La veillée, Virginie Carton

Présentation de l’éditeur :

La veillée« C’était si étrange, si inattendu, de se retrouver soudain tous les deux seuls après des années d’éloignement, sans conjoints, sans enfants. Juste une maison vide et un mort à veiller. »

La mort d’un père qui n’a pas livré tous ses secrets.
Deux amis d’enfance pour le veiller.
Marie et Sébastien ont une nuit pour découvrir la vérité.
Et peut-être, enfin, se la dire. Entre rires et larmes, un roman plein de tendresse et d’aveux.
Un roman d’amitié.

 

En cinq actes, Virginie Carton met en scène les retrouvailles de Lire la suite

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Les mijaurées, Elsa Flageul

Présentation de l’éditeur :

Les mijauréesEn 1992, Lucile et Clara entrent en quatrième dans le même collège parisien. Parce qu’elles se sentent différentes des autres, elles vont se rapprocher, jusqu’à devenir inséparables. Les années 1990 s’achèvent, un nouveau siècle voit le jour, et Lucile et Clara cherchent à se faire une place dans ce monde qui ne les attend pas et que la crise et l’arrivée du sida fragilisent. Leur duo, aussi incandescent, aussi amoureux que le sont les amitiés adolescentes, est une armure pour se jeter dans ce siècle tout neuf, pour découvrir l’amour et s’inventer une vie qu’elles imaginent ensemble, toujours. En 2001, les tours jumelles s’effondrent, la vie est là, avec ses échardes, avec ses blessures, avec la maladie, la passion, la mort, avec aussi parfois des rêves qui se réalisent… Lucile et Clara, ensemble, oui, mais jusqu’à quand et, surtout, comment ?

 

A treize ans, Clara tombe en amitié pour Lucile. La petite brune et la grande blonde deviennent inséparables. Chaque été les vacances en Suède, dans la famille de Lucile, amènent une apaisante distance à un quotidien où l’émotion l’emporte souvent. L’adolescence est un âge qui se porte Lire la suite

Pourquoi écrivez-vous, Julien Jouanneau ?

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Julien Jouanneau est né en 1980. Il est journaliste à L’Express.
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La dictature du bien, son dernier ouvrage paru (éditions de l’Aube, 2016), est un roman tendre et optimiste, dont le point de départ est une rencontre à l’hôpital, dans une « chambre avec vie ». Un roman servi par une écriture foisonnante, qui ne fait pas l’économie de jeux de mots-clins d’œil.

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Pourquoi écrivez-vous ? Lire la suite

Barbe rose, Mathieu Simonet

Présentation de l’éditeur :

Barbe roseAprès La Maternité, consacré à sa mère, Mathieu Simonet reconstitue dans ce livre la personnalité de son père, écrivain, fou de littérature et supportant de moins en moins la vie sociale. Dans une alternance de scènes drôles ou émouvantes, mais aussi d’extraits de lettres échangées avec le romancier et éditeur Jean Cayrol, de fragments de journaux intimes et de livres inachevés, l’auteur sonde la psychologie de cet homme angoissé et bienveillant, tolérant et fuyant, fantasque et imprévisible. Il tente de donner forme à l’œuvre virtuelle que ce père biologique et littéraire n’aura jamais publiée. Sans vouloir figer une image globale de cette figure paternelle, il esquisse un véritable manifeste de l’écriture morcelée et intime, en rendant compte des rapports complexes, d’amour et de rivalité, entre père et fils. Au point de se demander si, au fond, cette esthétique du fragment, qu’il défend jusque dans sa vie personnelle et professionnelle, il ne la tient pas de ce père, attachant et insaisissable.

