United colors of summer

cabines

Ils sont sortis ces derniers mois, vous êtes passés à côté pour une raison ou une autre (forcément excellente)…

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Les voici récapitulés ici.

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20 livres que l’été va vous permettre de découvrir.

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Classés par couleur (je suis synesthète).

 

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BLEU

BleuUne illusion passagère, Dermot Bolger« Toute relation atteint un stade où les choses sont allées trop loin pour s’arranger. »

Editions Joëlle Losfeld, 2013, 136 pages, 15,90 €

 

La nièce de Fellini, Gilles Verdiani« Personne ne sait comment la postérité choisit parmi les défunts ceux qu’elle aimera. »

Editions Ecriture, mars 2014, 180 pages, 16,95 € 

 

Nous étions une histoire, Olivia Elkaim : « Qu’est-ce qui t’oblige à aimer ton fils ? »

Stock, février 2014, 256 pages, 18,50 €

 

Conception, Ariane Zarmanti« Ton père, tu veux vraiment que je te dise, je l’ai trouvé dans le journal. »

Editions Omniscience, mars 2014, 192 pages, 17,90 €

 

 

ORANGE

Orange.Les cyprès de Patmos, Antoine Silber« Patmos n’est pas une île, mais un rêve d’île. »

Editions Arléa, février 2014, 128 pages, 17 €

 

Nouvelles du couple, collectif : « Je nous voulais, tous deux, et personne d’autre. »

Editions France Empire, mars 2014, 142 pages, 15 €

 

Happé par Sempé, Christophe Carlier : « Sempé était venu à mon secours. Il m’avait distrait de la platitude des choses. »

Serge Safran éditeur, octobre 2013, 76 pages, 7 €

 

Come prima, Alfred : « Je savais pas vers quoi j’allais, mais je savais déjà que je voulais pas rater ça. »

Editions Delcourt, octobre 2013, 224 pages, 25,50 euros

 

ROSE

RoseAu début, François Bégaudeau : « Certains fondent une famille pour racheter la leur. »

Alma éditeur, 2012, 216 pages, 18 €

 

La blancheur qu’on croyait éternelle, Virginie Carton« Lorsque le présent ne propose rien, que l’avenir est incertain, on est parfois tenté de retrouver ce qu’on a bien connu, de revenir là d’où l’on vient. »

Editions Stock, mars 2014, 224 pages, 18 €

 

Les fidélités, Diane Brasseur« J’ai une double vie depuis un an. »

Allary Editions, janvier 2014, 176 pages, 16,90 €

 

Grace Kelly, le roman d’une légende, Sophie Adriansen : « Il suffit d’aller voir derrière le conte de fées pour s’apercevoir que la femme aura tenu des rôles bien différents de ceux que l’on aime à s’imaginer. » 

Editions Premium, 24 janvier 2014, 256 pages + cahier photos 8 pages, 18,90 €

 

VERT

VertLa vie privée, Olivier Steiner« Sa façon de me regarder est déjà une pénétration. »

Gallimard, L’Arpenteur, mars 2014, 148 pages, 13,90 euros

 

Le silence des rails, Franck Balandier : « Ceux qui possèdent les armes ont toujours raison. »

Flammarion, février 2014, 220 pages, 12 €

 

Mon amie américaine, Michèle Halberstadt : « Je ne savais pas que je pouvais fabriquer autant de larmes. »

Albin Michel, janvier 2014, 192 pages, 16 euros

 

Bois sans soif, François Perrin : « Un bar ne constitue ni plus ni moins que la chambre dont on ne dispose pas chez soi. »

Editions rue fromentin, janvier 2014, 140 pages, 16 euros

 

JAUNE

JauneLe saut du requin, Romain Monnery : « Ils avaient couché le premier soir. Elle s’était dit « Soyons fous », il avait trouvé ça normal. »

Au Diable Vauvert, janvier 2014, 272 pages, 17 euros

 

Dossier océan, Claudine Aubrun : « J’étais à la limite. A la limite du défendu mais à la limite tout de même. »

Le Rouergue, février 2014, 107 pages, 9,70 euros

 

Germain dans le métro, Vincent Maston : « Pour calmer mes nerfs, j’applique la seule technique de relaxation que je connaisse. Par petits coups discrets, je fais trébucher les passagers importuns.

JCLattès, février 2014, 304, 17 euros

 

Drôles de familles !, Sophie Adriansen & Claudine Aubrun : « Vivre comme des Peaux-Rouges, c’est ce que propose le Camp du Totem d’or.»

Nathan, L’énigme des vacances, avril 2014, 194 pages, 7,99 €

 

 

 Bon été de lectures !

chaises - Copie

 

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Pourquoi écrivez-vous, Olivier Steiner ?

Olivier.Steiner

Né en 1976, Olivier Steiner est l’auteur de deux romans parus aux éditions Gallimard : Bohème (collection Blanche, 2012, Prix Rive Gauche à Paris 2012) et  La vie privée (collection L’Arpenteur, 2014).

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 Photo (c) Jean-Baptiste Deneuve

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Pourquoi écrivez-vous ?

Il faut bien faire quelque chose de ses dix doigts et de sa vie, j’ai trouvé ça.

