C., Lolita Sene

Présentation de l’éditeur :

C lolita seneC’est la Chandeleur. Deux amies, que je n’ai pas vues depuis plusieurs mois, viennent passer l’après-midi chez moi. J’ai préparé des crêpes, on a ouvert une bouteille de cidre. Tout pourrait être tranquille, une partie de cartes ou simplement bavarder, mais je les sens ailleurs.
Très vite, la cocaïne s’invite au centre de la discussion.

Elles racontent combien elle était bonne, le premier dealer qui n’est pas venu, l’argent qu’elles se doivent. Je ne dis rien, je n’ai plus rien à dire sur le sujet. Muette, je les considère en sirotant mon verre.

Elles finissent par sortir la poudre.

« Ça te dérange si on se fait une ligne ? »

À travers le personnage de Juliette, Lolita Sene raconte ses années d’addiction à la cocaïne.

De sa province natale à Paris ou elle travaille dans l’événementiel, du monde euphorique de la nuit aux soirées en appartement, de son cercle d’amis à ses histoires d’amour, Juliette rencontre de la cocaïne partout. Soutien factice de la confiance en soi, celle-ci s’est considérablement banalisée. Comme les autres, Juliette sombre dans la dépendance.

Portrait d’une génération sans cesse en représentation, avide de rêves mais désorientée, C. montre toute la détermination qu’il faut pour s’affranchir de cette drogue dure et redonner un sens à sa vie.

Sous-titré « La face noire de la blanche », ce premier livre de Lolita Sene, qui se cache derrière le prénom de Juliette pour se raconter, est le récit d’une descente aux enfers qui prend les allures d’une intégration pétillante et joyeuse dans le monde parisien de la nuit.

Les journées de Juliette deviennent de plus en plus courtes, ses nuits de plus en plus longues, elle se met à mépriser ceux qui occupent les leurs à dormir – les nuits blanches n’ont jamais aussi bien porté leur nom. « J’ai toute la vie », pense-t-elle avec l’insouciance de son âge. Mais quelle est la véritable consistance du présent quand tout est biaisé ?

La cocaïne, cette drogue qu’on a aimé faire rimer avec réussite, performance et créativité, que certains milieux ont totalement banalisée, qui donne l’impression de maîtriser son corps et sa vie alors que c’est précisément l’inverse, se fait festive avant de devenir un antidépresseur lorsque l’organisme s’y est habitué.

Lolita/Juliette raconte l’accoutumance qui s’installe imperceptiblement, le craving, cette furieuse envie de coke qui vient avec l’alcool, les descentes qui empirent, de plus en plus vertigineuses, les chemical relationships, amitiés ou amourettes nées autour de la drogue et qui ne tiennent que par elle, la prise de conscience, la décision d’arrêter qui se heurte à l’incompréhension de l’entourage, la honte tenace de ne plus rien prendre, de passer pour une fille rangée, une oie blanche, et les rechutes, les « juste une » qui refont plonger dans la spirale infernale, la blanche qui noircit tout.

Son livre est aussi la peinture du milieu dans lequel évolue la narratrice, celui de l’événementiel, des soirées, de la musique, où l’on paye tout naturellement une jeune femme en cocaïne pour qu’elle pose nue sur la pochette d’un disque.

C. est la trajectoire d’une jeune femme qui grandit une paille à la main, qui en quelques années « vieillit avec fulgurance », et c’est aussi un avertissement quant à cette drogue dont on oublie facilement qu’elle en est. Édifiant.