 

Mathieu Simonet écrit sur son père. Pour ce faire, il propose un « polyptyque autofictionnel », d’après l’expression de Sean J. Rose (Livres Hebdo, 5 février 2016). Il assemble, rassemble, coupe et intercale, proposant un collage (lettres, pensées, dialogues, texto…) par lequel il offre au lecteur de Lire la suite

Jupe et pantalon, Julie Moulin

Présentation de l’éditeur :

Jupe et pantalonOù va-t-on ? Telle est la grande question que se posent Marguerite et Mirabelle. Voici trente ans que ces deux jambes portent A., jeune cadre pressée d’en faire toujours plus. Mais plus de quoi ? Travail, enfants, amour ? Marguerite et Mirabelle débattent de leur grande affaire – le destin d’A. – en compagnie des autres parties du corps : Camille le cerveau, Babette la paire de fesses, Boris et Brice les bras. A. chute dans un aéroport, le mari s’en va, la cacophonie guette. Au bord de la crise de nerfs, la jeune femme découvre que son corps en sait plus qu’elle et décide de l’écouter.

Inspirée par le cinéma d’Almodóvar autant que par l’œuvre de Boulgakov, Julie Moulin compose avec brio la saga d’une jeune femme dont la vie mécanique se dérègle joyeusement.

 

Que se passe-t-il dans la tête des jambes ? En une succession de chapitres courts et à un rythme trépidant, Julie Moulin propose d’abord d’adopter le point de vue des guiboles sur l’être auquel elles appartiennent – une dénommée Agathe -, et sur le monde qui les entoure. C’est drôle, rafraichissant et inédit, si l’on parvient à dépasser la surprise de cette position hors du commun.

Mais ça n’est pas que cela. Dans ce premier roman, Julie Moulin pose la question de la féminité, du regard des hommes sur ses attributs – parmi lesquels les jambes se trouvent en bonne place -, des diktats imposés par la mode, la société, l’environnement professionnel et la maternité.

Agathe est une femme qui concilie famille et poste à responsabilités dans un monde d’hommes. Mais à quel prix peut-on tout mener de front ? Pour ses premiers pas en littérature, Julie Moulin interroge la condition féminine à l’épreuve de la vie moderne.

La plume est alerte et fait appel à toutes ces expressions du langage courant qui mentionnent les parties du corps – jamais par hasard (tellement tentant qu’on y cède aussi ici). Prenant son sujet à bras le corps, Julie Moulin l’explore dans le détail pour mieux servir son propos. Le corps parle pour son héroïne, et quand le corps parle, l’on sait qu’il vaut mieux chaussette-haute-raye-multicolorel’écouter…

Une découverte aussi intéressante et enthousiasmante que l’envie de suivre l’auteur d’une telle idée est forte.

 

Alma éditeur, février 2016, 304 pages, 18 €

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Toute la rentrée d’hiver 2016

Tous les premiers romans

Dans le dressing :

 

« Marcher : le rêve de toute jambe ! » (page 33)

 

« La douleur n’est pas toujours visible. » (page 52)

 

« Un tas de feuilles est subversif sans agrafes pour le contenir. » (page 65)

 

« La fatigue est un handicap plus lourd que des talons hauts. » (page 96)

 

« Quand s’arrête le besoin ? Quand commence le désir ? » (page 104)

 

« L’avenir était devant nous. C’était avant le grand carrefour. Avant que l’amant devienne mari, avant que la femme soit mère, avant que l’envie de mue en rancœur et que l’insomnie détruise les rêves. » (page 135)

 

Brillante, Stéphanie Dupays

Présentation de l’éditeur :

brillanteClaire est une trentenaire comblée. Diplômée d’une grande école, elle occupe un beau poste dans un groupe agro-alimentaire où elle construit sa carrière avec talent. Avec Antonin, cadre dans la finance, elle forme un couple qui est l’image du bonheur parfait. Trop peut-être.

Soudain, Claire vacille. Au bureau, sa supérieure hiérarchique lui tourne ostensiblement le dos, de nouvelles recrues empiètent sur ses dossiers, elle se sent peu à peu évincée. Après une phase de déni, Claire doit se rendre à l’évidence : c’est la disgrâce.

