Barbe rose, Mathieu Simonet

Présentation de l’éditeur :

Barbe roseAprès La Maternité, consacré à sa mère, Mathieu Simonet reconstitue dans ce livre la personnalité de son père, écrivain, fou de littérature et supportant de moins en moins la vie sociale. Dans une alternance de scènes drôles ou émouvantes, mais aussi d’extraits de lettres échangées avec le romancier et éditeur Jean Cayrol, de fragments de journaux intimes et de livres inachevés, l’auteur sonde la psychologie de cet homme angoissé et bienveillant, tolérant et fuyant, fantasque et imprévisible. Il tente de donner forme à l’œuvre virtuelle que ce père biologique et littéraire n’aura jamais publiée. Sans vouloir figer une image globale de cette figure paternelle, il esquisse un véritable manifeste de l’écriture morcelée et intime, en rendant compte des rapports complexes, d’amour et de rivalité, entre père et fils. Au point de se demander si, au fond, cette esthétique du fragment, qu’il défend jusque dans sa vie personnelle et professionnelle, il ne la tient pas de ce père, attachant et insaisissable.

 

Mathieu Simonet écrit sur son père. Pour ce faire, il propose un « polyptyque autofictionnel », d’après l’expression de Sean J. Rose (Livres Hebdo, 5 février 2016). Il assemble, rassemble, coupe et intercale, proposant un collage (lettres, pensées, dialogues, texto…) par lequel il offre au lecteur de Lire la suite

Sévère, Régis Jauffret

Une femme en fuite. Elle vient de tirer à bout portant sur son amant. Elle repasse chez son mari et s’envole ensuite pour l’Australie. En franchissant les fuseaux horaires, elle espère vainement remonter le temps. C’est que l’homme qui git dans sa chambre, l’homme que l’on découvrira mort demain, cet homme-là n’est pas n’importe qui. Il est immensément riche, et, par conséquent, infiniment puissant. Entre elle et lui, il a d’ailleurs été question d’un virement d’un million d’euros.

 

« Je suis le tombeau où je l’ai enterré vivant. » (page 51)

 

« Sévère » est un roman bref et incisif. C’est dans sa tête à elle que se glisse Régis Jauffret. Il ne l’excuse pas mais la donne à connaître au lecteur ; la donne à comprendre.

« Je n’ai jamais su jouer, pas même mon propre rôle. » Lire la suite

La Maternité, Mathieu Simonet

la maternité

La mère de l’auteur est en fin de vie. Atteinte d’un cancer du sein puis des os, elle refuse certains traitements et s’entête dans son addiction au tabac et à l’alcool. L’auteur l’accompagne comme il le peut vers la mort.

 

« On prend un café près de la gare de Clamart, à trois cents mètres de chez maman. Elle dort sans doute. C’est le milieu de l’après-midi. J’hésite à aller la voir. Je me dis que la mort, ça doit ressembler à ça : être tout près de quelqu’un et ne pas pouvoir le voir. » (page 66)

 

Par cercles concentriques, par petites touches, Mathieu Simonet dresse un état des lieux non pas de la mort mais de ses effets sur nos vies. Lire la suite