Robert Laffont, mars 2015, 216 pages, 17 euros

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Flashs :

« A vouloir se démarquer, ils se ressemblent tous. » (page 34)

« Quand tu consommes, je suis ton âme. » (page 77)

« On avait perdu ces corps brûlants, j’aurais dû m’en apercevoir plus tôt. » (page 84)

« Quand la nuit te happe, c’est comme une couverture sombre qui t’enveloppe. Au début, tu t’y sens bien parce que c’est chaud, moelleux. Et puis un jour, tu commences à avoir froid. » (page 139)

« Existerait-il une hiérarchie de la dépendance dans laquelle je ne serais pas assez gradée ? » (page 160)

« S’il en prend seul, il n’y a plus le même enjeu. S’il en prend seul, il reconnaît qu’il est dépendant. » (page 165)

« Paris est vêtue de nuit. » (page 168)

« Je suis un trou qui s’est creusé. » (page 185)

« Depuis la fin de mon sevrage, il ne m’est pas venu une seule fois l’envie de mourir. » (page 203)

Dans la mer il y a des crocodiles, Fabio Geda

Présentation de l’éditeur :

dans la mer il y a des crocodilesDix ans, ou peut-être onze. Enaiat ne connaît pas son âge, mais il sait déjà qu’il est condamné à mort. Être né hazara, une ethnie persécutée en Afghanistan, est son seul crime. Pour le protéger, sa mère l’abandonne de l’autre côté de la frontière, au Pakistan. Commence alors pour ce bonhomme « pas plus haut qu’une chèvre » un périple de cinq ans pour rejoindre l’Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce. Louer ses services contre un bol de soupe, se dissimuler dans le double-fond d’un camion, braver la mer en canot pneumatique, voilà son quotidien. Un quotidien où la débrouille le dispute à la peur, l’entraide à la brutalité. Mais comme tous ceux qui témoignent de l’insoutenable, c’est sans amertume, avec une tranquille objectivité et pas mal d’ironie, qu’il raconte les étapes de ce voyage insensé.

Ce récit est « l’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari », qui a quitté l’Afghanistan à l’âge supposé (on n’est jamais certain de son âge quand on n’a pas de date de naissance officielle) de dix ans, a passé plus d’un an au Pakistan, trois en Iran, avant de traverser la Turquie et la Grèce pour enfin arriver en Italie.

A Fabio Geda, Enaiatollah raconte son périple. L’Afghanistan, où retourner est bien plus facile que d’en sortir. L’Iran où, quand on expulse quelqu’un, c’est lui qui doit payer son retour. La Turquie, où le groupe dont il fait partie part à 77, à pied, à destination d’Istanbul, en passant par la montagne, et arrive avec douze personnes de moins, mortes en chemin.

Il raconte les mésaventures, la peur, la nécessité d’avancer la nuit, de dormir le jour. Et ce moment où l’on décide qu’on ne reviendra pas en arrière.

Partir est facile et donné à (presque) tout le monde ; arriver, en revanche, est plus incertain. Ce court livre, qui a été traduit dans de nombreuses langues, est le récit par un adolescent, fort et sans pathos, de cette quête ultime, celle d’un endroit qu’il puisse enfin appeler « chez lui ».

traduit de l’italien par Samuel Sfez

Éditions Liana Levi, collection Piccolo, 2011 (et grand format 2012), 176 pages, 8,50 €

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En chemin :

« Il faut toujours avoir un désir devant soi. » (page 12)

« Sur les trottoirs tellement de gens qu’il ne devait plus y avoir personne dans les maisons. » (page 20)

« La peur est attirante quand on ne sait pas la reconnaître. » (page 28)

« Mon corps a dormi, mais dans mes rêves j’étais éveillé. » (page 33)

« Pour vivre nous sommes disposés à faire des choses qui ne nous plaisent pas. » (page 48)

« Je n’ai pas envie de parler des gens. Je n’ai pas envie de parler des lieux. Ce n’est pas important. Les faits sont importants. L’histoire est importante. Ce qui change ta vue, c’est ce qui t’arrive, pas les lieux ni les gens. » (page 50)

« Je me sentais à la maison, ou du moins j’espérais y être, avoir trouvé un endroit où on me traiterait bien, ce qui revient au même. » (page 65)

« Destin et destination, ça se ressemble, pas vrai ? » (page 68)

« J’ai changé mes billets en pièces ; ainsi, j’avais l’impression d’en avoir beaucoup plus. » (page 73)

« Un cadeau, ce cahier à la couverture noire dans lequel j’oubliais des choses que je pouvais ensuite oublier, vu que je les avais notées. » (page 75)

