L’été des pas perdus, Rachel Hausfater

Présentation de l’éditeur

lete-des-pas-perdusDepuis quelques temps, le grand-père de Madeleine perd un peu la mémoire et semble revivre sa jeunesse, confondant parfois sa petite-fille avec sa propre sœur.

La jeune fille, sachant qu’il est malade, décide de repartir avec lui dans son village natal de Normandie, où il replonge rapidement dans ses souvenirs d’enfance, revivant même le débarquement de juin 1944.

 

Le grand-père de Madeleine vit tantôt dans le présent, tantôt dans le passé. A sa décharge, difficile de Lire la suite

Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong

Présentation de l’éditeur :

pardonnableUn après-midi d’été, alors qu’il se promène à vélo sur une route de campagne, Milo, douze ans, chute et se blesse grièvement.

Ses parents Céleste et Lino et sa grand-mère Jeanne se précipitent à son chevet. Très vite, chacun va chercher les raisons de l’accident. Ou plutôt le coupable. Qui était avec lui ce jour-là ? Pourquoi Milo n’était-il pas à sa table, en train de faire ses devoirs, comme prévu ?

Tandis que l’angoisse monte autour de l’état de Milo resurgissent peu à peu les rapports de force, les mensonges et les petits arrangements qui sous-tendent cette famille. L’amour que chacun porte à l’enfant ne suffira pas à endiguer la déflagration. Mais lorsque la haine aura tout emporté sur son passage, quel autre choix auront-ils pour survivre que de s’engager sur le chemin du pardon ?

Un roman choral qui explore la difficulté à trouver sa place au sein du clan, les chagrins et la culpabilité, mais aussi et surtout la force de l’amour sous toutes ses formes.

Le jeune Milo est dans le coma, et autour de lui sa famille se rassemble juste avant de voler en éclats. Pour supporter la peine, il faut un coupable. On cherche, on trouve. Mais le coupable est-il bien celui que l’on croit ? Y en a-t-il seulement un ?

Il y a mille sortes de coma, et autant de façons de s’en réveiller. Valérie Tong Cuong est une orfèvre, qui maîtrise à la perfection aussi bien la construction romanesque que les nuances des sentiments. Dans Pardonnable, impardonnable, elle dit les glissements de terrain intérieurs et les silences, les digues qui cèdent, le temps perdu qui ne se rattrape pas, tout ce que l’on bâtit sur des erreurs, et les mensonges qui sauvent parfois.

Valérie Tong Cuong joue avec les émotions de son lecteur et invite à ne pas se fier aux apparences. Tout est toujours moins simple qu’il n’y paraît. Ce qu’on croit penser des personnages évolue en permanence. Rien n’est fabriqué, tout sonne juste.

Il y a mille manières de se sauver. Sauver les autres est l’une d’elles.

Pardonnable, impardonnable est une plongée fascinante dans les profondeurs abyssales de nos âmes, des secrets et des non-dits. Une spirale étourdissante dont personne ne peut s’extraire indemne. Un roman à quatre voix autour de cinq personnages qui nous accompagnent pour longtemps.

Valérie Tong Cuong fait partie de ceux qui ont compris bien des choses du monde et des existences qui le traversent. Dans son roman, elle pose de nombreuses questions. Chacun est libre d’en chercher les réponses.

Editions JC Lattès, janvier 2015, 340 pages, 19 euros

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

L’Atelier des miracles

Ferdinand et les iconoclastes

La Battle

Pourquoi écrivez-vous, Valérie Tong Cuong ?

Fragments

« Depuis qu’il a fêté ses douze ans, il n’est plus certain d’être encore un enfant. » (page 22)

« Combien de fois dans une vie l’être humain renonce-t-il à se faire confiance ? » (page 27)

« Les grandes douleurs unissent plus sûrement que les joies. » (page 30)

« On ne mesure correctement que ce que l’on perd. » (page 46)

« Les coupables ne sont pas toujours ceux qui tiennent l’arme du crime. » (page 49)

« Ce n’est qu’avec le temps qu’on mesure la profondeur de nos blessures. » (page 63)

« Il y a des secrets dont il faut parler tout de suite ou plus jamais. » (page 64)

« Tant qu’on ne sait pas que le luxe existe, pourquoi veux-tu qu’il nous manque ? » (page 102)

« La vérité est-elle un devoir ? » (page 137)

« Ce qui n’est pas encore dit n’existe pas. » (page 137)

« Il ne faut jamais accepter l’aide financière d’une mère fusionnelle : une fois le capital remboursé, les intérêts restent dus à vie. » (page 156)

« C’est lorsque l’on n’a plus rien à perdre que l’on est le plus dangereux. » (page 170)

« Ce n’est pas la manière dont les choses arrivent qui compte, c’est la raison pour laquelle elles se produisent. » (page 175)

« Trop de lumière aveugle. » (page 221)

« Il y a toujours quelqu’un assis plus haut que vous pour vous regarder avec dédain. La seule façon d’y échapper n’est pas de continuer à grimper, mais de se moquer de ce regard-là. » (page 235)

« Le viol des sentiments est-il plus acceptable que celui des corps ? » (page 237)

« Être écrasée par un éboulement et vivre encore, hélas. » (page 262)

« Il y a une forme de libération à apprendre sa malédiction. » (page 267)

« Je me cogne aux quatre murs de mon isolement. » (page 295)

« Je lui ai volé ma présence, y compris lorsque j’étais là. » (page 305)

