romans dont on ne sort pas indemne sont rares et que celui-ci en fait partie.

Sous les couvertures, Bertrand Guillot

Parce que ce livre contient peut-être tous les romans de la rentrée dont on peut se dispenser.

 

Les hommes meurent les femmes vieillissent, Isabelle Desesquelles

Parce que ce roman choral est une invitation réussie à penser autrement le corps et à replacer l’amour au centre de l’existence.

 

Fake, Giulio Minghini

Parce que ce premier roman, qui sonne le glas de l’implication amoureuse et l’entrée dans l’ère du plaisir solitaire à deux, est tristement contemporain.

 

Mange, prie, aime, Elizabeth Gilbert

Parce que rien ne compte plus que ces trois choses (ordre à discrétion) et que ce récit peut parler à tous ceux qui sont, ne serait-ce qu’un peu, engagés sur le chemin de la quête intérieure.

 

Ferdinand et les iconoclastes, Valérie Tong Cuong

Parce que ce fascinant portrait d » « inadaptés », cette plongée vertigineuse dans l’univers du marketing pose des questions fortes et essentielles.

 

Génération X, Douglas Coupland

Parce qu’il y a du génie dans la très grande lucidité que Douglas Coupland prête à ses personnages qui ne se reconnaissent ni ne se retrouvent dans rien de ce que le monde leur propose.

 

Enfants perdus, Claire Berest

Parce qu’il est nécessaire de se demander ce que l’on fait de nos jeunes, et si le pire n’est pas encore à venir.

 

Sticker-sapin-vert2_art-for-kids_3Illustrés

Maus, Art Spiegelman

Parce qu’il n’y a pas un livre de trop sur l’holocauste et que cet album incomparable interroge en particulier la notion de « survivre aux camps ».

Homme/femme mode d’emploi, Yang Liu

Parce que cet imagier du sexisme ordinaire prête à sourire, à rire, à réfléchir, à se révolter.

 

Y comme Romy, Myriam Levain & Julia Tissier

Parce que c’est drôle et moins léger que les illustrations colorées de Louison ne le laissent supposer de loin. Et que Romy, c’est presque nous.

 

Cet été-là, Jillian Tamaki & Mariko Tamaki

Parce que ce roman graphique réveille chez le lecteur les parfums et les souvenirs de ses propres vacances adolescentes.

 

Autour de moi, Nathalie Seroux

Parce que cet imaginer pas comme les autres prouve qu’il n’est jamais trop pour habituer les enfants à la réalité plutôt qu’à sa retranscription/transformation/édulcoration.

 

Surfing, Jim Heimann

Parce que ce bel objet, presque aussi lourd qu’une planche, donne envie de plonger… et aide à traverser l’hiver.

 

 

Noel-orPour la veillée de Noël, ajoutez les incroyables contes d’Hans Christian Andersen ou ceux, non moins formidables, de la rue Broca (signés Pierre Gripari).

Pour les non-lecteurs (mais pas que), jetez donc un œil aux kits grigris doudous de Markus14

Et si Noël n’est pas votre truc, pensez Tronchet et Houppeland !

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Génération X, Douglas Coupland

Generation XPrésentation de l’éditeur :

Ce roman est aux années 90 ce que fut L’attrape-cœurs aux années 50 et La conjuration des imbéciles aux années 80 : un livre culte, où la jeune Amérique a perçu l’écho de ses inquiétudes et de ses aspirations.

Ce n’est pas le livre d’une « génération perdue », moins encore « sacrifiée ». La jeunesse que décrit Douglas Coupland n’est obsédée ni d’argent ni de révolution. Devant l’avenir, elle fait le dos rond : courageuse mais non téméraire, elle avance masquée, refusant l’Histoire, élevant le rempart de l’humour et de la lucidité devant les débâcles du siècle.

Ainsi Andy. Ainsi Claire. Ainsi Dag. Trois antihéros suréduqués, sous-employés, livrés à eux-mêmes. Ensablés dans le désert de Californie, ils passent leur temps à s’inventer des fables d’amour et de haine au beau milieu des instituts de chirurgie esthétique et des bars à cocktail de Palm Springs. Leur bungalow est garni de meubles suédois semi-jetables, leur tête de déchets atomiques, de brides de pub, de flashes télévisés. De quoi rire – mais pas de quoi rêver. Le rêve, pour eux, ce serait une vie de tendresse, une vie qui ne fasse de mal à personne, ni aux autres ni à soi. Des sentiments simples, en somme. Lesquels constituent pourtant le cœur battant de ce livre singulier, déroutant, rare, émouvant. Et peut-être sont-ils la clé de son immense succès.

