Hors cadre dans Femme Actuelle jeux extra

FAJE 1Je signe une nouvelle dans le magazine Femme Actuelle jeux extra en kiosques aujourd’hui.

En voici la présentation et les premières phrases…

Pour trouver l’amour, on peut s’en remettre au hasard ou le provoquer, comme dans ces émissions de télé réalité où tout est programmé.
Ça allait tout changer dans sa vie. C’était sûr, il y aurait un avant et un après l’émission.
A 34 ans, Bénédicte Passani plaçait tous ses espoirs dans le show télévisé qui devrait lui permettre de rencontrer l’âme sœur. Un fiancé pour Béné, un concept sur mesure qui avait déjà fait ses preuves avec la présentatrice Fanny Joplin (Un mari
pour Fanny) et la journaliste Debby Brown (Un homme pour Debby Brown). Les deux femmes, la trentaine passée, belles et accomplies, avaient trouvé chaussure à leur pied par le biais de la petite lucarne. Dix prétendants au départ, uniquement des hommes au physique très agréable, ayant réussi socialement, une élimination

par semaine, le tout diffusé en première partie de soirée sur une grande chaîne nationale. Pour Debby, qui avait étrenné le concept deux ans plus tôt, cela s’était soldé par un mariage. Fanny, elle, n’était pas mariée, mais attendait un heureux événement desœuvres de Jean-Romain Baer, le célèbre concertiste.

Il n’y avait donc aucune raison pour que cela ne fonctionne pas de la même manière pour Bénédicte, grande et médiatique prêtresse de la presse féminine…

 

Pour lire la nouvelle dans son intégralité, rendez-vous en kiosques !

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L’enjoliveur, Robert Goolrick

Présentation de l’éditeur :

enjoliveurRobert Goolrick a développé un lien si fort avec ses lecteurs français qu’il a décidé d’écrire une nouvelle pour eux, rien que pour eux. Comme tout ce qu’écrit Goolrick, elle nous dit quelque chose de l’enfance. Et comme tout ce qu’il écrit, elle touchera chacun de vous au cœur.

Nous l’avons trouvé si belle que nous avons décidé de lui offrir un écrin et d’en confier la couverture et les illustrations à l’artiste Jean-François Martin. La voici, grâce à lui, enjolivée.

Par ce matin givré de février, mon entrevue avec la mort fut à peine remarquée, et ses rebondissements secrets ne devaient m’apparaître que des décennies plus tard. Or j’imagine que c’est précisément ce qui nous intéresse ici, si vous êtes prêts à traverser d’abord l’hiver glacial de mon anecdote bucolique. Les rebondissements, donc. Un rebondissement, pour être précis, aussi scintillant que l’enjoliveur de la Buick 1943 de ma grand-mère. Lire la suite

La façon dont les choses commencent

666_667_clubIl était arrivé peu avant minuit. A l’heure où les dîneurs ont déserté les restaurants, à l’heure où les promeneurs ont réintégré le métro. Comme d’habitude.

Ils ne se voyaient pas dans la journée. Elle était occupée. Ni dans la soirée. Elle était très prise.

Deux mois que ça durait.

De son quartier, dont elle lui avait tant vanté les attraits à leur rencontre, il ne connaissait que les façades orangées par l’éclairage artificiel. Jamais vu à la lumière du jour.

Une nuit, ils s’étaient endormis après. Elle l’avait secoué vers quatre heures. Elle tenait à se réveiller seule. Elle avait son rituel du matin. Ils avaient toujours été d’accord sur ce point. Il était reparti à pied.

Peut-être ne voyait-elle personne d’autre que lui. Aussi intimement du moins. Mais tout ce qu’elle ne lui disait pas ouvrait une brèche dans laquelle s’engouffraient ses suppositions par dizaines.

Où commence l’amour ? Il avait compris qu’il était amoureux fou un soir qu’elle n’avait même pas changé les draps.