SteinerEt puis il me semble que le temps coule mieux quand on écrit.

Mais il faut tout de suite ajouter qu’avant d’écrire il y a lire, il y a la lecture, les livres des autres. Je me demande si on écrit pas aussi pour faire comme les autres, ceux qui ont écrit les livres. Le mystère serait le cas très particulier du premier auteur, celui qui n’avait pas d’exemple à copier ou sur lequel rêver… A quoi pensait-il ? Qu’est-ce qu’il lui a pris ? .

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Ne jamais s’arrêter. Ne jamais terminer quelque chose avant d’avoir commencé autre chose. Rester dans le flux, coûte que coûte, tendu vers les pages blanches.

 

 

 

Précédent rendez-vous : Franck Balandier

Prochain rendez-vous : …

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A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

La vie privée

Bohème

Toutes les réponses à « Pourquoi écrivez-vous ? »

La vie privée, Olivier Steiner

La vie privéePrésentation de l’éditeur :

Huis clos dans une maison du bord de mer. Tandis que la dépouille d’Émile repose dans une chambre à l’étage, le narrateur attend le dominateur. Une voiture se gare, c’est lui, le voilà dans l’embrasure de la porte, pile à l’heure, et sa ponctualité est déjà une forme de sévérité. Se joue alors la scène primitive, danse d’Éros et Thanatos, entre ombres et lumières, «sexe et effroi». Poussés aux derniers retranchements de la chair et de l’esprit, les corps exultent, souffrent et jouissent, livrent leur essence même. Avec La vie privée, Olivier Steiner signe un voyage sans retour, magnifique oraison funèbre, expérience de lecture rare où se dévoile notre humanité dans ce qu’elle a de plus noir et de plus cru.

 

Le narrateur a passé un pacte avec Emile : « Je m’occupe du bois, des courses, du ménage, de toi ; en retour tu me loges et tu me laisses écrire. » (page 75)

Emile dont il est « le défouloir ».

 

Mais Emile, âgé, finit par s’en aller définitivement.

 

Le narrateur passe d’une domination – physique, sexuelle, psychologique – à une autre : dans la maison d’Emile tout juste mort, il laisse entrer un autre maître rencontré sur un site fait pour cela.

 

Olivier Steiner écrit ces choses qu’on n’a pas envie de lire mais qu’on lit quand même, naviguant entre fascination et dégoût. Ces choses qui se font mais qui ne s’écrivent pas. Il parvient à mettre en mots ces sensations abstraites qui emplissent l’âme quand le corps est pénétré. « Je ne peux plus me projeter dans l’avenir. Tout pourrait s’arrêter là et ce serait parfait. »

 

Sa prose est entêtante, magnétique quand elle n’est pas répulsive. Son écriture est crue et violente autant que sensible et tendre.

 

La vie privée est un huis clos suffocant et sombre qui fait sur le lecteur l’effet du jeu du foulard : l’air manque mais la sensation est grisante.

 

Gallimard, L’Arpenteur, mars 2014, 148 pages, 13,90 euros

 

A lire aussi sur Sophielit :

Bohème

 

Fragments :

 

« Un cadavre n’est pas un secret qu’on garde pour soi. » (page 20)

 

« Cette journée existe, je ne fais qu’écrire dans le prolongement des heures vécues. » (page 22)

 

« Je suis ce moucheron obstiné qui tournoie autour du lampadaire, c’est plus fort que moi il faut que je m’approche, que je m’approche, toujours plus près de la lumière. » (page 27)

 

« Sa façon de me regarder est déjà une pénétration. » (page 35)

 

« Le secret c’est de se laisser faire. » (page 52)

 

« Il n’y a pas d’histoire, pas le moindre enseignement ; il n’y a que ce qui est maintenant. » (page 54)

 

« Je suis facultatif. » (page 61)

 

« Je ne suis pas une victime mais une offrande. » (page 64)

 

« La beauté n’a de sens que liée à une fonction. » (page 84)

 

« Chacun prend son plaisir là où il peut. Il se trouve juste que nos plaisirs se correspondent. » (page 93)

 

« Le malheur c’est la peur. Et la peur arrive quand on se met à penser à la suite. » (page 113)

 

« Est-ce qu’on existe quand personne n’est là pour nous regarder ? » (page 134)

 

« La vie est trop lourde et la mort trop légère, c’est irrésistible. » (page 143)

Bohème, Olivier Steiner

Bohème raconte une passion épistolaire moderne entre deux hommes d’âge et de condition différents. Bohème est un premier roman servi par une écriture époustouflante. Bohème est un concentré de perles littéraires. En voici une sélection.

 

 

« Quelqu’un qui me dit « je me sens coupable », j’ai envie de l’envoyer à la messe ou sur le divan, en revanche quelqu’un qui me dit qu’il a honte, qu’il ressent une forme de honte, j’ai envie de lui sourire tendrement et de lui dire : « Toi, je te reconnais ». » (page 28)

 

« Nous nous sommes dit que nous nous aimions donc normalement l’histoire est finie, il n’y a plus rien à ajouter. Comment survivre ? Comment poursuivre ? Les corps manquent. Pour continuer il faudrait un obstacle. » (page 39) Lire la suite