Elle qui a tout donné à son entreprise s’effondre. Claire va-t-elle réussir à exister sans «briller»?  Que vont devenir ses liens amicaux et amoureux fondés sur un même idéal de réussite?

Satire sociale grinçante, Brillante traite de la place qu’occupe le travail dans nos vies, de la violence au travail – et notamment de celle faite aux femmes, et de ses répercussions intimes.

Stéphanie Dupays est haut fonctionnaire dans les affaires sociales. Brillante est son premier roman.

 

Pour Claire, la réussite est une question de volonté. Issue de la meilleure des écoles, elle est de ceux qui gèrent leur couple comme une entreprise. Mais dans l’entreprise qui l’emploie, justement, rien ne va plus. Elle avait le vent en poupe chez Nutribel, voilà qu’on lui retire son projet-phare et qu’on lui en confie un autre qui bientôt est abandonné. L’on s’aperçoit dans le même temps que son bureau mesure quelques mètres carré de plus que ce à quoi la classification de son poste lui donne droit, et l’on rapproche les murs.

A mesure que le temps passe, ce sont tous les murs qui se rapprochent, y compris les murs invisibles. Claire s’enferme dans le silence de son placard. Même à son conjoint, elle n’ose rien dire. Du lundi au vendredi, la première personne à qui elle s’adresse désormais est celle qui lui sert son plat à la cantine.

 

Dans ce premier roman bref et rythmé, Stéphanie Dupays, dont le parcours affiche quelques similitudes avec celui de son héroïne, dresse le portrait d’une jeunesse sacrifiée à l’essor de l’entreprise, de jeunes gens qui, s’ils ne sont pas bien nés, ont reçu très tôt les armes utiles aux combats de la vie, et auxquels l’entreprise donne une identité.

C’est aussi une intéressante peinture de l’entreprise, avec ses codes et ses jeux de rôle, sa logique de puissants et de courtisans, sa complaisance et sa cruauté. Et un texte qui met en scène des personnages déshumanisés : car les armes que ces jeunes gens brillants ont reçues ou gagnées ne sont utiles que pour collectionner les titres de gloire et sauver les apparences, et elles n’empêchent nullement de passer à côté de ce qui est essentiel pour vivre.

 

Mercure de France, janvier 2016, 180 pages, 17 €

 

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Alexandre Lacroix, L’homme qui aimait trop travailler

Fabienne Swiatly, Gagner sa vie

Frank De Bondt Le bureau vide

Laurent Laurent, Six mois au fond d’un bureau

Delphine de Vigan, Les Heures souterraines

Thomas Zuber et Alexandre Des Isnards, L’open space m’a tuer

Toute la rentrée d’hiver 2016

Tous les premiers romans

Extraits :

 

« Tout privilège suscite chez ceux qui en sont exclus l’envie d’y accéder ». (page 9)

 

« Les gens finissent par se ressembler à force de vouloir les mêmes choses. » (page 18)

 

« La réussite est une question de volonté. » (page 32)

 

« Le désarroi est bon pour le commerce. » (page 56)

 

« Le surmoi a remplacé le contremaître. » (page 56)

 

« Le surmoi est plus sévère que la pointeuse. » (page 104)

 

« Le vide est encore plus épuisant que l’urgence. » (page 166)

J’ai toujours ton cœur avec moi, Soffía Bjarnadóttir

Présentation de l’éditeur :

jaitoujourstoncuravecmoiplat1-l-572127Phénix excentrique tant de fois ressurgi de ses cendres, Siggý n’est plus. Elle qui n’a jamais été là pour personne a légué à sa fille Hildur son mal étrange et une petite maison jaune sur l’île de Flatey.

