Linea nigra

LINEANEGRA-HAUTEDEF« Est-ce le plus beau jour de ma vie que je viens de vivre ? »
Stéphanie est enceinte. Stéphanie est confiante. Son chemin vers la maternité semble aussi nettement tracé que la ligne brune apparue à la verticale de son ventre. Mais le doute s’installe. Et si elle mettait en jeu bien plus que prévu, dans son corps, dans son couple, dans son existence ? Est-elle vraiment prête à devenir mère et à vivre le tsunami qui s’annonce ? Peut-on se préparer à l’inconnu ?

Baby blues, jalousies, sexualité, hérédité, obstétrique, nuits blanches, ventres vides et ventres pleins, bonnes ou mauvaises raisons d’être mère. C’est tout cela et bien plus encore que raconte Linea nigra, à travers le parcours de Stéphanie et des femmes qu’elle croise. En trame de fond de ce roman kaléidoscopique, un combat : le droit de chacune à disposer de son corps.

Un vibrant état des lieux de la maternité.

Une histoire d’amour inoubliable.

Un portrait de femme libérateur.

Ce roman autour de la façon dont on donne naissance, du rapport au corps et de la construction de cette chaîne qui devient celle des générations, est désormais disponible en librairie. S’il reprend la construction et la narratrice du Syndrome de la vitre étoilée, il peut se lire tout à fait indépendamment de celui-ci.

Éditions Fleuve, septembre 2017, 496 pages, 19,90 euros

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La femme brouillon, Amandine Dhée

Présentation de l’éditeur ;

FemmeBrouillon-COUV.inddLe meilleur moyen d’ éradiquer la mère parfaite, c’ est de glandouiller. Le terme est important car il n’ appelle à aucune espèce de réalisation, il est l’ ennemi du mot concilier. Car si faire vœu d’ inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c’ est la subversion absolue.
Le jour où je refuse d’ accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose.

On a tous un truc pour lequel on n’est pas doué. Les maths, les échecs… Chez Amandine Dhée, « fruit de trois générations de mères lamentables », c’est du côté de la maternité que Lire la suite

Le cosmonaute, Philippe Jaenada

Présentation de l’éditeur :

philippe-jaenada-le-cosmonaute-9782757825518Nous vivions quelque chose d’extraordinaire. Nous nous aimions. Et puis Pimprenelle, si imprévisible, si aérienne, est devenue obsessionnelle et jalouse. Heureusement, j’ai adopté une méthode pour affronter la vie en toute sérénité : celle du chameau sauvage d’Australie. Lors des duels, il décide lui-même s’il a gagné ou non, et il se couche sur le flanc, sans se soucier de son adversaire.

 

Hector, le narrateur, a trouvé la femme de sa vie. Après deux ans d’amour, la dénommée Pimprenelle est enceinte, et bientôt Oscar agrandit le cercle. Dès lors, rien ne va plus pour Hector. Sa dulcinée, sa princesse rencontrée dans une forêt d’Allemagne, le transporte « dans une prison qu’elle a construite elle-même et dont elle a établi toutes les lois ». Voilà désormais ce qu’est le couple Lire la suite

Le Syndrome de la vitre étoilée

Le Syndrome de la vitre étoilée« – Alors, cette soirée ?

Je n’ose pas regarder Guillaume.
– Maeva est enceinte.

Mon ventre à moi n’est gonflé que de bière. Fausse, de surcroît. »

Un garçon, une fille, dix ans de vie commune. De cette équation parfaite naît le désir d’enfant. Puis les difficultés arrivent. Le désir se transforme. Le garçon et la fille aussi. Un couple sur cinq connaît des difficultés pour avoir un enfant.

Derrière cette proportion, combien d’autres statistiques ? De formules intrusives ? De conseils « bienveillants » ? De boîtes de tampons ? De pieds dans les étriers ? D’amis auxquels on ment ? De bouteilles éclusées ? Combien de pensées magiques pour conjurer le sort et cette foutue proportion ?

Voilà des questions – des obsessions – que la narratrice de ce roman tente d’éclairer sous un jour nouveau en découpant sa pensée comme on range la commode de son adolescence.

Ce qui démarrait comme un chemin de croix frappe par sa lucidité, sa drôlerie, sa cruauté et prend la forme du journal rétroéclairé d’une jeune femme qui découvre le pouvoir d’être libre.