« C’est la situation qui est monstrueuse. Notre capacité commune à nous tromper sur l’essentiel. Notre manière d’enfouir nos erreurs en espérant qu’elles s’annuleront. Mais par-dessus tout : nos silences. » (page 315)

Les arbres voyagent la nuit, Aude Le Corff

PLes arbres voyagentrésentation de l’éditeur :

Un professeur de français à la retraite est intrigué par une fillette qui habite son immeuble. Chaque soir, après l’école, Manon se réfugie dans le jardin. Assise sous le bouleau, elle parle aux chats et aux fourmis, quand elle n’est pas plongée dans un livre. Depuis quelques mois, sa mère semble avoir disparu. 
Brisant la routine et sa solitude, Anatole finit par l’approcher. C’est autour de la lecture du Petit Prince qu’ils échangent leurs premières confidences. 
En côtoyant Manon, le vieil homme va rencontrer d’autres voisins : Sophie, une femme singulière qui le met mal à l’aise, et Pierre, le père de la fillette. C’est tous ensemble qu’ils entreprendront un voyage inattendu jusqu’au Maroc.

 

Lorsqu’ils montent dans le véhicule qui doit les mener jusqu’au Maroc, les protagonistes ont chacun des objectifs bien distincts. Manon veut retrouver sa mère, Pierre est déterminé à reconquérir sa femme, Sophie espère limiter des dégâts familiaux qu’elle juge inévitables, Anatole enfin ambitionne de continuer encore un peu à se sentir vivant. En ligne d’horizon, Essaouira, Saint-Malo du Maroc, où les heures sont bleues comme l’océan et où le vent souffle aussi fort que cognent les cœurs.

 

Le périple sera rempli de surprises, de poésie, et de liens qui se tissent. Pour chacun, le voyage se révèlera initiatique, et modifiera définitivement le cours des existences. « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante », écrivait Saint-Exupéry dont Le Petit Prince accompagne ces improbables aventuriers.

 

La plume d’Aude Le Corff effleure les choses, les êtres et les décors pour en révéler les nuances. Son écriture est musicale et teintée de références qui sont autant de fenêtres sur le monde.

 

Les arbres voyagent la nuit est un très joli premier roman ; un roman qui incite à prendre le temps, à partager et à s’émerveiller.

 

Stock, mars 2013, 296 pages, 19 euros

 

A lire aussi sur Sophielit :

Tous les premiers romans

 

Quelques extraits :

 

« Nous savons toutes les deux qu’il ne faut pas chercher à lutter quand ça devient vital. J’ai quitté Pierre et Manon par amour pour un autre homme, mais aussi pour fuir l’enterrée vive que j’étais devenue. » (page 55)

 

« Rien n’est jamais fini tant que le dernier souffle n’a pas franchi son dernier obstacle. » (page 106)

 

« Quel dommage que les arbres ne voyagent pas, pense-t-elle. Ils peuvent être plusieurs fois centenaires, mais restent tout leur vie enracinés au même endroit. A quoi bon ? » (page 131)

 

« Les arbres sont tous reliés, et plus vivants qu’on le croit si on sait être à leur écoute ; c’est en chacun d’eux qu’elle retrouvera son bouleau. » (page 169)

 

« Ses maux étaient le seul moyen d’exister encore un peu, en allant consulter le médecin, en achetant des médicaments à la pharmacie. Sa déchéance physique était sa meilleure excuse pour vivre dans l’attente du clap final, reclus dans son appartement qui recevait pour unique visite quotidienne le livreur de plateaux-repas. En le mettant au rebut, la société a réussi à le convaincre qu’il était en bout de course. » (page 179)

 

« Son corps peut lui envoyer tous les signaux de fin de vie qu’il veut, il s’en fiche. Il n’y a pas de meilleure morphine que la présence de Manon à ses côtés. » (page 180)

 

« Les adultes ont tous les droits. Ils peuvent partir sans se retourner du jour au lendemain, crapahuter avec un coquillage dans leur sac, mentir pour se protéger. » (page 182)

 

« Le temps se dilue quand on voyage. » (page 184)

 

« Depuis qu’Anaïs est partie, comme l’écrivait joliment Apollinaire à sa fiancée, le jour n’existe plus, le soleil s’est noyé. » (page 208)

 

« La répétition teinte de banalité n’importe quel chef-d’œuvre de la nature : on admire, on contemple puis on intègre le paysage, avant de se fondre en lui. » (page 210)

 

« Le soleil rend-il invisible les étoiles aux yeux des hommes pour leur cacher une part du mystère de l’univers ? Ainsi, quand ils ne dorment pas, ils oublient qu’ils sont cernés par l’infini. […] Sous un ciel diurne, les hommes vaquent à leurs activités sans se poser de questions, alors que les étoiles nous confronteraient sans cesse à notre insignifiance et à notre ignorance. » (pages 220-221)

 

« L’affection qui lie ces individus si différents est palpable. Tout dans leurs gestes, leurs mots et leurs regards indique qu’ils ne sont plus simplement liés par l’envie commune de la retrouver, mais par des sentiments plus forts, qui ont pris racine en eux et grandi pendant ce voyage. » (page 277)

 

« Près de nous est le trou béant :

Avant de replonger au gouffre,

Fais donc flamboyer ton néant ;

Aime, rêve, désire et souffre ! » (Jean Lahor, cité page 289)

Les séparées, Kéthévane Davrichewy

Présentation de l’éditeur :

Quand s’ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l’enfance ne se quittaient pas se sont perdues.

Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d’autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice.

Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. Depuis leur rencontre, elles ont tout partagé Lire la suite