Les mauvais sentiments, Sybille de Bollardière

Présentation de l’éditeur :

les-mauvais-sentiments« C’est à Trieste que j’ai décidé un jour d’échanger mon passé contre un avenir, en réinventant mon histoire… »

Il y a vingt ans, Irène s’est installée piazza Barbacan, dans cette ville italienne autrefois autrichienne puis allemande. Au fil des années, elle a effacé la femme qu’elle avait été, devenant une autre jusque dans son métier de photographe.

Que s’est-il passé ? Quelle vie menait-elle auparavant, et pourquoi n’en reste-t-il rien sinon quelques images figées ?

Ce roman décrit la relation d’Irène et de sa mère Alice, femme élégante et amorale, mystérieuse et bouleversante.

Des années 60 à la chute du Mur, Les Mauvais Sentiments raconte la vie de ces deux femmes, et de ceux qu’elles croisent ou qui les accompagnent : Claire, Sandro, Miguel, Christian, Samuel…

« Ce qui compte, c’est de pouvoir déplacer sa vie et de se laisser emporter par elle… »

Irène, une femme libre sur les traces du passé de sa mère. Mère et fille entre passion et ressentiment, à la fois étrangères l’une à l’autre, inséparables, rivales et complices.

Irène est une jeune fille perdue, paumée. Étrangère dans sa famille, différente de ses sœurs car elle n’est pas la fille de leur père, elle se Lire la suite

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La petite cloche au son grêle, Paul Vacca

La petite cloche au son grelePrésentation de l’éditeur :

« Un soir, tu entres dans ma chambre alors que je me suis endormi. Le livre m’a échappé des mains et gît sur ma descente de lit. Tu t’en saisis, comme s’il s’agissait d’un miracle. – Mais tu lis, mon chéri ! souffles-tu en remerciement au ciel. Incrédule face à ce prodige, craignant quelque mirage, tu palpes l’objet. Non, tu ne rêves pas : ton fils lit. Intimidée, tu ouvres le livre, fascinée à ton tour… »

Quand la découverte de Marcel Proust bouleverse la vie d’un garçon de 13 ans, de ses parents cafetiers et des habitants de leur petit village du Nord de la France. Des jeux innocents aux premiers émois de l’amour, de l’insouciance à la tragédie : l’histoire tendre et drôle des dernières lueurs d’une enfance colorée par le surprenant pouvoir de la littérature.

 

Le jeune héros grandit entre l’école et le café que tiennent ses parents, au bord de la nationale, et dont tinte la petit cloche au son grêle. Il n’aime pas lire mais sa rencontre littéraire avec Proust va tout changer – à sa vie, à sa vision du monde, à sa relation à sa mère et aux autres. Les livres sont de telles boîtes de Pandore…

 

Le roman de Paul Vacca est d’une fraîcheur délicieuse. La mélancolie, ou la nostalgie déjà, la tendresse aussi, flottent entre les pages, comme l’atmosphère de ce Nord si caractéristique. Toute en finesse, son écriture est chantante et lumineuse. Mais la gravité n’est jamais loin de la beauté, et c’est ce qui fait tout le charme de cette Petite cloche au son grêle. A l’instar de cette phrase qu’on prononce généralement quand on n’y croit plus : « On va être heureux, tu vas voir ! » (page 159)

 

Un premier roman coup de cœur dont les touchants personnages nous accompagnent longtemps.

