La petite cloche au son grêle, Paul Vacca

La petite cloche au son grelePrésentation de l’éditeur :

« Un soir, tu entres dans ma chambre alors que je me suis endormi. Le livre m’a échappé des mains et gît sur ma descente de lit. Tu t’en saisis, comme s’il s’agissait d’un miracle. – Mais tu lis, mon chéri ! souffles-tu en remerciement au ciel. Incrédule face à ce prodige, craignant quelque mirage, tu palpes l’objet. Non, tu ne rêves pas : ton fils lit. Intimidée, tu ouvres le livre, fascinée à ton tour… »

Quand la découverte de Marcel Proust bouleverse la vie d’un garçon de 13 ans, de ses parents cafetiers et des habitants de leur petit village du Nord de la France. Des jeux innocents aux premiers émois de l’amour, de l’insouciance à la tragédie : l’histoire tendre et drôle des dernières lueurs d’une enfance colorée par le surprenant pouvoir de la littérature.

 

Le jeune héros grandit entre l’école et le café que tiennent ses parents, au bord de la nationale, et dont tinte la petit cloche au son grêle. Il n’aime pas lire mais sa rencontre littéraire avec Proust va tout changer – à sa vie, à sa vision du monde, à sa relation à sa mère et aux autres. Les livres sont de telles boîtes de Pandore…

 

Le roman de Paul Vacca est d’une fraîcheur délicieuse. La mélancolie, ou la nostalgie déjà, la tendresse aussi, flottent entre les pages, comme l’atmosphère de ce Nord si caractéristique. Toute en finesse, son écriture est chantante et lumineuse. Mais la gravité n’est jamais loin de la beauté, et c’est ce qui fait tout le charme de cette Petite cloche au son grêle. A l’instar de cette phrase qu’on prononce généralement quand on n’y croit plus : « On va être heureux, tu vas voir ! » (page 159)

 

Un premier roman coup de cœur dont les touchants personnages nous accompagnent longtemps.

 

Le livre de Poche, mai 2013 (et Editions Philippe Rey, 2008), 168 pages, 6,10 euros

Sélection Prix des lecteurs du Livre de Poche 2013

 

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Morceaux choisis :

 

« Avec Proust, votre enfant va partir à l’abordage de l’un des plus magnifiques nouveaux mondes qui soient. Un monde aux ressources inépuisables qu’il aura l’occasion de redécouvrir encore et encore, avec d’autres yeux, plus tard. Quelle chance il a, et vous aussi ! Bonne lecture alors ! » (pages 29-30)

 

petite robe bleue« La vie d’un écrivain, ça n’a pas de rapport avec ce qu’il écrit dans les livres… » (page 51)

 

« Au fond, je préfère l’illusion d’une hypothétique victoire demain à la certitude d’une défaite aujourd’hui. Ainsi, je découvre les vertus du mot « demain ». un mot qui a le pouvoir de préserver intacte ma vie rêvée. C’est l’effet magique de la procrastination : tant que la défaite n’est pas consommée, on peut toujours s’imaginer en vainqueur ! » (page 68)

 

« Comme à ces savants qui découvrirent que droites pouvaient à la fois être parallèles et se croiser dans l’infiniment petit, l’impensable vient de lui être révélé : oui, on pouvait aimer à la fois Proust et le football ! » (page 109)

 

« On est persuadés qu’en refusant de nommer le mal, il finira par se lasser. En l’ignorant superbement, on est sûrs qu’il abandonnera la partie. » (page 115)

 

« Tant pis si l’on froisse les puristes, les connaisseurs ; car quoi qu’il arrive, ils penseront toujours que Proust n’a écrit que pour eux, qu’eux seuls peuvent en pénétrer la subtilité, qu’eux seuls le méritent. » (page 134)

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