« Je commençais à penser que dormir était une erreur. Qu’il valait peut-être mieux rester éveillé la nuit, pour éviter que les gens dont j’étais proche disparaissent dans le vide. » (page 75)

« Quand on n’a pas de famille, les amis sont tout. » (page 76)

« Le choix d’émigrer naît du besoin de respirer. » (page 83)

« Même à quelqu’un qui n’a rien, on peut prendre quelque chose. » (page 92)

« Pour savoir les choses, il suffit parfois de demander. » (page 96)

« A partir d’un certain moment, j’ai cessé d’exister. » (page 112)

« Il faut toujours avoir des vêtements neufs quand tu arrives dans un endroit où tu comptes pour rien. » (page 118)

« Au bout d’un moment, mon estomac a commencé à gronder plus fort que mon orgueil. » (page 144)

« De temps en temps, les immigrés sont une arme secrète. » (page 146)

« La patience sauve la vie. » (page 153)

« Le temps ne passe pas à la même vitesse dans toutes les parties du monde. » (page 167)

« Tu deviendras un homme dans une langue que tu n’as pas apprise par ta mère. » (page 169)

Les mots qu’on ne me dit pas, Véronique Poulain

Présentation de l’éditeur :

 

poulain« “ Salut, bande d’enculés ! ”
C’est comme ça que je salue mes parents quand je rentre à la maison.
Mes copains me croient jamais quand je leur dis qu’ils sont sourds.
Je vais leur prouver que je dis vrai.
“ Salut, bande d’enculés ! ” Et ma mère vient m’embrasser tendrement. »

Sans tabou, avec un humour corrosif, elle raconte.

Son père, sourd-muet.

Sa mère, sourde-muette.

L’oncle Guy, sourd lui aussi, comme un pot.

Le quotidien.

Les sorties.

Les vacances.

Le sexe.

D’un écartèlement entre deux mondes, elle fait une richesse. De ce qui aurait pu être un drame, une comédie.

D’une famille différente, un livre pas comme les autres.

 

 

Petite fille, la narratrice est en constant décalage horaire, navigant entre les étages de son immeuble : « Au troisième, avec mes grands-parents, j’entends et je parle. Beaucoup. Très bien. Au deuxième, avec mes parents, je suis sourde. Je m’exprime avec les mains. » La petite-fille vit avec ses grands-parents ce qu’elle ne peut vivre avec ses parents ; les grands-parents, eux, rattrapent avec elle ce qu’ils n’ont pas pu vivre avec leurs enfants.

Elle aurait préféré avoir des parents entendants ; elle comprend en grandissant que ses parents, eux, auraient préféré avoir un enfant sourd. Aucun d’eux n’aime le fossé, infranchissable, qui les sépare définitivement.

 

Elle qui parle est habituée au silence. Elle a grandi avec lui. Elle en a besoin. Ce qui rend complexes également ses rapports aux autres entendants, qui ont poussé dans le bruit.

 

Dans une prose brute, Véronique Poulain dépeint un univers auquel les entendants ne connaissent rien, Son livre est une succession de situations parfois cocasses – comment distinguer, par exemple, le mot « escalope » d’ « interprète », qui nécessite les mêmes mouvements des lèvres ? –, parfois d’une tristesse infinie, souvent touchantes. Si l’auteur ne se montre pas toujours tendre avec les siens, c’est pour mieux dire qu’elle les aime.

 

Les mots qu’on ne me dit pas est un livre différent et inclassable. Le récit d’un choc de culture. D’un dialogue de sourds.

 

Et une mise en lumière nécessaire, également, de la langue des signes, si expressive, si différente de la nôtre aussi : pas de conjugaison, pas de temps. Seul le mouvement du corps, vers l’arrière ou vers l’avant, distingue le passé du futur. De quoi considérer autrement le langage non-verbal de tous, y compris des entendants.

