Avant de quitter la rame, Gaëlle Pingault

Présentation de l’éditeur :

avantdequitterlarame-360x686Il y a Alice, qui n’aime ni Paris, ni le métro, ni les petits encarts de poésie qui y sont affichés. Qui n’a guère d’autre choix que de faire avec, cependant. Alors elle râle. Pas toujours.

Il y a Nadya, qui souvent marche sur un fil, et qui boit ces quelques vers arrachés au métro comme si sa vie en dépendait. Elle en dépend peut-être. Allez savoir…

Et entre les chassés-croisés de Nadya et d’Alice, se glissent d’autres histoires avec un soupçon de poésie, et sans métro.

A-t-on déjà sérieusement réfléchi à l’utilité, au pouvoir, ou au contraire à l’insuffisance, à la vacuité de ces Lire la suite

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Ecoute la pluie, Michèle Lesbre

Ecoute la pluiePrésentation de l’éditeur :

«Puis le ronflement sourd de la rame qui s’approchait à grande vitesse a provoqué un frémissement parmi les rares voyageurs. Le vieil homme s’est tourné vers moi avec toujours ce sourire limpide, j’ai cru qu’il allait me demander quelque chose, mais il a sauté sur les rails comme un enfant qui enjambe un buisson, avec la même légèreté.»
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Avant que le vieil homme ne se jette sur la voie en lui adressant son dernier sourire, la narratrice partait rejoindre l’homme qu’elle aime à l’hôtel des Embruns. Le choc a fait tout basculer. Plutôt que d’aller à la gare, elle s’enfonce dans les rues de Paris pour une longue errance nocturne sous l’orage. Revenue chez elle au petit matin, toujours incapable d’expliquer à son amant pourquoi elle n’était pas au rendez-vous, elle murmure à son intention le récit de sa nuit blanche. Lui, le photographe pour qui les mots ne sont jamais à la hauteur, sera-t-il capable de comprendre l’énigmatique message qu’elle finit par lui laisser : «Écoute la pluie» ?

Avec ce roman dense et bouleversant, Michèle Lesbre poursuit une œuvre lumineuse qu’éclaire le sentiment du désir et de l’urgence de vivre.

 

Sabine Wespieser Editeur, février 2013, 100 pages, 14 euros

 

J’ai lu d’une traite ce très court roman, happée par son commencement, et le suicide du vieil homme sous les roues du métro à la station Gambetta. La suite, pourtant, m’a laissée à quai. De jolies phrases relevées cependant, et que j’ai envie de partager :

 

« Quelque chose de nous gisait sous les roues du métro. » (page 14)

 

« Les voyages nous ont beaucoup portés, les retours nous ont perdus parfois. » (page 24)

 

« Tout à l’heure, j’ai écrit la date, l’heure et le nom de la station sur mon cahier. J’ai ajouté que j’aimerais connaître celui de l’homme qui est entré dans ma vie en perdant la sienne. » (page 38)

 

« Cette nuit, je suis ton marin perdu. » (page 61)

 

« Les dieux tissent des malheurs afin que les générations futures ne manquent pas de sujets pour leurs chants. » (Borges, page 78)

 

« Les vies d’adultes ne sont que tentatives pour guérir le chagrin de l’enfance inachevée, toujours inachevée. » (page 85)

 

Le peuple des tunnels, Astrid Fontaine

Le peuple des tunnelsNul besoin de rappeler ici ma passion pour le métro. Je me suis donc précipitée sur Le peuple des tunnels, un lourd volume (900 grammes !) paru en début d’année.

 

Astrid Fontaine, ethnologue et archéologue de formation, y brosse le portrait de ces hommes et femmes qui ont évolué dans les souterrains parisiens du Nord-Sud, surnom de la Société du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris, la compagnie privée qui a construit et exploité trois lignes du métro de Paris entre 1902 et 1931.

 

Son ouvrage est fascinant. Il regorge de documents iconographiques, photos d’époque, illustrations, archives improbables, reproductions de courriers, de papiers d’identités… Cela va de la radiographie du poignet de l’employé qui a eu un accident de travail à la revue de presse du « dossier Paul Nolo », empTunnels 1loyé criminel, en passant par cette consigne illustrée datant de 1939 : « Si vous ne pouvez quitter une zone dangereuse, jetez-vous à plat ventre dans l’angle du tunnel. » [consigne toujours d’actualité, me souffle mon conducteur de métro préféré]

 

Le peuple des tunnels lève le voile sur un univers oublié et fait la démonstration que la grande Histoire n’est que la somme des petites qui la composent.