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Mise au monde, Isabelle Fruchart

Présentation de l’éditeur :

Mise_au_monde_couv_medium« Lorsque j’étais enceinte, certes influencée par mon histoire familiale, accouchement signifiait drame. Et quand je me suis demandée ce que les livres m’avaient appris sur le sujet, je me suis retrouvée face au trou noir. Un seul récit est remonté à ma mémoire, de Zola, mais il était flou. En le relisant, j’ai compris pourquoi je l’avais occulté : il était effroyable. »

Comment l’enfantement est-il raconté dans les romans ? Quelle empreinte cela laisse-t-il ? Avec Mise au monde, Isabelle Fruchart explore en 100 livres le récit de naissance et sa grammaire.

 

 

En résidence d’écriture au CALM, seule maison de naissance existant à Paris, Isabelle Fruchart a établi une bibliographie subjective de cent livres autour de la naissance Lire la suite

Enceinte, tout est possible, Renée Greusard

Présentation de l’éditeur :

enceinteNe bois pas. Tu vas manger ça ? Reste sexy. Ne prends pas trop de poids. Allez, juste un verre ! Ce n’est pas une maladie. T’es sûre que tu peux danser dans ton état ? Fais ci. Ne fais pas ça… Pendant leur grossesse, les femmes n’échappent pas aux injonctions contradictoires. D’où viennent ces interdits ? Sont-ils toujours fondés ?

En tombant enceinte, Renée Greusard, journaliste trentenaire, a tenté de répondre à ces questions et à tant d’autres, souvent taboues, mais aussi de raconter sa génération. Celle qui veut tout, tout de suite. Celle qui se noie dans les méandres d’Internet. Celle qui fait rire sa mère : « C’est quoi cette grossesse de merde où tu ne peux plus rien faire ? »

En partant à la rencontre de praticiens, de chercheurs et de femmes, elle a souhaité trouver une information plus juste pour sortir de l’infantilisation. Enceinte, tout est possible, on peut même rester maîtresse de son corps. Dingue, non ?

Une enquête féministe, drôle et décalée qui déconstruit et analyse les légendes sur la grossesse à l’heure de la génération Y.

 

Femme de sa génération, ayant choisi le moment de faire un enfant, Renée Greusard a écrit le livre qui lui a manqué pendant sa grossesse (ça, c’est sympa). Journaliste, elle est allée quérir les Lire la suite

Ce que j’appelle jaune, Marie Simon

Présentation de l’éditeur :

 

JauneUn enfant à naître, omniscient et audacieux, s’adresse à sa mère. Il a décidé de sa propre conception, et compte bien modifier le cours des choses et la vie de celle qui le porte. Pour la jeune femme qu’il a élue, aux prises avec une enfance douloureuse et des déceptions récurrentes, cette grossesse provoque une onde de choc. Mais l’enfant-surprise est intrépide, et depuis le ventre qui l’abrite, il crée la mère à son image.

La détermination, la (re)naissance et l’espoir sont les motifs de ce voyage immobile  : la venue au monde du fils engendre la libération de la mère et ce sont deux êtres qui verront le jour ensemble. Ce que j’appelle jaune devient alors métaphore du processus d’écriture  : le bébé anime la mère comme le verbe donne naissance à l’écrivain.

 

 

Depuis son cocon silencieux, depuis sa quasi-immobilité aqueuse, depuis ce ventre qui est « [sa] première cabane et [son] livre d’histoires », un bébé s’adresse à celle qui le porte. Le bébé est un petit garçon. Il a attendu des années pour être « simplement envisagé par elle » ; désormais, il sait que rien ne lui sera impossible.

Dans les lumières et les couleurs qu’il perçoit, filtrées, aléatoires, il aime le jaune – ce qu’il appelle jaune. Ce jaune qui représente pour lui la beauté de la lumière du dehors.

 

La mère est un bateau fragile. L’enfant l’amarre. En même temps qu’il lui apprend la patience. Elle l’espérait mais ne l’attendait pas. Elle l’a laissé s’installer mais c’est lui qui l’a élue. Ce bébé est un trésor. Peut-être même qu’il va la sauver.

Car la femme qui porte ce bébé est d’une famille dans laquelle on ne sait pas être mère. Alors, avec l’enfant arrive la tranquillité.

 

Le lecteur assiste, fasciné, à ce voyage immobile. Dans une écriture nerveuse, parfois violente, Marie Simon relate, esquisse ou crache tout ce dont il faut se défaire pour pouvoir accoucher – donner la vie, dit-on sans bien savoir, de la mère et de l’enfant, qui la donne à qui.