Une lettre de sa mère pour seul viatique, Hildur s’embarque vers ce point minuscule perdu dans l’océan. Avec pour ange tutélaire l’homme aux yeux vairons. Et une foule de souvenirs sans pareils – les extravagances de Siggý et de son voisin Kafka, les mantras de grand-mère Láretta contre les idées noires, l’appel des phoques sacrés ou les fantômes de la rue Klapparstígur… Qui tous portent la promesse d’une singulière renaissance.

Comme une consolation venue d’ailleurs, J’ai toujours ton cœur avec moi est la belle chronique de ces quelques jours sans boussole – mélancolique, insolite et décalée.

 

Hildur enterre l’auteur de ses jours. Mais la mort de Siggý, sa « maman qui jamais n’endossa le rôle de mère », que l’on peut croire alcoolique quand elle n’est qu’ « ivre de naissance », est l’occasion de convoquer Lire la suite

Ta façon d’être au monde, Camille Anseaume

Présentation de l’éditeur :

COUV_CA_TA_FACON_HD« C’est l’heure du départ, la fin de l’été. Il faut rentrer. Dans la chambre, je reste transie, incapable de bouger. C’est l’angoisse et les regrets qui me paralysent. Je comprends que je n’ai pas pris le temps de défaire mes valises, ni même de regarder à la fenêtre. Maintenant que je réalise qu’on y voit la mer, il est temps de m’y arracher. Le séjour est passé sans moi. J’étais là, et je ne le savais pas. J’en conçois une tristesse et une culpabilité infinies, sans commune mesure avec les faits. Tu connais ce rêve étrange que je t’ai souvent décrit.
Il m’a hantée chaque nuit pendant des années. Et puis un jour je ne l’ai plus fait.
Ce jour-là, j’ai compris que l’été avait duré vingt-six ans. »

Elles sont amies d’enfance. L’une est inquiète, rêveuse, introvertie ; l’autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l’amour. Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse le monde qu’elles se sont bâti… Un roman poignant sur l’amitié, le deuil, et sur ce point de bascule irréversible qui sonne la fin de l’insouciance.

 

J’avais été séduite par le premier roman de Camille Anseaume, Un tout petit rien. Je me réjouissais de retrouver la plume et la sensibilité de l’auteur. Il m’aura fallu attendre la deuxième partie de ce deuxième roman pour l’apprécier à nouveau. La première partie, chronique de deux enfances puis de deux adolescences croisées, m’a ennuyée par son propos, agacée par sa forme (l’une des protagonistes est « elle », l’autre est « tu » – intéressant en théorie, perturbant à la lecture – inutilement, m’a-t-il semblé). Les choses n’y sont qu’effleurées, quand il y aurait eu à dire sur cette somme de passages initiatiques qu’est l’enfance, cet âge où l’on n’espère rien tant que s’attirer des ennuis qu’est l’’adolescence.

 

Survient le drame par lequel le roman commence enfin. Là se révèlent la justesse et la lucidité de Camille Anseaume, qui parvient à saisir ce qui se trouve bouleversé par la conscience que plus rien ne sera parfait, désormais ; que plus rien ne sera pareil, du moins.

Il n’y a pas de bon âge pour prendre conscience de sa mortalité. Entre la narratrice et Justine, sa meilleure amie, sa presque sœur, les choses réputées acquises se trouvent bouleversées par le deuil. Camille Anseaume raconte les attentes et les absences qui sont parfois plus douces que les présences et comment, avec la conscience nouvelle d’appartenir aux vivants, se retrouve peu à peu le goût de vivre.

Elle dit surtout combien les amis peuvent être des alliés précieux pour trouver sa place dans le monde. Même si l’amitié parfois repose sur un contrat percé de coups de canif.

Car l’amitié est le véritable sujet de ce roman, qui sans avoir l’air d’y toucher saisit ce qui fait l’essence des groupes de potes, et il est trop rarement traité en littérature pour qu’on passe à côté quand c’est fait aussi joliment.

