Lise et les hirondelles

Lise.jpgOn peut la voir comme la « grande soeur » de Max, le narrateur de Max et les poissons. Lise découvre les affres de l’adolescence en même temps que les drames et les injustices de la guerre… Ce roman est dédié à la mémoire d’Hélène, née en 1926, qui il y a quelques années a partagé avec moi ses souvenirs.

 

Une adolescence dans la tempête de la guerre
À treize ans, Lise a une passion pour les hirondelles. Mais lorsqu’elle les voit revenir à Paris en cet été 1942, les oiseaux ne parviennent pas à lui faire oublier les conséquences de l’Occupation : le rationnement, les alertes, la fermeture de l’atelier de confection familial, l’attitude de ses amis depuis qu’elle porte une étoile jaune sur ses vêtements.

Le 16 juillet, la vie de Lise bascule lorsqu’elle assiste impuissante, de la fenêtre de ses voisins, à l’arrestation de toute sa famille…

Nathan, février 2018

L’illustration de couverture est l’oeuvre de Tom Haugomat, qui avait déjà illustré Max et les poissons.

fort mahon

 

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Des milliers de places vides, Alain Wagneur

Présentation de l’éditeur :

places videsRentrée des classes, automne 1942. Des enfants manquent à l’appel, laissant des milliers de places vides sur les bancs des écoles de France. Arrêtés lors de la grande rafle de juillet, ils seront portés absents, souvent sans autre commentaire.
Alain Wagneur, directeur d’école à Paris, a cherché dans les comptes rendus des conseils des maîtres, les registres d’inscription et les circulaires administratives de l’époque, comment ses collègues avaient réagi face aux lois antijuives et à l’arrestation de leurs élèves.
À travers ce récit, qui se lit comme un roman de l’enquête, il retrouve le souvenir de ces écoliers “partis sans prévenir” et interroge une institution scolaire encore insuffisamment confrontée à son histoire. Il rend aussi hommage aux enseignants qui ont contribué à sauver leurs élèves menacés.
Ce texte qui entre en résonance avec notre époque pose inlassablement la question de l’attitude que nous aurions eue en ces heures tragiques, et de celle que nous pourrions avoir si le racisme et la xénophobie devaient gagner la partie sur les principes de la République et de son École.

Lors de la rafle du Vel d’Hiv’, en juillet 1942, 4 115 enfants ont été arrêtés. Cela correspond aux effectifs de plus de cent classes. Mais dans les faits, ils appartenaient à bien plus de classes, dans des écoles de toute la capitale.

A l’école de la rue des Hospitalières-Saint-Gervais, dans le 4ème arrondissement de Paris, seulement quatre enfants se présentent le jour de la rentrée de septembre 1942. Les autres ont été arrêtés pendant l’été – ils seront au total 260 élèves de cette école à disparaître.

« Dans la rédaction du récit historique, le premier acteur est celui ou celle qui décide de conserver un document plutôt que de le détruire. », affirme Alain Wagneur. Directeur d’école à Paris, il a fouillé dans les archives, consulté les registres, cherchant à savoir comment l’institution, et ses collègues prédécesseurs, avaient réagi et agi.

La tache n’est pas simple. Wagneur livre ici le récit de ses recherches, de ses espoirs, raconte l’absence de documents ou d’indications à laquelle il se trouve trop souvent confronté. Par le biais de ses recherches, Wagneur rencontre ceux qui se sont tus – mais se taire ne signifie pas nécessairement oublier pour autant.

Quand les enfants arrêtés sont mentionnés dans les registres, on les découvre radiés en juillet 1942, avec ce commentaire : « Israélite. Parti sans prévenir. »

Ce livre est passionnant. Il se lit comme une enquête dont on connaît depuis toujours le coupable. Depuis soixante-dix ans, du moins. C’est aussi un hommage rendu à la laïcité et cette institution de la République, de plus en plus malmenée, qui reste un lieu de protection où l’enfant est la priorité.

Il est admirable qu’Alain Wagneur ait eu l’idée, et l’énergie, de mener à bien ce travail de fourmi.

Et, alors que l’écrivain-directeur d’école souligne que les plaques qui ornent les écoles de Paris donnent un monument funéraire à ces enfants qui n’en avaient pas, le lecteur sait que ce livre aussi.

Actes Sud, octobre 2014, 256 pages, 22, 80 €

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Max et les poissons

Toutes les chroniques liées à la Seconde Guerre mondiale

Au tableau :

« Des bâtiments historiques tellement réhabilités qu’ils en ont perdu leur passé. » (page 15)

« On passe sa vie à passer des examens, sans même le savoir. » (page 39)

« Dans la rédaction du récit historique, le premier acteur est celui ou celle qui décide de conserver un document plutôt que de le détruire. » (page 102)

« C’est toujours un peu dangereux, une bibliothèque. La connaissance n’est pas sans risques. » (page 203)

« Eduquer, c’est semer à tout vent. Sur quel terrain ces graines tomberont-elles ? Qu’importe ! » (page 233)

« Ça fait près de cinquante ans que je redouble mon CM2. » (page 253)

« Pour nous, la mort existe un peu comme ces trains que l’on ne prend pas. » (page 260)

Max et les poissons, Sophie Adriansen

Max et les poissons. Sophie ADRIANSENIl s’appelle Max. Il est bon élève. Il a reçu un prix d’excellence, et un poisson en récompense.

Il a 8 ans. Enfin pas complètement. Il doit les fêter le 16 juillet 1942, mais ce jour-là a lieu un événement bien plus important.

Du Vel’ d’Hiv’ au camp de Drancy, du camp de Drancy à la campagne où il apprend à pêcher, Max traverse la deuxième moitié de la guerre au rythme de son jeune âge.

Avec un poisson comme bonne étoile.

Max et les poissons est ma quatrième publication jeunesse, après J’ai passé l’âge de la colo ! (Volpilière), Le souffle de l’ange (Nathan) et Drôles de familles ! (Nathan). Il paraît en librairie ce jeudi 5 février.

Ce Max qui m’est si cher, j’ai hâte que vous le rencontriez.

Editions Nathan, février 2015, 96 pages, 5 euros

Illustrations de Tom Haugomat

Voir la présentation sur le site de l’éditeur

 

Le tout début du livre :

J’ai mon poisson ! Il est rouge, avec un peu de jaune. Ils sont tous rouges ou argent, mais le mien est le seul qui soit tacheté de jaune. C’est ma récompense : à l’école, j’ai reçu un prix d’excellence.

Je l’ai appelé Auguste, parce que ses couleurs me rappellent celles du chapiteau du cirque, et que le clown si drôle s’y nommait Auguste. Je le rapporte dans une poche en plastique pleine d’eau. Je le tiens fièrement. Qu’il est beau ! Ces grandes vacances vont être incomparables.

L’eau se met à faire des petites vagues. Maman serre ma main un peu plus fort. Au bout de la rue passent des Allemands. Ça fait un bruit du tonnerre. Les Allemands, ce sont des gens en uniformes vert foncé qui portent des fusils et ne sourient jamais. Ils marchent souvent tous en même temps et font trembler les rues avec leurs bottes en fer.

La guerre, ça fait marcher les Allemands dans les rues et serrer fort les mains des petits garçons.

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Les premiers retours de lecture sont déjà sur la toile !

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