C’est une grossesse racontée de l’intérieur par un être sans visage, sans voix, qui rapporte le plus grand mystère depuis la nuit des temps – qui n’est peut-être pas celui qu’on croit.

 

Et, au fil des pages, l’enfant fait naître la mère.

 

En filigrane plane Peter Handke, dont je ne résiste pas à partager à nouveau ce passage fétiche extrait de Par les villages :

Joue le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation. Mais n’aie pas d’intention. Évite les arrière-pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N’observe pas, n’examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l’espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu’enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fait des détours. Laisse-toi distraire. Mets-toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d’aucun arbre, d’aucune eau. Entre où tu as envie et accorde-toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, penche-toi sur les détails, pars où il n’y a personne, fous-toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise le conflit de ton rire. Mets-toi dans tes couleurs, sois dans ton droit, et que le bruit des feuilles deviennent doux. Passe par les villages, je te suis.

 

Éditions Léo Scheer, janvier 2016, 204 pages, 18 euros

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Échos :

 

« Je porte l’enfance ratée qu’elle a remisée pour que son corps accepte de m’accueillir. » (page 18)

 

« Une rivière, ça se remonte. » (page 20)

 

« S’entendre assez pour couvrir le brouhaha des autres. » (page 34)

 

« Une minute plus tôt elle n’était pas enceinte. » (page 49)

 

« Je suis une famille neuve. » (page 68)

 

« Nous n’avons pas besoin de renoncer à ce que nous sommes individuellement pour devenir une famille et un début de lignée. » (page 69)

 

« C’est le monde qui s’adapte à cet enfant, même s’il arrive après. » (page 87)

 

« Il y a des histoires dont on sait tout de suite qu’elles ne finiront pas bien. » (page 89)

 

« Il ne connaît pas la peur, dont il ne voit pas l’intérêt. » (page 120)

 

« La présence de l’enfant vers ce qu’elle ne veut pas voir et auquel elle rêvait d’accéder. » (page 122)

 

« L’enfant sera le message et elle le coursier. » (page 137)

 

« Ses rires sont nos secrets. » (page 145)

 

« Je défie la pluie, l’orage et ma naissance. » (page 158)

 

« Je serai la vague qui déborde et elle sera d’accord. » (page 168)

 

« Je l’ai choisie et elle m’a reconnu. » (page 196)

 

« L’aventure n’est pas d’être seul, non, l’aventure est d’être deux. » (page 197)

In utero, Julien Blanc-Gras

in uteroPrésentation de l’éditeur :

« Il n’y a aucune raison de paniquer. Nous allons créer et accompagner une existence. C’est une formidable nouvelle, me dis-je en tapant vol aller simple Patagonie sur mon clavier. »

Journal de grossesse d’un futur père, In utero relate cette aventure intime et universelle, avec ses joies, ses angoisses et ses questions fondamentales.

Faut-il se reproduire dans un monde surpeuplé ? Comment faire rire une femme enceinte ? Et surtout, peut-on accoucher en chaussettes ?

La compagne du narrateur, dite La Femme, est enceinte. C’est une décision prise à deux. Et, de l’aveu même du narrateur, « c’est l’histoire la plus banale du monde. »

Ecrivain-voyageur (ou l’inverse), le narrateur, comme sa compagne, appartient à cette « génération insatisfaite, qui rechigne à s’engager tout en mettant un point d’honneur à changer les couches » – ce dernier point restant encore pour lui de la pure théorie.

Et puisque « le rôle de l’écrivain, c’est de dire la vérité », il dira tout. Ou presque. On apprend ainsi qu’ « à l’échelle mondiale, 90% des naissances ont lieu à domicile. » Et aussi qu’ « à sa naissance, le girafon tombe de deux mètres de haut. »

Mais surtout que le narrateur n’est pas aussi prêt qu’il le croyait, si tant est qu’il est possible d’être prêt pour quelque chose dont on ignore tout.

Ce roman est le journal de ses angoisses, de ses enthousiasmes, de ses envies de prendre la tangente, bref, de ses états d’âme au cours de ces neuf mois pas comme les autres. La prose est fluide et facile, légère et drôle – mais pas que. Le narrateur est tantôt très détaché de son sujet et capable d’autodérision, tantôt passionné, voire terrifié, et absolument pas désinvolte. C’est parfois un peu convenu – mais peu importe : son journal se dévore.