 

Éditions Kero, janvier 2016, 234 pages, 17,90 €

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Un tout petit rien

Tous les romans français

Entre les pages :

 

« La beauté est un danger. » (page 71)

 

« Elle va enfin pouvoir faire de sa vie une habitude. » (page 96)

 

« Elle s’aime si peu qu’elle refuse d’estimer quelqu’un qui la considère. » (page 103)

 

« Les nouvelles vont vite, surtout quand elles sont tristes. » (pages 135-136)

 

« On n’envisage jamais vraiment la possibilité de parler de ses amis à l’imparfait. » (page 142)

 

« Toutes les veuves ont 70 ans. » (page 151)

 

« Il y a quelque chose de parfait dans l’imperfection du moment. » (page 168)

 

« Un ange passe, dont on connaît tous le prénom. » (page 189)

 

« Ça fait maintenant six mois que c’est dimanche soir dans ta vie. » (page 201)

 

« Voilà ce qu’a été ma vie. Une maison secondaire face à la mer, dont j’ai longtemps perdu les clés. » (page 210)

 

« On est tous des maisons secondaires, pour soi-même et pour les autres. » (page 211)

 

« Savoir qu’on est heureux, c’est la moindre des politesses. » (page 221)

Ce que j’appelle jaune, Marie Simon

Présentation de l’éditeur :

 

JauneUn enfant à naître, omniscient et audacieux, s’adresse à sa mère. Il a décidé de sa propre conception, et compte bien modifier le cours des choses et la vie de celle qui le porte. Pour la jeune femme qu’il a élue, aux prises avec une enfance douloureuse et des déceptions récurrentes, cette grossesse provoque une onde de choc. Mais l’enfant-surprise est intrépide, et depuis le ventre qui l’abrite, il crée la mère à son image.

La détermination, la (re)naissance et l’espoir sont les motifs de ce voyage immobile  : la venue au monde du fils engendre la libération de la mère et ce sont deux êtres qui verront le jour ensemble. Ce que j’appelle jaune devient alors métaphore du processus d’écriture  : le bébé anime la mère comme le verbe donne naissance à l’écrivain.

 

 

Depuis son cocon silencieux, depuis sa quasi-immobilité aqueuse, depuis ce ventre qui est « [sa] première cabane et [son] livre d’histoires », un bébé s’adresse à celle qui le porte. Le bébé est un petit garçon. Il a attendu des années pour être « simplement envisagé par elle » ; désormais, il sait que rien ne lui sera impossible.

Dans les lumières et les couleurs qu’il perçoit, filtrées, aléatoires, il aime le jaune – ce qu’il appelle jaune. Ce jaune qui représente pour lui la beauté de la lumière du dehors.

 

La mère est un bateau fragile. L’enfant l’amarre. En même temps qu’il lui apprend la patience. Elle l’espérait mais ne l’attendait pas. Elle l’a laissé s’installer mais c’est lui qui l’a élue. Ce bébé est un trésor. Peut-être même qu’il va la sauver.

Car la femme qui porte ce bébé est d’une famille dans laquelle on ne sait pas être mère. Alors, avec l’enfant arrive la tranquillité.

 

Le lecteur assiste, fasciné, à ce voyage immobile. Dans une écriture nerveuse, parfois violente, Marie Simon relate, esquisse ou crache tout ce dont il faut se défaire pour pouvoir accoucher – donner la vie, dit-on sans bien savoir, de la mère et de l’enfant, qui la donne à qui.

C’est une grossesse racontée de l’intérieur par un être sans visage, sans voix, qui rapporte le plus grand mystère depuis la nuit des temps – qui n’est peut-être pas celui qu’on croit.

 

Et, au fil des pages, l’enfant fait naître la mère.