 

Le livre de Poche, mai 2013 (et Editions Philippe Rey, 2008), 168 pages, 6,10 euros

Sélection Prix des lecteurs du Livre de Poche 2013

 

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Morceaux choisis :

 

« Avec Proust, votre enfant va partir à l’abordage de l’un des plus magnifiques nouveaux mondes qui soient. Un monde aux ressources inépuisables qu’il aura l’occasion de redécouvrir encore et encore, avec d’autres yeux, plus tard. Quelle chance il a, et vous aussi ! Bonne lecture alors ! » (pages 29-30)

 

petite robe bleue« La vie d’un écrivain, ça n’a pas de rapport avec ce qu’il écrit dans les livres… » (page 51)

 

« Au fond, je préfère l’illusion d’une hypothétique victoire demain à la certitude d’une défaite aujourd’hui. Ainsi, je découvre les vertus du mot « demain ». un mot qui a le pouvoir de préserver intacte ma vie rêvée. C’est l’effet magique de la procrastination : tant que la défaite n’est pas consommée, on peut toujours s’imaginer en vainqueur ! » (page 68)

 

« Comme à ces savants qui découvrirent que droites pouvaient à la fois être parallèles et se croiser dans l’infiniment petit, l’impensable vient de lui être révélé : oui, on pouvait aimer à la fois Proust et le football ! » (page 109)

 

« On est persuadés qu’en refusant de nommer le mal, il finira par se lasser. En l’ignorant superbement, on est sûrs qu’il abandonnera la partie. » (page 115)

 

« Tant pis si l’on froisse les puristes, les connaisseurs ; car quoi qu’il arrive, ils penseront toujours que Proust n’a écrit que pour eux, qu’eux seuls peuvent en pénétrer la subtilité, qu’eux seuls le méritent. » (page 134)

La chemise d’une femme heureuse, Susie Morgenstern

La chemise d'une femme heureuseLa chemise d’une femme heureuse, c’est ce dont a besoin la reine Annabellastella pour sortir de sa mélancolie. Le roi Georgieporgie XIII, son époux, dont le seul but est de voir la reine retrouver le sourire, se met en quête de ce vêtement rare…

 

Tandis que le roi fouille le palais, puis le royaume, à la recherche de la chemise préconisée par le sage, la reine découvre le plaisir grâce aux pâtisseries et autres confiseries du chef pâtissier Puttershissel. Elle grossit et on la croit enceinte : mais elle refuse depuis toujours que le roi la touche, et cela ne pourra changer tant qu’elle ne sera pas heureuse…

 

La chemise d'une femme heureuse_dosComme bien des livres pour enfants, cet album est à double lecture. Tandis que les enfants se réjouiront des péripéties du roi Georgieporgie XIII, des découvertes pâtissières de la reine Annabellastella, des illustrations chantantes de Batia Kolton et des chansons colorées de Rachel Pignot (sur des textes de Susie Morgenstern et des musiques de Louis Dunoyer de Segonzac), les adultes se délecteront de cette réflexion sur le désir en forme de conte et du parti que prend l’auteur pour la raconter aux plus jeunes.

 

Le livre s’accompagne d’un CD. La voix de l’auteur s’accorde à merveille avec son histoire. Un très bon point aussi pour les onze délicieuses chansons qui la ponctuent.

 

Actes Sud Junior, 2011, 42 pages et un CD, 20 euros

 

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L’été slovène, Clément Bénech

L'été slovèneEtudiants, le narrateur et Eléna vont passer quelques semaines estivales en Slovénie. Ils sont partis pour tester la solidité de leur amour ou, plus certainement, pour s’assurer que ce qui les lie en est. Tout un tas d’imprévus – de l’accident (sans gravité) de voiture à la traversée d’un lac à la nage faute de bateau en passant par l’intrusion de tiers dans l’intimité du jeune couple et la chute dans l’eau de l’appareil photo – vont venir contrarier ces vacances qui s’annonçaient calmes.

Le narrateur est très attentif à son amoureuse. Il s’émeut de petites choses, cependant qu’il cherche à savoir pourquoi il s’émeut. Mais cette intellectualisation, ce recul auquel la spontanéité des débuts a laissé place, n’est-ce pas la preuve que la fin est annoncée ?

 

Dans ce premier livre, Clément Bénech révèle une sensibilité étonnante. Il distille à chaque page une tendresse pour les bons mots qui concourt à l’aspect désinvolte du tout. Lire la suite