 

 

Gingko Editeur, janvier 2013, 400 pages, 25 euros

 

Un article sur le site de la RATP, qui a participé à l’édition de l’ouvrage

 

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Vibrato, Marie Dubosq

J’ai découvert ce recueil de par sa présence dans la première sélection du Prix Boccace, organisé par l’association Tu connais la Nouvelle ?, qui récompense un ouvrage regroupant des nouvelles – Jean Boccace [Giovanni Boccaccio, 1313-1375], écrivain italien, était un précurseur de ce genre particulier qu’est la nouvelle.

 

Ce recueil de Marie Dubosq (lauréate du Festival du Premier roman de Chambéry 2012 avec « Les chambres d’Antoine) ne figurait plus en deuxième sélection mais son thème, cher à mon cœur, m’a donné envie de le découvrir.

Les quatorze nouvelles, comme les quatorze lignes principales que compte le réseau parisien, sont autant d’univers distincts (et sur la ligne 2, amusant, c’est le conducteur qui entre en scène !), qui laissent des souvenirs plus ou moins durables.

Comme un trajet en métro, finalement. Lire la suite

Le métro est un sport collectif, Bertrand Guillot

« Le métro, écrit Marc Augé, c’est « la collectivité sans la fête et la solitude sans l’isolement ».

 

Nombre d’observateurs témoigneront volontiers que  le métro est une expérience individuelle. Ils raconteront la froideur, la résignation, ces solitudes barricadées derrière un savant maquillage ou une gueule d’enterrement.

 

Ce n’est pas faux, évidemment. Mais ce serait oublier que ces solitudes sont aux abois. Qu’un grain de sable vienne enrayer la routine, qu’un infime événement survienne, et hop, le métro devient une expérience partagée, chaque échange même muet prend une valeur inestimable. » (page 35) Lire la suite

RER mon amour, Anne-Louise Sautreuil

Passer « un an sur les rails », voilà la méthode qu’a utilisée Anne-Louise Sautreuil pour écrire ce livre. Pendant quatre saisons, à toutes heures et par tous les temps, elle a parcouru les lignes, changé de voiture, s’est arrêtée dans les gares, est montée dans la cabine du conducteur, a suivi les agents en uniforme, a contacté ceux qui laissent des petites annonces liées aux transports en commun (« Homme à la recherche de femmes désireuses de se faire caresser dans les rames du RER aux heures de pointe »).

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Il en ressort une vaste galerie de portraits de tous ceux qui « font » le RER, des usagers aux musiciens, des contrôleurs aux commerçants des gares, des médiateurs aux SDF – et même une rescapée de l’attentat de Saint-Michel. Lire la suite

Je vous emmène au bout de la ligne, Rodolphe Macia & Sophie Adriansen

Sortie jeudi 4 novembre

Présentation de l’éditeur :

Au bout de la ligneLe métro parisien, ce n’est pas le pont d’Avignon : on y dort plutôt qu’on y danse. Et pourtant, il suffirait d’ouvrir les yeux pour découvrir un monde différent et riche. Rodolphe, conducteur sur la ligne 2, nous y entraîne. Il a derrière lui vingt ans de vie sous terre. Avec drôlerie et gourmandise, il nous raconte ce territoire tel qu’il se livre à l’homme dans la cabine : les créatures qu’il y croise, les rituels qu’il observe, les aventures les plus inattendues qui ébranlent la routine. Entre Nation et Porte Dauphine, faune et flore sont examinées avec un regard tendre et affûté : fêtards, contrôleurs, suicidaires, érotomanes, musiciens ou mendiants…

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À Paris, plus de 5 millions de personnes prennent le métro chaque jour. Lire la suite

Nation par Barbès, Cécile Wajsbrot

« – A propos, où l’as-tu rencontré, ce jeune homme, à ton travail ?

Léna hésita un peu avant de répondre.

– Dans le métro.

– Dans le métro ? répéta sa mère sur un ton qui signifiait que ce n’était pas un endroit pour rencontrer quelqu’un, quelqu’un de sérieux. » (page 138)

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Présentation de l’éditeur :

Léna et Jason se rencontrent dans le métro. Pendant quelques mois, ils se retrouvent à la station Barbès. Un jour, à cause d’une grève, Jason n’est plus au rendez-vous. Une atmosphère d’incertitude, de violence et de mystère pèse sur leur relation. Pendant ce temps, en Bulgarie, Aniela rêve de venir vivre en France. L’histoire de ces deux femmes est racontée en alternance, jusqu’à la venue d’Aniela à Paris, qui scellera leur destin et celui de Jason.

Lieu de rencontre et de séparation, abîme entre espoir et réalité, le métro joue un rôle primordial… Nation par Barbès mène chacun inéluctablement sur la voie de la perte ou de l’accomplissement. Lire la suite