Jamais on ne l’avait caressé comme ça. Jamais on ne l’avait regardé avec ces yeux-là.

Quand elle allait à la salle de bains, il cherchait des traces qui auraient justifié sa méfiance.

Il n’en trouvait pas.

Ce qui ne signifiait pas que sa méfiance fût infondée.

Elle ne savait pas dire non. Il lui proposait un cinéma, un dîner, une sortie – elle était toujours partante. Elle annulait ensuite. Avec une excellente raison. Et il la rejoignait après. En marchant dans le faisceau des réverbères.

Ce jeudi était férié alors il avait osé émettre l’idée d’un pique-nique. Le cake au saumon finissait de cuire lorsqu’elle avait envoyé un message. J’ai un contretemps. Une amie à aller chercher à la gare. On se voit plutôt comme d’habitude. Ça m’arrange.

Il avait jeté le cake de son cinquième étage. Du saumon sauvage. Chaque annulation piétinait son estime de soi davantage. Le syndrome de Stockholm le menait malgré tout nuitamment jusqu’à l’appartement. Ou son estime retrouvait sa belle vigueur.

En partant ce soir-là, il avait lancé un regard solidaire aux morceaux de saumon échoués dans la haie du rez-de-jardin.

Il pouvait aussi la quitter mais elle l’en empêchait. Il ne parvenait à se défaire de cette conviction intime, profonde, qu’il se serait passé quelque chose de grand s’ils avaient seulement essayé.

Un début d’histoire normal. Se voir dans la journée.

La façon dont les choses commencent.

Ce dont elle ne cessait de les priver.

 

Il avait dans l’idée de repartir comme il était venu, sous l’éclairage municipal, mais tout cela avait pris plus de temps que prévu.

Lorsqu’il avait tiré la lourde porte de l’immeuble, le soleil était déjà haut, qui brillait avec insolence et faisait fuir les nuages d’un blanc pourtant serein.

C’était vrai que le quartier ne manquait pas d’allure.

La rue, du moins, était remarquable. Haussmann méritait ses distinctions.

Elle n’avait pas menti. Au moins une chose qu’il ne pouvait lui reprocher.

Il prit une profonde inspiration et remercia le ciel de tant de beauté.

Il se mit en route cependant que la danse des nuages affirmait que rien de terrible n’arriverait jamais.

D’un pas souple, il s’éloigna de la cave où reposaient les morceaux de sa dulcinée.

La lumière du jour, voilà ce qui faisait tout l’intérêt. Voilà qui révélait la générosité.

Une belle journée s’annonçait.

 

Sophie Adriansen

d’après la pochette de 666.667 Club – Noir Désir

mai 2014

texte publié en août sur Oyoboo

dans le cadre du projet musicalo-littéraire « pochettes-surprises »

auquel j’ai été invitée à participer

Ecriture, écritures #1 : Faire d’une nouvelle un roman

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Ecriture, écritures, c’est le titre de l’une des rubriques que je propose désormais sur la plateforme Les Nouveaux Talents.

 

Parce que l’écriture est protéiforme, cette rubrique s’intéresse à tout ce qui la nourrit. De l’image au son en passant par toutes les formes littéraires, les arts interagissent et ici est faite la démonstration que tout est influence.

 

 

 

Le premier roman publié de Sandrine Roudeix était au départ une nouvelle écrite d’un seul jet. Comment transforme-t-on une nouvelle de 20 pages en un roman de 130 ? La romancière nous raconte l’histoire d’un changement de format et de genre qui n’a pas dénaturé le texte d’origine.