 

Andy, le narrateur, Claire et Dag sont des shin jin rui, des nouveaux êtres, de la génération X. Idéalistes, donc fatalement inadaptés à leur environnement – social, urbain, familial -, ils vivent leur vie au rythme des contes dont Génération X est le recueil.

 

Il y a du génie dans la très grande lucidité que Douglas Coupland prête à ses personnages qui ne se reconnaissent ni ne se retrouvent dans rien de ce que le monde leur propose. Face à un tel aveu de faiblesse, l’attachement, sinon l’identification, est immédiat. La succession des différents récits, inégaux si ce n’est dans leur caractère percutant, fait de ce roman un opus rythmé et facile à lire.

 

Mais il dresse surtout le portrait d’une génération qui ne me semble pas franchement différente de celle qui la suit, la fameuse « génération Y » dont on parle tant comme d’un phénomène inédit. Rien de nouveau sous le soleil, alors ? En tout cas, on passe quelques heures heureuses sous celui de Californie où nous entraîne Coupland dans ce roman, son premier, qui fit son succès.

 

 

traduit de l’anglais par Léon Mercadet

Editions Robert Laffont, 1993, 240 pages

 

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Flashs :

 

« Serait-ce que nous ne croyons plus au lieu ? ou peut-être nous avait-on promis le paradis dans nos vies antérieures et, en comparaison, le monde où nous sommes tombés ne tient pas la route. » (page 16)

 

« Il n’est pas sain de vivre la vie comme une succession de petits moments cool isolés. « Soit nous faisons de notre vie un roman, soit on ne s’en sortira jamais. » C’est pour ça, nous le savons, que nous avons tout plaqué pour venir dans le désert – pour nous raconter des histoires et faire de nos vies des romans qui tiennent la route. » (pages17-18)

 

« On emploie sa jeunesse à s’enrichir et sa richesse à rajeunir. » (page 20)

 

« Nous vivons des petites vies périphériques. Nous sommes marginalisés et il y a beaucoup de choses auxquelles nous avons choisi de ne pas collaborer. Nous voulions du silence et nous avons le silence. » (pages 21-22)

 

« Je ne vous comprends pas, vous les jeunes. Y a pas un boulot qui vous plaise. Vous déprimez, vous râlez que les boulots ne sont pas créatifs, qu’ils ne mènent à rien, et quand finalement on vous donne un bon poste vous fichez le camp pour aller faire les vendanges au Queensland ou Dieu sait quelle ineptie. » (page 33)

 

« Terrorisme consensuel : processus qui régit les comportements à l’intérieur de l’entreprise. » (page 35)

 

« Passer aux pertes et profits le naufrage psychique dû au boulot, avant que ça n’empire. » (page 40)

 

« J’étais un imposteur, et ma position finit par devenir intenable au point de déclencher ma Crise des vingt-cinq ans : tout devient pharmaceutique, vous touchez le fond, et les voix rassurantes commencent à s’éteindre. » (page 42)

 

« Assoiffé de tendresse, terrifié par la solitude, j’en arrivais à me demander si le sexe n’était pas au fond qu’un prétexte pour plonger son regard dans les yeux d’un autre être humain. » (page 44)

 

« Il m’est impossible de te dire combien de gens que je connais m’ont affirmé avoir fait leur crise de mi-vie très tôt dans leur vie. Le moment vient, inévitable, où la jeunesse te lâche ; où le lycée te lâche ; où Papa et Maman te lâchent. » (page 45)

 

« Ne pas parler avec des gens rend fou. Vraiment fou. » (page 100)

 

« Lâche à tes parents la moindre confidence et ils s’en serviront comme d’une pince pour te faire sauter les verrous et te réorganiser une vie sans aucune perspective. » (page 114)

 

« J’avais la nostalgie de l’événement au moment même où il arrivait. » (page 126)

 

« Il n’y a rien de bizarre à ne rien désirer. » (page 142)

 

« Ferme les yeux et pense bien à ce que tu as gaspillé. Sens l’odeur du futur. » (page 158)

 

« Et comme tous les vrais riches et/ou beaux et/ou célèbres, elle ne savait jamais si les gens s’intéressaient à elle, la minuscule lumière piégée dans sa capsule de chair, ou au gros lot qu’elle avait tiré à la naissance. » (page 160)

 

« Quoi qu’on fasse, pour les parents on n’a jamais plus de douze ans. » (page 177)

 

« Toutes les flammes se valent. » (page 181)

 

« Quand tu es classe moyenne, il faut s’habituer à ce que l’histoire t’ignore. » (pages 189-190)

 

« L’aventure sans risques, c’est à Disneyland. » (page 195)

 

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