 

Editions Stock, août 2014, 144 pages, 16.50 €

 

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Mots dits :

 

« Les regards et les gestes remplacent les mots. » (page 14)

 

« Je décide que ma différence sera un atout. » (page 28)

 

« Ce sont les autres qui regardent mes parents comme s’ils étaient débiles. Ce sont les autres qui pensent qu’avoir des parents sourds, c’est dramatique. » (page 30)

 

« Le rêve prend toute la place et la réalité m’ennuie. » (page 33)

 

« Je dévore les mots qu’on ne me dit pas. » (page 45)

 

« C’est parfaitement injuste et injustifié mais quoi qu’ils fassent, ils m’énervent. » (page 60)

 

« On n’imagine pas à quel point les sourds sont bruyants. » (page 67)

 

« Les émotions des sourds s’entendent. » (page 76)

 

« Entre la couleur et la musique, je choisis la couleur. » (page 87)

 

« Dans la famille, la vraie muette, c’est moi. » (page 137)

Dix-sept ans, Colombe Schneck

Présentation de l’éditeur :

17-ans« On m’a élevée ainsi : les garçons et les filles sont à égalité. Je suis aussi libre que mon frère, ma mère est aussi libre que mon père. C’est faux. Je suis une fille, pas un garçon. J’ai 17 ans, mon corps me trahit, je vais avorter.

J’y pense toujours, je n’en parlerai jamais à personne. Parfois, je ne suis pas loin de dire le mot, de le partager  avec une amie proche. Et puis non, je renonce. Pourquoi ce silence ? » C. S.

 

 

Colombe Schneck, écrivain, journaliste, issue d’un milieu aisé aux mœurs libres et à la communication facile, a avorté à dix-sept ans, à la veille de son baccalauréat. Trente ans plus tard, et pour la première fois, elle raconte « comment, par accident, [elle est] entrée dans le monde des adultes ».

 

Tout l’a préparé à ce que cela ne lui arrive pas, pas à elle, elle n’est pas de celles qui se laissent surprendre, pas de celles dont la route connaît un accident. Elle a d’autres ambitions. Et les enfants, ce sera le plus tard possible. Il y a tant à vivre avant.

C’est arrivé pourtant.

En douceur, elle raconte sa décision, l’intervention après laquelle on n’apporte ni fleurs ni chocolats, le monde autour, à l’heure où les slogans des années 70 ont été digérés par la société.

 

Une lycéenne qui avorte à la veille du bac, presque un non événement. Mais suffit-il de se débarrasser de la graine encombrante pour revenir au monde ?

 

En peu de pages, peu de mots, Colombe Schneck rappelle les souvenirs enfouis et donne sa version d’un événement qui n’est jamais banal, dont on ne sort jamais indemne, qu’on soit femme ou homme. Et revient sur les origines de la loi Veil, tout en s’adressant enfin à celui qui n’a jamais existé.

Un livre bref pour ne pas oublier qu’avorter n’est jamais anodin ni facile.

 

Editions Grasset, janvier 2015, 96 pages, 10 euros

 

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Entre guillemets :

 

« J’entrevois que mon monde peut se fissurer. » (page 34)

 

« Ce n’est pas mon genre d’être enceinte, de ne pas choisir, de ne pas être libre. » (page 41)

 

« Les problèmes, dans cette vie d’alors, partent aussi vite qu’ils sont arrivés. » (page 51)

 

« Avorter ce n’est pas une faute mais, comme tout accident, c’est quelque chose à soustraire dans nos vies. » (page 68)

 

« Il s’agit de mon corps de jeune fille. » (page 80)

 

« Et toi, tu es un mort de plus ou un mort de moins ? » (page 89)

La folle semaine

LivresHebdo 4.12.13Parce que les mini cyclones ne sont pas si fréquents (pour moi en tout cas), que j’en ai vécu un le mois dernier et que je voulais ne rien en oublier, j’ai tout consigné dans ce petit texte. Un cyclone dont l’œil ressemble au plus grand acteur comique français d’après-guerre…

 

Le vendredi 4 janvier, Livres Hebdo dégaine le premier, annonçant même la sortie du livre pour le 11 (il ne doit paraître que le 18). Le lundi 14, l’équipe du site MyBoox me pose quelques questions et me demande de lire un extrait devant leur caméra. Un premier clip sera monté et mis en ligne le jeudi 17. Ce même lundi 14, la toute première lectrice, une amie, m’envoie un message : elle a pris sur son sommeil pour avancer dans le livre, tant elle n’a pu s’en détacher. Cela me met en joie. Les bloggeuses sont comme souvent les premières sur le coup : Martine, Lili Galipette, Claire écrivent de beaux billets.

