La nomade, Christelle Bechouche

La nomadePrésentation de l’éditeur :

Anouck est une enfant rebelle, écorchée vive, ingérable. À 13 ans, elle s’enfuit du monde bourgeois où sa mère veut l’enfermer. Elle apprend la rue, l’errance, la drogue, le froid, la faim… Mais aussi l’amour, la confiance et la liberté. Elle arpente les bas-fonds de la société, en toute insouciance. Le danger ne la touche pas : drogue, milieux mafieux, réseaux de prostitution, zones de guerre, mouroirs de Calcutta… Aucune épreuve ne l’abat. Elle a une foi invincible en elle, en la vie, en l’humain, qui lui permet de tout affronter. Y compris la relation, distante, intense et passionnelle, avec sa mère.

La gosse des rues devient une jeune femme sûre d’elle et de ses choix, qui se lance dans l’écriture avec la même ferveur qu’elle s’était lancée dans l’aventure, de l’Allemagne à la Guadeloupe, du Pakistan à la Chine, de l’Inde au Cambodge. Une quête de soi, éprouvante, émouvante, qui aboutit à une véritable renaissance.

 

« On ne s’élève pas dans la rue », dit Cléopâtre, ainsi qu’est surnommée la mère, à sa fille. Pourtant la rue va faire grandir Anouck, va l’armer différemment que l’auraient fait les livres, ou l’éducation maternelle, mais peut-être pas moins efficacement.

Ses péripéties en forme de fuite – de sa mère, de l’ennui, des contraintes et de toute forme d’autorité – sont menées tambour battant et racontées à un rythme encore plus trépidant. Mais on ne peut fuir indéfiniment, et il faudra bien que l’oiseau Anouck, tôt ou tard, songe à se poser.

Une quête identitaire qui se lit très facilement, rendue particulièrement vivante par les nombreux dialogues.

Premier ouvrage de Christelle Bechouche, La nomade est un roman d’apprentissage sur fond de fin de siècle. C’est l’aventure à laquelle rêvent les petites filles bien nées.

 

Jacques-Marie Laffont éditeur, octobre 2010, 280 pages, 18,90 euros

 

Citations :

 

« Je construis ma vie comme un maçon bâtit un domaine qu’il n’habitera jamais. » (page 9)

 

« A force de trop chercher, on ne trouve rien. » (page 108)

 

« Si je te coupe les ailes, tu ne seras plus mon oiseau ! » (page 208)

 

« Tu ne peux pas être actrice dans la vie de ceux que tu rencontres en voyage. Tu ne peux être que témoin. […] Le voyage, c’est très formateur, instructif, riche en tout ce que tu veux… Mais il y a un vrai danger, l’oubli de soi. On vit au travers des gens, de l’aventure, jamais sa propre vie. C’est un piège. Quand on y prend goût, on ne peut plus s’arrêter. Se poser devient un vrai cauchemar. Se prendre la réalité de son propre monde en pleine gueule, cela demande beaucoup de recul ! » (page 221)

 

« Après tout, pourquoi la mort, aussi silencieuse et brumeuse soit-elle, ne serait-elle pas un beau voyage ? » (page 252)

 

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Ma vie précaire, Elise Fontenaille

 

La narratrice quitte son appartement parisien. Ses enfants, grands, ont volé loin du nid depuis un moment. Elle est livrée à elle-même.

 

Le roman s’ouvre sur la dispersion des bibliothèques de la narratrice, que celle-ci observe à distance avec intérêt. Contre toute attente, voir ces livres, autant d’anciens fétiches, faire le bonheur de tierces personnes la remplit de joie. La fin des besoins matériels et le détachement sont en marche.

 

« J’avais enfin quitté la marchande de sommeil, et trouvé pour quelques jours refuge à Vincennes, non loin de la tour où le marquis de Sade passa quelques années chez un ami d’ami parti en voyage, mais décidément Paris m’était impossible : Lire la suite