Dans un livre, j’ai lu que…

dans-un-livre-j-ai-lu-que-_9782746730007Présentation de l’éditeur :

Dans un livre, j’ai lu que le mot « canoë » est arrivé en Europe grâce aux Espagnols. En somme, « canoë » a voyagé en « caravelle »…
Dans un livre, j’ai lu que Cocteau fit rire un auditoire d’Immortels, en déclarant dans son discours de réception à l’Académie française : « Je sais que la poésie est indispensable. Mais je ne sais pas à quoi… »
Dans un livre, j’ai lu que…, ce sont les trésors de lecture d’Eugène, insolites, drôles, érudits… Embarquement pour le pays des mots !
Partagez avec Eugène vos propos trouvailles… Lisez et participez à la suite de l’aventure. Voir modalités du jeu à l’intérieur.

 

Ce petit volume est une compilation d’anecdotes au sujet de la littérature dénichées dans des livres de tous types et de toutes époques. Ces trouvailles ont été proposées par des professionnels de la littérature ou par des amateurs passionnés. Seul critère : l’originalité (au sens que le Larousse donne de l’adjectif original : Qui émane directement de son auteur ou de sa source, qui n’est pas une copie, une reproduction, une traduction, une refonte, etc. ; authentique.)

 

Cela donne un passionnant recueil de découvertes classées selon un subjectif ordre alphabétique de thèmes. Petites et grandes histoires de la littérature, vérités qu’il était nécessaire de rétablir et explications enfin obtenues, anecdotes à produire dans les dîners et leçons de choses… c’est une mine.

A offrir aux amoureux de la littérature et aux autres, pour lire et faire lire toujours davantage.

 

Éditions autrement, mars 2011, pages, 10 euros

 

Quelques découvertes :

 

Dans un livre, j’ai lu qu’on peut avaler une formule magique comme on avale un médicament. Par exemple, des souffrants placent sur leur langue une pierre de jade sur laquelle une formule magique est inscrite. Ils laissent les mots se mélanger à leur salive, qui coule dans l’estomac et de là se répand dans tout le corps.

 

Dans un livre de médecine, j’ai lu que « le placebo est un mensonge qui guérit ». Je me demande s’il ne s’agit pas de la plus belle définition de la littérature.

 

Dans un livre, j’ai lu cette mise en garde d’un professeur de littérature à ses jeunes étudiants : « Si vous croyez avoir inventé quelque chose, c’est que vous n’avez pas encore assez lu. »

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Leitura Furiosa à Amiens : un étrange phénomène…

La maison des livres« Leitura Furiosa est un étrange phénomène qui a lieu tous les ans sur Amiens et sa périphérie durant trois jours… »

 

Voici comment le Cardan, l’association qui l’organise depuis plus de vingt ans, présente la chose.

Des écrivains sont invités à rencontrer chacun un groupe d’enfants ou d’adultes plus ou moins fâchés avec la lecture. Cette rencontre donne lieu à l’écriture par l’écrivain d’un texte dans lequel le groupe doit se retrouver. Ce texte est illustré, puis lu sur la scène du grand théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens ouvert à tous – et qui fait salle comble – pour l’occasion.

Leitura Furiosa 2013

 

En 2013, j’étais l’un des 33 écrivains invités. J’ai passé trois jours avec un groupe d’adultes d’un petit village de la Somme et de ce temps passé ensemble est né un texte, « La maison des livres ».

 

 

La maison des livres

 

Ce n’est pas un vaisseau, ce n’est pas un paquebot.

Il y a trois ans on y stockait des meubles, et puis le bois a été remplacé par du papier.

Papier imprimé, papier relié, papier broché.

La bibliothèque.

La maison des livres.

 

Est-ce qu’on peut venir là même si on ne lit pas ?

 

Un bâtiment moderne, à la structure métallique apparente et peinte en orange.

On n’aurait pas forcément choisi du orange : on n’aurait pas forcément laissé les poutres en métal apparaître.

Mais on respire ! Oui, qu’est-ce qu’on respire ! Le contraire de ces lieux étouffants. Le contraire de chez soi trop petit. D’ailleurs on se sent presque aussi bien que chez soi.

C’est qu’il y a tellement de lumière ! Elle entre par tous les côtés, même quand il ne fait pas beau.

Il y a tant de carreaux. Tant de carreaux ! Heureusement qu’on n’a pas à les faire : il faudrait des échafaudages, et des journées entières.

Des carreaux, il y en a jusque sur la moquette. Carreaux jaunes, oranges, bordeaux. C’est doux et feutré cette moquette, mais quelle affaire ça doit être à aspirer !

 

Aujourd’hui on est là, pourtant on ne lit pas.

 

On est passé devant parfois et voilà qu’on se retrouve à papoter à l’étage, juste sous le toit.

On est à l’intérieur mais on entend la pluie plus forte que dehors.

IllustrationElle tambourine, tambourine et tambourine encore.

Puis plus rien.

Et ça craque, craque, craque de plus en plus fort.

Est-ce quelqu’un qui monte l’escalier ? Des oiseaux sur le toit ?

Non, juste le soleil qui fait se tordre la tôle.

Le soleil. On avait oublié qu’il existait. D’ailleurs, le temps qu’on dise à quel point il nous a manqué, il a déjà disparu. Pourtant la campagne en aurait bien besoin. Pour les fruits, et puis pour les hommes.

Il n’y a rien à faire à la campagne quand il pleut.

Mais même avec rien à faire, la campagne vaut toujours mieux que la ville. On préfère le chant des oiseaux au bruit des autos.

 

On est entouré de livres mais on n’en ouvre pas et on a le droit.

 

La maison des livres_ill ScagliaOn pourrait écrire un livre, mettre dedans des morceaux de soi.

À l’hôpital, le voisin passait ses journées à noircir des pages.

Parfois, ce qui est écrit ne regarde que soi.

Et parfois, on le donne aux autres comme une chanson qu’on partage.

 

Pour rentrer, on tentera de passer entre les gouttes. De toute façon, marcher c’est encore ce qu’il y a de plus sûr.

La voiture, on n’a pas forcément le permis, et il y a les dangers de la route.

En vélo, on peut avoir un accident et se retrouver le pied dans un carton du Courrier Picard.

Le bateau, d’accord à condition de ne pas avoir le mal de mer. Mais s’il coule ça tombe à l’eau.

L’avion, jamais de la vie. Pourquoi aller si haut ? La terre, mieux vaut ne pas s’en éloigner trop.

 

On est venu là pour autre chose que lire et peut-être même qu’on reviendra.

 

Leitura_HumaSophie Adriansen avec Michèle Bouteiller, Jacqueline et Régis Marquant, Priscilla Padé, Jocelyne Paly.

Illustration : Dominique Scaglia

 

 

 

Quelques liens :