Garçon manqué, Liz Prince

Garçn manquéPrésentation de l’éditeur :

 

Liz Prince a grandi dans la banlieue de Santa Fé, au Nouveau Mexique, à la fin des années 1980. Elle n’était pas du tout girly et détestait s’habiller « en fille », mais elle n’était évidemment pas non plus un garçon, comme lui fit clairement comprendre le coach de base-ball de l’équipe junior locale. Elle était quelque part entre les deux. Et ce n’était pas une zone très confortable, avec les forces de l’école primaire, du collège, de ses parents, de ses amis et de ses amours qui la tiraillaient dans un sens ou dans l’autre… Petit à petit, au fur et à mesure de ses rencontres, elle apprend à composer avec les réactions de son entourage et à se construire une identité propre.

 

Au fil de cet album, un véritable roman graphique, avec son découpage en chapitres qui sont autant d’étapes initiatiques pour la narratrice, Liz Prince aborde avec légèreté les difficultés, tout sauf légères pourtant, qu’elle a connues en tant que « garçon manqué », du moins en tant que fille, incontestablement fille, qui se trouvait bien des points communs avec les garçons… (et pas seulement parce qu’elle détestait porter des robes)

 

Ce n’est pas une leçon, rien d’autre qu’un récit autobiographique, donc forcément personnel et subjectif. Cela n’empêche pas de susciter la réflexion sur cette question du genre qui fait couler beaucoup d’encre ces temps-ci.

garconmanque1Liz Prince fait montre d’un sacré recul, d’un indéniable sens de l’autodérision, et d’un humour à (presque) toute épreuve – pour le plus grand plaisir de son lecteur.

 

Un ouvrage rythmé, des dessins simples mais efficaces, et un livre réussi qui ne parlera pas qu’aux adolescents en pleine quête identitaire.

 

Lire un extrait ici.

 

Editions ça et là, octobre 2014, 256 pages, 20 euros

 

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La nomade, Christelle Bechouche

La nomadePrésentation de l’éditeur :

Anouck est une enfant rebelle, écorchée vive, ingérable. À 13 ans, elle s’enfuit du monde bourgeois où sa mère veut l’enfermer. Elle apprend la rue, l’errance, la drogue, le froid, la faim… Mais aussi l’amour, la confiance et la liberté. Elle arpente les bas-fonds de la société, en toute insouciance. Le danger ne la touche pas : drogue, milieux mafieux, réseaux de prostitution, zones de guerre, mouroirs de Calcutta… Aucune épreuve ne l’abat. Elle a une foi invincible en elle, en la vie, en l’humain, qui lui permet de tout affronter. Y compris la relation, distante, intense et passionnelle, avec sa mère.

La gosse des rues devient une jeune femme sûre d’elle et de ses choix, qui se lance dans l’écriture avec la même ferveur qu’elle s’était lancée dans l’aventure, de l’Allemagne à la Guadeloupe, du Pakistan à la Chine, de l’Inde au Cambodge. Une quête de soi, éprouvante, émouvante, qui aboutit à une véritable renaissance.

 

« On ne s’élève pas dans la rue », dit Cléopâtre, ainsi qu’est surnommée la mère, à sa fille. Pourtant la rue va faire grandir Anouck, va l’armer différemment que l’auraient fait les livres, ou l’éducation maternelle, mais peut-être pas moins efficacement.

Ses péripéties en forme de fuite – de sa mère, de l’ennui, des contraintes et de toute forme d’autorité – sont menées tambour battant et racontées à un rythme encore plus trépidant. Mais on ne peut fuir indéfiniment, et il faudra bien que l’oiseau Anouck, tôt ou tard, songe à se poser.

Une quête identitaire qui se lit très facilement, rendue particulièrement vivante par les nombreux dialogues.

Premier ouvrage de Christelle Bechouche, La nomade est un roman d’apprentissage sur fond de fin de siècle. C’est l’aventure à laquelle rêvent les petites filles bien nées.

 

Jacques-Marie Laffont éditeur, octobre 2010, 280 pages, 18,90 euros

 

Citations :

 

« Je construis ma vie comme un maçon bâtit un domaine qu’il n’habitera jamais. » (page 9)

 

« A force de trop chercher, on ne trouve rien. » (page 108)

 

« Si je te coupe les ailes, tu ne seras plus mon oiseau ! » (page 208)

 

« Tu ne peux pas être actrice dans la vie de ceux que tu rencontres en voyage. Tu ne peux être que témoin. […] Le voyage, c’est très formateur, instructif, riche en tout ce que tu veux… Mais il y a un vrai danger, l’oubli de soi. On vit au travers des gens, de l’aventure, jamais sa propre vie. C’est un piège. Quand on y prend goût, on ne peut plus s’arrêter. Se poser devient un vrai cauchemar. Se prendre la réalité de son propre monde en pleine gueule, cela demande beaucoup de recul ! » (page 221)

 

« Après tout, pourquoi la mort, aussi silencieuse et brumeuse soit-elle, ne serait-elle pas un beau voyage ? » (page 252)