 

Débute alors la folle semaine.

 

Lundi 21 janvier, le site de TV Mag annonce la soirée spéciale de Funès du mercredi 23 en présentant mon livre. La brève est reprise par les TV Mag papier des quotidiens Libération Champagne, L’Est éclair, Le Républicain lorrain, L’union, Le Pays-Belfort. La République du Centre, le quotidien de la région d’Orléans dont je suis originaire, me propose une interview téléphonique pour le lendemain. Dans la soirée, l’encadré du livre que j’ai consacré à Louis de Funès et à ses voitures est publié dans la rubrique Périscope de Caradisiac, incontournable site automobile.

 

Mardi 22 janvier, je vais répondre aux questions de François, l’intervieweur qui profite de ses entretiens pour tirer les vers du nez de ses invités… toujours avec les meilleures intentions. L’après-midi, la journaliste de La République du Centre me fait parler de Louis de Funès mais aussi de mes autres livres et de ma dédicace de samedi 26 à Passion Culture, la plus grande librairie d’Orléans. La journaliste me demande aussi de faire une photo avec le livre et de la lui envoyer dans la soirée. Je m’exécute (Rodolphe joue les photographes), passe la photo en noir et blanc parce que je ne suis pas complètement satisfaite du résultat. « Très bien, vous me l’envoyez en couleurs ? » Bon.

Sur TV Vendée, dans La Grande Emission, Aïda présente mon livre et rappelle que le succès de Funès est allé jusqu’en Roumanie.

 

on airMercredi 23 janvier, Brice de Nostalgie Belgique, grand fan de Louis de Funès, me propose d’enregistrer une interview par téléphone qui sera diffusée à l’occasion de la Maxi Story de Funès qu’il prépare pour le week-end anniversaire. Je donne l’interview depuis mon téléphone portable après un essai moins concluant depuis la ligne fixe. Sur le DailyELLE, Sophie Fontanel annonce la soirée spéciale sur TMC avec une image : la couverture de mon livre. Je me rends ensuite dans les locaux de Vivre FM, dans le VIIIème arrondissement de Paris, pour enregistrer dans les conditions du direct une petite heure d’émission sous la forme de trois séquences de 12 minutes entrecoupées d’extraits de dialogues cultes, d’interviews de Louis de Funès et d’un medley des génériques de Vladimir Cosma. Christophe, l’animateur, s’est renseigné à mon sujet et il montre un grand intérêt pour Trois années avec la SLA, le témoignage de mon oncle, une fois que les micros sont coupés.

 

Plus tard dans l’après-midi, je me vois obligée – j’en pleurerais – de refuser BFM TV qui me propose d’intervenir en plateau le samedi soir à 19h. Samedi, je fais ma dédicace à Orléans, je ne pourrai jamais y être à temps. En fin de journée, je réponds par téléphone à quelques questions d’une journaliste de 20 Minutes qui cherche à comprendre pourquoi Louis de Funès est encore si populaire aujourd’hui.

 

Jeudi 24 janvier, je prends le TGV pour Nantes. Je suis invitée dans l’émission « Ce soir avec vous » de France 3 Pays de la Loire, dont le déroulé prévoit toujours un entretien d’une dizaine de minutes du journaliste avec une personnalité ( !). Nantes, c’est la région du château qu’avait acquis Louis de Funès ; c’est aussi à l’hôpital de Nantes qu’il est mort, le 27 janvier 1983. France 3 12L’émission est enregistrée en fin de journée en public et dans les conditions du direct au Trempolino, une salle de spectacles située juste à côté des Machines de l’île. Mon intervention est notamment précédée d’un débat sur le mariage pour tous plutôt animé. Mon stress (important) s’avère (comme souvent) inutile : l’enregistrement se passe très bien.