Au Diable Vauvert, septembre 2015, 192 pages, 15 euros

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Touriste, Julien Blanc-Gras & Mademoiselle Caroline 

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Échos :

utero« Attendre un enfant, c’est vieillir d’un coup, basculer de l’autre côté. » (page 15)

« Pour ne pas trahir ma jeunesse, je vais m’accrocher à l’idée qu’on peut devenir bon père et rester bon vivant. » (page 23)

« L’enfant, c’est un acte optimiste. Un pari sur l’éternité. » (page 30)

« La grossesse dure neuf mois pour permettre au fœtus de se développer et au père de se préparer. » (page 40)

« Tomber enceinte, c’est une chute qui induit l’abandon de soi, comme dans tomber amoureux. » (page 63)

« L’ironie, ça ne protège pas les autres. » (page 68)

« Le pavillon de banlieue ou le lotissement périurbain avec le feu de cheminée et la balançoire pour la marmaille représente le stade ultime de la sédentarisation, le dernier logement avant la maison de retraite. » (page 83)

« Oubliez le prestige de l’écrivain quand il s’agit de choses sérieuses comme l’immobilier. Même si vos livres se vendent, même si les critiques vous tressent des lauriers, même si vous êtes une idole dans certaines médiathèques de la Sarthe, vous restez un insolvable potentiel aux yeux des nantis, qui n’écoutent pas forcément France Culture. » (page 84)

« L’honnêteté peut nuire, c’est pour ça que le mensonge a été inventé. » (page 98)

« Le drame de l’écrivain, c’est de ne rien vivre pleinement, car il pense toujours à la façon de raconter les événements au moment où ils se déroulent. » (page 168)

« Nos destins sont manipulés par un metteur en scène dont l’existence n’est pas prouvée. » (page 181)

Un tout petit rien, Camille Anseaume

Présentation de l’éditeur :

 

couv_anseaume_hd« On n’a ni projets ni même le projet d’en avoir. Le plus gros engagement qu’on ait pris ensemble, c’était de se dire qu’on s’appellerait en fin de semaine. C’était quand même un mardi. On s’aime surtout à l’horizontale, et dans le noir, c’est le seul moment où on n’a plus peur de se faire peur, où on ose mélanger nos souffles sans redouter que l’autre se dise que ça va peut-être un peu vite. C’est beaucoup plus que sexuel, c’est beaucoup moins qu’amoureux. C’est nos culs entre deux chaises, c’est suffisant pour faire semblant de faire des bébés, pas pour en avoir. »

Avec un humour et une justesse remarquables, Un tout petit rien raconte l’histoire d’un choix. Le choix que fera une jeune femme enceinte de l’homme qui partage ses nuits, mais pas beaucoup plus. Un très joli roman, aussi intime qu’universel, sur le passage mouvementé d’une existence à une autre.

 

 

Ça n’était pas voulu, ça n’était pas prévu. Pourtant c’est là. Un clandestin. « Une tumeur », dit aussi Camille, la narratrice. Que faire ? Il n’y a pas trente-six solutions ; à vrai dire, il n’y en a même que deux. Or l’une la terrifie, et l’autre la panique.

 

D’après la loi, « la femme est seule juge de la situation de détresse » qui peut mener à la décision de l’IVG. La narratrice n’est pas certaine que cela l’arrange. Il n’y a rien de pire que d’avoir le choix. Elle voudrait pouvoir rompre avec ce qui grandit en elle comme on rompt avec un amant, et se prend à envier ceux qui sont contre l’avortement. Eux au moins n’ont pas à décider.

 

photo(2)Ce n’est pas le bon moment, se persuade Camille qui tente de réfléchir de façon pragmatique et se perd en tableaux comparatifs et autres rationalisations. « Noël en été ça n’a pas d’intérêt. » Mais qu’est, au fond, le « bon moment » pour avoir un enfant ? Existe-t-il seulement ?

 

La narratrice traverse comme elle peut « l’embargo des douze semaines », jalousant celles qui ont « le ventre plat et la vie devant elle ». Chez ses parents, son état est tabou – mais tout le monde s’affaire malgré tout pour prévoir les pyjamas nécessaires, tandis que Camille confie ses secrets d’adulte à sa chambre d’adolescente hélas sous dimensionnée pour les recevoir.

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Dans ce journal plein de tendresse et d’humour, Camille Anseaume dit les doutes, les refus, la colère et le bonheur qui accompagnent sa narratrice obligée de faire un choix lourd de conséquences. Elle raconte tout ce qui change, tout ce qui se rompt à jamais. C’est frais et juste, sincère et rythmé,drôle et imagé, et on s’attache très vite à cette pétillante narratrice pétrie de contradictions, petite sœur de Bridget Jones, héritière de valeurs judéo-chrétiennes ancestrales et fille de son époque.

