Parfaite !, Mercedes Deambrosis

Présentation de l’éditeur :

parfaite-couvertuElle regarde sa montre, presque midi. Elle se lève, s’étire, toujours, et ce simple geste, veut-elle croire, contribue à la souplesse du corps. Elle ne se leurre pas. La jeunesse n’est pas éternelle, mais elle se doit par respect des autres, de ceux qui la regardent, l’envient, l’admirent, d’entretenir au mieux ce que la nature lui a si généreusement offert, ce corps magnifique qui lui a toujours procuré d’immenses joies.

À plus de soixante ans, au prix d’un travail acharné sur son corps et sur elle-même, elle est parfaite. Victime des apparences et des marques, elle s’apprécie avant tout à l’aune des vêtements et accessoires de prix qu’elle arbore comme des trophées.

Mercedes Deambrosis campe une héroïne égarée dans une pension low cost quelque part en Méditerranée. Et là, dans ce milieu hostile, aux antipodes de ce dont elle rêve, son monologue ininterrompu révélera quelques fêlures, quelques mensonges et les compromissions qu’elle a dû faire pour continuer à jouer son rôle de femme parfaitement inaltérable.
Jacques Floret s’amuse des miroirs que tendent les magazines à notre héroïne et c’est non sans humour qu’il entrecoupe le récit de ses interludes publicitaires glacés et sarcastiques.

En peu de pages, et dans la langue sèche et acérée qu’on lui connaît, Mercedes Deambrosis raconte une femme que tout un chacun a déjà croisée – certains l’ont même côtoyée. Une victime de la dictature de la mode, mais une victime consentante. Qui a sacrifié sur l’autel de l’apparence et de la jeunesse éternelle (oxymore) tout le reste. Donc tout ce qui compte. Et qui tente de se persuader que les choix qu’elle a faits étaient les bons ; car si elle s’avouait le contraire, elle ne pourrait que tomber.

Du haut de ses talons, la chute risquerait d’être violente.

Les illustrations colorées de Jacques Floret, qui mettent en scène des représentations féminines sans âmes sur papier glacé, des êtres qui se laissent définir par une paire d’escarpins ou un sac à main – c’est du moins ce que l’on nous vend –, des revendications consuméristes et logotypées, font ressortir davantage encore l’extrême solitude de la narratrice dans le monde qu’elle a fait sien – un monde où tout n’est qu’apparence.

Un petit livre à lire avant de faire du tri dans sa garde-robe et ses envies de shopping, ou à offrir si les priorités ont déjà été revues.

Vu par Jacques Floret

Editions du Chemin de fer, novembre 2014, 80 pages, 14 euros

Jacques FloretLes premières pages sont à feuilleter ici 

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Rien de bien grave

Candelaria ne viendra pas

Six façons de le dire

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Toute la rentrée littéraire 2014

Fragments choisis :

« Elle aime tout ce qui est nouveau. Et a tiré un trait sur le passé, banni la nostalgie. Le présent, oui. Mais vite. Elle n’a plus de temps à perdre. » (page 30)

« Mon corps m’a toujours procuré de grandes satisfactions. » (page 50)

« On n’apprécie que ce qui coûte et elle, elle est de ces personnes qui refusent de compter, car au fond, elle sait qu’elle n’a pas de prix. » (page 60)

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Salon du livre de Provins, 13 & 14 avril 2013

affiche Provins 2013Comme en 2012, je suis cette année invitée au salon du livre de Provins organisé dans le cadre du festival Encres vives.

Il se tient ce week-end au centre culturel Saint-Ayoul, 10 rue du Général Delort à Provins (77160).

[pour les Parisiens : la cité médiévale de Provins est accessible en train au départ de la gare de l’Est]

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Est attendue, sous le parrainage de Patrick Poivre d’Arvor, une belle brochette d’auteurs : Jérôme Attal, Ella Balaert, Clément Bénech, Marie-Laure Bigand, Stéphane Bourgoin, Christophe Carlier, Ariane Charton, Sonia David, Mercedes Deambrosis, Maureen Dor, Arthur Dreyfus, Sophie Forte, Irène Frain, Renaud Hantson, Stéphanie Hochet, Jean-Sébastien HongreVictor Kathémo, Viviane Moore, Cypora Petitjean-Cerf, Mabrouck Rachedi, Fanny Salmeron, Mathieu Simonet, Myriam Thibault, Valérie Tong CuongLire la suite

Rien de bien grave, Mercedes Deambrosis

Présentation de l’éditeur :

Une journée comme une autre, dans la vie – presque – ordinaire d’une mère de famille. A ceci près que le téléphone n’arrête pas de sonner et qu’au train-train quotidien vient se mêler un terrible fait divers. Mercedes Deambrosis, jamais avare d’humour noir, nous emporte dans le tourbillon de son héroïne, témoin d’un événement dont le caractère tragique et pourtant bien réel lui échappe totalement.

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Mercedes Deambrosis est la reine incontestée du roman noir domestique. Dans Rien de bien grave, elle met en scène une Desperate Housewife tellement obsédée par son intérieur qu’elle perd tout recul, jusqu’à faire abstraction totale d’un évènement terrifiant… Cela glace les veines – c’est glaçant et grinçant à la fois. Lire la suite

Candelaria ne viendra pas, Mercedes Deambrosis

Candelaria ne viendra pas – Candelaria, la femme de ménage. Et cela change tout. Par le coup de téléphone annonçant cette mauvaise nouvelle, le quotidien de cette femme au foyer, mère de cinq enfants, mariée à un époux détestable, va se trouver bouleversé. Bouleversé, au point que tout pourrait basculer…

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« – Il pourrait répondre, le téléphone est à la tête du lit… dit-elle.

– A son âge et vu ma position, il serait en droit d’avoir une chambre à lui, dans ma maison ! Mais non, il a fallu qu’il la cède à ta mère ! Je te préviens, je lui donne trois mois pour crever à la vieille sinon… c’est l’hospice !

Elle resta suffoquée. La sonnerie continua.

« Mon Dieu, pensa-t-elle, pourvu qu’elle n’ait pas entendu. Elle va me faire une attaque… » Lire la suite