 

Le technicien qui me raccompagne à la gare est sur le pied de guerre : Gabart s’apprête à terminer le Vendée Globe avec une semaine d’avance sur toutes les anticipations. Il va pulvériser le record de Jules Verne de 80 jours. L’équipe au complet va déplacer le matériel aux Sables d’Olonne dès le lendemain matin. Je ne suis pas encore dans le train qu’une journaliste de M6 me téléphone pour caler le tournage du lendemain matin : je vais être filmée pour le JT du dimanche. Elle a un souvenir très personnel autour de Louis de Funès et de son papa à elle qu’elle me confie et sur lequel elle voudrait mon avis. Je ne sais pas quel âge a cette journaliste, mais soudain, après que les aspects pratiques du tournage sont calés, c’est une petite fille que j’ai au bout du fil.

 

20MinutesVendredi 25 janvier, je me lève en ne pensant qu’à une chose : M6. Je pars pour Courbevoie, ville natale de Louis de Funès. En chemin, un SMS, puis un autre, m’informent que je suis citée à plusieurs reprises dans l’article du quotidien 20 Minutes (la journaliste m’avait dit que son article était destiné au site Internet uniquement). Sur 20minutes.fr figure une version plus longue du même article.

 

L’équipe de M6 a prévu de me filmer là où se tiendra à partir de lundi 28 une exposition d’affiches de films de Louis de Funès. L’exposition n’est pas encore installée. La journaliste et moi choisissons quelques affiches, sous l’autorité du collectionneur, les faisons accrocher et la journaliste me filme tout en me posant des questions. La séquence sera diffusée dans le 19.45, le journal télévisé du lendemain soir.

 

13h tf1 25.01.2013Je prends la route pour Orléans. A 13h30, un premier message m’informe que Jean-Pierre Pernaut vient de présenter mon livre pendant son journal télévisé. C’est à peine croyable. Le 13h de TF1, c’est la plus grosse part d’audience d’Europe à cette heure-ci. Entre six et sept millions de téléspectateurs. Je savais que l’animateur avait demandé à recevoir l’ouvrage, mais je savais également qu’il en avait demandé d’autres, et rien n’est jamais certain avec la télévision…

 

Ca et là, on me signale qu’on a vu mon livre. Anne-Claire tombe dessus en faisant ses courses à Carrefour, Charlotte en photographie une pile dans sa librairie favorite du Mans. Le site de L’Express, qui a consacré la veille un article à Louis de Funès, fait une mise à jour en mentionnant mon livre. Cinéobs présente deux ouvrages consacrés à l’acteur. Le mien est le premier des deux. Un journaliste de Sud Radio m’appelle pour me demander si lundi, en plus de l’émission à laquelle il est prévu depuis plusieurs jours que je vienne participer en direct dans les locaux parisiens, je serais d’accord pour faire une mini-interview en direct par téléphone pour le décrochage du sud de la France. Je suis d’accord. En région Pays de la Loire, l’émission Ce soir avec vous est diffusée après le Soir 3. Je m’endors sans savoir à quoi a ressemblé ma prestation.

 

LdF Adriansen_La RèpSamedi 26 janvier, la neige commence à fondre. La journée orléanaise commence par l’ouverture du journal local. A partir de notre conversation téléphonique, la journaliste a fait un grand portrait de moi, axé sur Louis de Funès mais aussi un peu sur Quand nous serons frère et sœur, mon roman à paraître (le premier pour adulte) et que je vais signer en avant-première l’après-midi, qui occupe un beau morceau de la page de La République du Centre. Ma photo y est, en couleurs. Nathalie, une libraire de Toulouse, m’envoie une photo de mon livre dans sa librairie. Elle-même adore Louis de Funès.

 

La librairie Passion Culture d’Orléans m’accueille pour trois heures de dédicace. Les deux tiers des livres que l’on me demande de signer sont des biographies de Louis de Funès. Après un échange assez long autour d’anecdotes de tournages, un couple passionné par l’acteur ose : « On peut vous faire la bise ? » Louis de Funès, ça rapproche.