 

 

Attendre était une nouvelle. Vingt pages écrites à la terrasse d’un café… 

Roudeix-200x300-c-FlammarionAu départ, Attendre était une nouvelle. L’histoire de Lola, 16 ans, qui attend son père qu’elle ne connaît pas. Vingt pages écrites à la terrasse d’un café un jour où j’attendais un amoureux à qui j’avais donné rendez-vous un an avant. Vingt pages transformées retravaillées quelques mois après sur le thème de la jeune fille pour une revue. Vingt pages finalement jamais publiées. Elles ont dormi pendant deux ans dans un tiroir, cimetière des manuscrits refusés, jusqu’à ce que je croise le chemin de Patrice Hoffmann, éditeur chez Flammarion, au Salon du livre de Paris en 2009. Je venais de lui adresser deux romans que j’avais terminés et attendais avec impatience son retour pour une éventuelle publication. Nous nous sommes entretenus dans un coin du stand. Il m’a donné son sentiment, pas franchement enthousiaste (!), mais m’a encouragée à lui faire lire d’autres textes car il trouvait « qu’il y avait quelque chose d’original et de singulier dans mon écriture ». Il recevait le soir même Lola sur son ordinateur. Et moi, Sandrine, quelques jours après dans son bureau. Cette fois, il était emballé. Il y avait selon lui une voix, une écriture, une promesse, et il était d’accord pour me signer un contrat d’édition, charge à moi de transformer cette nouvelle en roman ou en recueil. Attendre est aujourd’hui un roman à trois voix autour de la naissance non désirée de Lola. Trois voix mais aussi trois attentes, psychologiques et physiques. Celles de Lola, adolescente en quête d’identité, de Marie, fille-mère culpabilisée qui fait ce qu’elle peut, et de Pierre, jeune homme dépassé par les événements. La force du texte est, je crois, … (lire la suite)

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Tous les articles de la rubrique « Les Nouveaux Talents »

Pourquoi écrivez-vous, Sandrine Roudeix ?

Les Petites mères

Troc, Brigit Hache

Présentation de l’éditeur

Cher Monsieur,
Je devine votre étonnement à la réception de mon courrier. Cette première impression passée, je vous remercie de m’accorder à nouveau votre attention. Cette lettre ne poursuit qu’un seul but. Je n’y ferai preuve d’aucune complaisance à mon égard, j’ai ma part de responsabilité, mais je veux vous mettre en garde du danger qui vous guette.
Tout a commencé par un inconnu de passage, un vagabond naïf. Il tournait autour d’un présentoir comme un ours autour d’une ruche remplie de miel, ne sachant comment accéder à l’objet de sa convoitise sans éveiller de soupçons. Il prenait un paquet de bonbons, le reposait, renouvelait l’opération. Je le surveillais du coin de l’œil tout en servant mes clients. (…) Lire la suite

La circoncision, Bernhard Schlink

« Toutes les utopies commencent par des conversions. » (page 70)

 

Andi et Sarah se rencontrent à New-York à la fin du XXème siècle. Lui est Allemand, bénéficiaire d’une bourse d’étude, elle est d’origine polonaise. Une partie de la famille de Sarah a été exterminée à Auschwitz. Ils s’aiment, et parce qu’ils s’aiment, Sarah présente Andi à sa famille. Le poids d’un passé dont ni Sarah ni Andi ne sont responsables se fait alors sentir. Les différences entre eux, qu’ils n’avaient jamais considérées comme des obstacles possibles, prennent soudain toute la place.

« Il est facile de voir des annonces, rétrospectivement. Dans la quantité de choses qu’on fait ensemble, il y a l’annonce de tout ce qui viendra plus tard – et aussi de tout ce qui ne viendra pas. » (page 21)

 

Bernhard Schlink développe en peu de pages un récit à la fois simple et complexe, qui met le doigt sur une problématique dont la portée est universelle. Lire la suite

Coup de fourchette, Nicolas d’Estienne d’Orves

Ils sont trois chefs, Paul Boujut, Noël Duchon et Alex Robicasse. 54 étoiles à eux trois.

Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

Ils sont réunis à l’occasion des funérailles de Fourchette, le plus éminent critique gastronomique de France, qui aura réussi à conserver l’anonymat jusque dans son cercueil.

A Fourchette, les trois chefs doivent leur gloire, mais aussi le début de leur perte Lire la suite