La désobéissante, Jennifer Murzeau

Présentation de l’éditeur :

la-desobeissante« En cette fin d’après-midi, l’épaisse pollution n’a pas eu tout à fait raison de l’éclat du crépuscule. Une douceur rose survit et se répand. Jeanne lui avait dit souvent la beauté des soirs d’été, la lumière qui décline, le rouge diffus qui se cache dans les nuages et s’étire dans leur souvenir. Bulle buvait les paroles, et jalousait. Car jamais elle n’avait pu contempler ce spectacle. Parce que ces soirs-là n’existaient plus, ils étaient obstrués. Le « secret des affaires » les avait étouffés. »

Paris, 2050. Bulle découvre, catastrophée, qu’elle est enceinte. Autour d’elle, le monde est un naufrage. Sous des dômes, les plus riches se calfeutrent, ignorant les misérables qui se débattent au-dehors, rendus inutiles par l’automatisation. Le chômage a atteint 70%, la violence envahit les rues. Les plus dociles gobent leur Exilnox, les yeux voilés par des implants connectés. Sur les holordis, les murs, partout, brillent les pubs et les flashs info anxiogènes. Alors un enfant, là-dedans… Pourtant le garder, c’est refuser de se résigner. Avec une poignée de hackers, Bulle choisit la lutte.
C’est bien de notre époque dont il est question dans ce roman. Aussi acide et apocalyptique que lumineux et optimiste, il est une célébration du libre arbitre.

Dans une époque où la station immobile est interdite dans les espaces publics, où les pluies sont acides, où les Lire la suite

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La rentrée littéraire de Jennifer Murzeau

JenniferMurzeau

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Jennifer Murzeau a publié un premier roman, Les Grimaces, chez Léo Scheer en 2012.

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Son deuxième roman, Il bouge encore, paraît en cette rentrée littéraire chez Robert Laffont.

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Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? Qu’en attendez-vous ? 

Je la vis bien! C’est une première pour moi. Je me sens chanceuse de faire partie des auteurs qui publient à cette période. Il y a une espèce de mystique autour de cet événement et il est naturel pour un auteur de nourrir dans un petit coin de Murzeausa tête de grands espoirs en termes de reconnaissance, de visibilité. Et en même temps il y a la crainte de faire un bide complet au contraire, de ne susciter que silence et indifférence qui pique. Je vacillais entre ces deux extrêmes pendant le mois d’août. Le jour de la sortie du livre, un article est paru dans le Monde. J’ai défailli de bonheur. Je doute souvent. Et quand un livre s’échappe pour devenir public, c’est pour moi un moment étrange où je peux attendre des autres de valider sa valeur. Alors là, la journaliste qui a écrit ce papier, Esther Attias, m’a envoyée aux anges! Mais je tâche de me détacher de cette attente. C’est d’autant plus salutaire qu’exister médiatiquement en tant que jeune auteur n’est pas simple. Alors si on attend un papier par jour pour se convaincre qu’on a bien fait d’écrire un livre, on s’expose à un grand malheur ! Aujourd’hui je suis simplement heureuse que ce livre existe, qu’il soit en librairie. J’espère qu’il sera lu et que le bouche à oreille fonctionnera. J’ai déjà quelques retours de lectures qui me touchent. C’est un roman dans lequel j’ai consigné des considérations qui me tenaient à cœur, un regard sur l’époque que je souhaite partager aussi largement que possible. Et puis il marque un progrès dans mon écriture, il me semble, elle est plus affirmée, plus décomplexée. La conception de ce second roman a définitivement assis ma volonté de bâtir une carrière littéraire, a affermi ma foi dans cette entreprise, malgré les doutes qui peuvent surgir ensuite et dont je parlais plus haut.

Je me réjouis à l’idée de participer à des événements lors desquels on rencontre les lecteurs. Je fais des dédicaces en librairies et participerai à des salons littéraires cet automne (Besançon, Toulon, Ozoir la Ferrière). J’aime beaucoup prendre part à ces manifestations, c’est très joyeux de découvrir le travail des autres auteurs et de parler de ce qu’on écrit dans ces conditions.

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Que lisez-vous en ce moment ? Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

En ce moment je lis ceux que j’appelle mes collègues de rentrée littéraires, Arnaud Gonzague et Olivier Tosseri qui ont publié leur premier roman chez Robert Laffont eux aussi. Il s’appelle Le bal de hommes et immerge avec beaucoup de réalisme dans le gay Paris des années 30. On y suit un inspecteur de la brigade des mœurs chargé d’élucider une sombre histoire de trafic d’aphrodisiaques hautement illégal. Je viens de le commencer. L’écriture et la narration sont très maitrisées.

Je m’intéresse à ce qui sort à la rentrée littéraire bien sûr. Je lis beaucoup d’auteurs morts, et la rentrée est justement l’occasion de découvrir ou de suivre des plumes vivantes. Je n’ai pas encore fait mon marché mais compte lire bien vite L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt, l’un de mes auteurs préférés dont j’ai lu et aimé tous les livres.

 

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Pourquoi écrivez-vous, Jennifer Murzeau ?

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Jennifer Murzeau, née en 1984, est journaliste.

Elle a travaillé pour France 2, Direct 8, et France Culture.

Elle collabore aujourd’hui au magazine Glamour.

Son premier roman, Les Grimaces, est paru en 2012 aux éditions Léo Scheer..

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Pourquoi écrivez-vous ?

J’écris par goût de la littérature. Parce que les livres m’accompagnent quotidiennement depuis de nombreuses années, qu’ils m’inspirent, parce qu’ils sont pour moi un exutoire essentiel. Ce sont les livres que j’aime qui me donnent envie d’écrire à mon tour. Lire la suite

Les grimaces, Jennifer Murzeau

Présentation de l’éditeur :

grimacesAngelina est chargée de production pour une chaîne de télé du câble. Depuis plus de trois ans, elle subit la perfidie de sa collègue, assiste aux batailles d’égo qui l’excluent, observe toutes ces grimaces qu’elle ne sait pas faire. Éternelle anonyme, elle souffre en silence de son intégration ratée dans le monde du travail jusqu’au jour où elle décide de se venger. Il lui faut une victime qui paye pour ce trop-plein d’humiliations. Elle choisit Marie. Puis elle laisse vaciller sa raison et grandir son obsession pour cette jeune et belle présentatrice qui semble avoir le monde à ses pieds.

À travers les yeux de ses personnages, Jennifer Murzeau détaille un quotidien fait de petites violences et de grands ridicules. Elle dépeint avec un humour caustique un univers où finalement chacun se débat pour exister dans une compétition sans pitié. Lire la suite