 

Peu après 20 heures, François me fait remarquer que je passe bien à l’écran. Je viens justement de regarder le replay de Ce soir avec vous… mais lui m’a vue sur M6 ! La séquence prévue pour le dimanche a été diffusée plus tôt que prévue.

 

M6 4

Dimanche 27 janvier est le D-day. C’est aujourd’hui l’anniversaire. Ca n’est donc pas par hasard que François publie l’interview de mardi. Comme les fois précédentes, je revis notre échange en lisant son billet… et je lis aussi ce qu’il y a (toujours) entre les lignes. Terrafemina me consacre (ainsi qu’à Louis) un long article en une. Le Parisien s’intéresse à l’acteur en mentionnant mon livre. Marie-Claire poste sur son blog un long billet sur mon livre. Marie-Sophie, une fan de Louis de Funès de la première heure avec qui j’échange sur Twitter, me félicite et me remercie pour mon livre (elle a été la première à le commander depuis le site de l’éditeur). Le jugement d’une fan, par définition lectrice intransigeante, est particulièrement précieux.

 

vitrineLundi 28 janvier, je vais parler de Louis de Funès au micro de Sud Radio. Face à moi, un animateur fan et une animatrice totalement insensible au comique de Louis de Funès. C’est bon esprit, le rythme est enlevé, j’y resterais des heures. L’émission n’en dure qu’une, après laquelle on m’emmène dans un petit bureau où je réponds par téléphone à des questions semblables pour l’antenne locale. Le soir, je retourne à Courbevoie où a lieu le vernissage de l’exposition d’affiches. Il y a là les officiels, les seniors de la ville venus profiter du buffet, et aussi Laurent de Funès, petit-fils de, avec qui je vais discuter (devant les caméras de France 3), et Stanislas, un fan absolu, créateur d’un site dédié à l’acteur qui m’a été d’une grande utilité pour mon travail. Mon livre est exposé en vitrine. Stanislas, qui l’a acheté le jour même, me demande une dédicace.

 

Mardi 29 janvier, je me rends à la maison des associations de Courbevoie où est donnée une conférence sur la vie de Louis de Funès. Le conférencier ne comptant pas au nombre des admirateurs de l’acteur (il retrace la vie de l’acteur par celles de ses rencontres qui ont généré le plus de frictions), je me fais avocate de la défense, invitée pour l’occasion à prendre place face au public. Après la conférence, une troupe de théâtre joue un extrait d’Oscar. La présiFaites sauter la banque - Copiedente de l’association me fait dédicacer deux exemplaires de ma biographie, qu’elle a achetés après m’avoir appelée jeudi 24,  à l’attention du conférencier et du président de la troupe de théâtre. Elle me propose de revenir plus tard dans l’année parler de mes autres livres. Dans ma boîte mail m’attendent les articles parus dans Le Journal des enfants, sur les sites Commeaucinéma, Bemypeople…

 

 

 

S’achève ainsi la folle semaine – qui aura duré plus que sept jours ; une semaine inoubliable. Une semaine qui a définitivement effacé ce manque de légitimité en funèssologie que je ressentais.

 

Une semaine comme j’en souhaite à tous ceux qui écrivent…

 

Sophie Adriansen, 30 janvier – 1er février 2013

 

Depuis l’écriture à chaud de ce récit, il y a eu d’autres belles surprises… et il n’est pas impossible qu’il y en ait d’autres encore.

 

 

 

Je t’aime maintenant, Sandra Reinflet

 

A l’aube de ses trente ans, Sandra Reinflet, qui avait déjà recueilli les témoignages de 81 femmes nées comme elle en 1981, s’est lancée sur la piste de ses amours passées.

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Pour chacun d’eux, elle a sélectionné un moment en particulier, avant de partir à la recherche de l’être qui a traversé sa vie.

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Quête risquée, car faire revivre le passé peut se révéler dangereux – et de la flamme si vive, il ne reste souvent que les cendres. Lire la suite