 

Un très joli premier roman, et une belle promesse : car s’il est bien une naissance à laquelle on est certain d’assister dès le premier quart du livre, c’est celle d’un écrivain.

 

Éditions Kero, février 2014, 252 pages, 17 euros

 

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Échos :

 

rien« On n’a ni projets ni même le projet d’en avoir. » (page 14)

 

« Les seules choses très graves, c’est celles sur lesquelles on ne peut plus agir. » (page 42)

 

« En me réveillant je ne veux pas le garder. Dans la salle de bains j’ai changé d’avis. Une chance que je n’aie que deux pièces. » (page 58)

 

« Je le connais comme si je l’avais aimé. » (page 105)

 

« Le monde est plus gai depuis qu’il te connaît. » (page 114)

 

« Je rattrape en quelques heures les mois d’amour que je te devais. » (page 115)

 

« Le bon moment n’est pas toujours celui qu’on croit. » (page 119)

 

« Tu es toujours mieux là que dans les couilles de ton père. » (page 150)

 

« Je suis devenue une chose divine, intouchable, une dépressive malgré elle, une malade imaginaire, une qu’on console, qu’on écoute et qu’on rassure, à qui on colle des pansements partout sur les mots. » (page 171)

 

« Ce qui est à la fois le plus beau et le plus fatigant quand on est enceinte et seule, c’est la conscience de la nécessité absolue de se souvenir pour deux. » (page 189)

 

« Tant d’amour qui se croise dans une si petite cage d’escalier, je n’aurais jamais pensé que ça pourrait rentrer. » (page 194)

 

« On ne peut avoir envie de fraises qu’avec quelqu’un près de soi pour nous les refuser ou aller les chercher. » (page 201)

Au début, François Bégaudeau

Présentation de l’éditeur :

au-debutAu début, il y a d’abord le ventre rond, empli de vie, gros de promesses. Promesses mais aussi appréhensions, réflexions, bonheurs, souvenirs… Et déjà une foule de sentiments contradictoires face à l’ « heureux évènement »,  car c’est souvent pour les futurs parents l’occasion de faire le point sur leur propre existence.

 

Au début est un roman de femmes écrit par un homme, qui nous entraîne dans l’infini mystère de la gestation : telle jeune femme n’y avait pas songé et puis c’est arrivé, telle autre a dû avoir recours à la fécondation in vitro, telle autre encore aurait sans doute voulu un enfant mais se voit confrontée aux réticences de son partenaire. À ce chœur féminin se mêle la voix d’un père qui recourt à une mère-porteuse.

Avec son œil sagace et son joyeux sens du verbe, François Bégaudeau transforme l’expérience humaine à la fois la plus banale et la plus essentielle en une tendre aventure pleine de suspense et d’amour. Et d’humour.

 

 

Au début, il y a l’envie d’un enfant, ou une rencontre, ou un miracle, ou un concours de circonstances. Ou encore un accident. Ou encore l’amour. Ou encore le poids des générations antérieures.

 

Au début, il y a un test de grossesse, des vomissements, du déni, des complications, des larmes, de l’espoir, du bonheur, des projets, des promesses.

 

Au début, il y a une réalité tout à fait différente de ce qu’on avait imaginé. Les choses se passent rarement comme prévu.

 

« Au début », ce sont les deux mots par lesquels s’ouvrent chacune des treize nouvelles de ce recueil jubilatoire. Des textes féroces et drôles, une écriture acérée et exigeante. Rien d’inutile. Du concentré de vie(s) autour de celles avortées ou à venir.

 

Au début, c’est un petit livre réjouissant au possible sur cet évènement incroyable, supposé heureux, le plus naturel qui soit pourtant, et extraordinaire autant que d’une banalité affligeante. Du grand art. On en redemande.

 

Alma éditeur, 2012, 216 pages, 18 euros

 

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Trois phrases :

 

« On peut raconter les choses sans les comprendre. Le récit c’est justement la parole d’avant la maîtrise. La zone franche entre le silence et le savoir. » (page 186)

 

« Certains fondent une famille pour racheter la leur. » (page 187)

 

« Si les gens devaient attendre d’avoir du fric pour devenir parents, il n’y aurait que des gosses de riches. » (page 190)