 

En filigrane plane Peter Handke, dont je ne résiste pas à partager à nouveau ce passage fétiche extrait de Par les villages :

Joue le jeu. Menace le travail encore plus. Ne sois pas le personnage principal. Cherche la confrontation. Mais n’aie pas d’intention. Évite les arrière-pensées. Ne tais rien. Sois doux et fort. Sois malin, interviens et méprise la victoire. N’observe pas, n’examine pas, mais reste prêt pour les signes, vigilant. Sois ébranlable. Montre tes yeux, entraîne les autres dans ce qui est profond, prends soin de l’espace et considère chacun dans son image. Ne décide qu’enthousiasmé. Échoue avec tranquillité. Surtout aie du temps et fait des détours. Laisse-toi distraire. Mets-toi pour ainsi dire en congé. Ne néglige la voix d’aucun arbre, d’aucune eau. Entre où tu as envie et accorde-toi le soleil. Oublie ta famille, donne des forces aux inconnus, penche-toi sur les détails, pars où il n’y a personne, fous-toi du drame du destin, dédaigne le malheur, apaise le conflit de ton rire. Mets-toi dans tes couleurs, sois dans ton droit, et que le bruit des feuilles deviennent doux. Passe par les villages, je te suis.

 

Éditions Léo Scheer, janvier 2016, 204 pages, 18 euros

A LIRE AUSSI SUR SOPHIELIT :

Toute la rentrée d’hiver 2016

Tous les romans français

Échos :

 

« Je porte l’enfance ratée qu’elle a remisée pour que son corps accepte de m’accueillir. » (page 18)

 

« Une rivière, ça se remonte. » (page 20)

 

« S’entendre assez pour couvrir le brouhaha des autres. » (page 34)

 

« Une minute plus tôt elle n’était pas enceinte. » (page 49)

 

« Je suis une famille neuve. » (page 68)

 

« Nous n’avons pas besoin de renoncer à ce que nous sommes individuellement pour devenir une famille et un début de lignée. » (page 69)

 

« C’est le monde qui s’adapte à cet enfant, même s’il arrive après. » (page 87)

 

« Il y a des histoires dont on sait tout de suite qu’elles ne finiront pas bien. » (page 89)

 

« Il ne connaît pas la peur, dont il ne voit pas l’intérêt. » (page 120)

 

« La présence de l’enfant vers ce qu’elle ne veut pas voir et auquel elle rêvait d’accéder. » (page 122)

 

« L’enfant sera le message et elle le coursier. » (page 137)

 

« Ses rires sont nos secrets. » (page 145)

 

« Je défie la pluie, l’orage et ma naissance. » (page 158)

 

« Je serai la vague qui déborde et elle sera d’accord. » (page 168)

 

« Je l’ai choisie et elle m’a reconnu. » (page 196)

 

« L’aventure n’est pas d’être seul, non, l’aventure est d’être deux. » (page 197)

Au feu, Gilda !, Géraldine Barbe

Présentation de l’éditeur :

au feu gilda2« Gilda, 40 ans, fraîchement divorcée, vit seule avec son fils Trévor une semaine sur deux. Ces derniers temps, son kiff serait de zoner à peu près toute la journée et de manger du sorbet le soir en regardant une bonne série américaine, projet mis à mal par la réalité sociale. En vérité elle est bouleversée par sa séparation récente, elle a envie de souffler, et surtout de profiter du seul bon côté de la garde partagée, il y en a assez de mauvais, calmez-vous, à savoir la possibilité de faire ce que l’on interdit fermement de faire à ses enfants. »

Coup de foudre avorté, rendez-vous à Pôle Emploi, bières en terrasse, fantasmes et parties de jambes en l’air, exaltation et désespoir : la fantasque Gilda passe tout au tamis de son regard loufoque. Car, pour reprendre sa vie en main, elle a décidé de se lancer dans le récit de l’idylle parfaite… et d’en faire ses choux gras !

 

 

Gilda cumule : elle est amoureuse et écrivain. Deux handicaps dont elle veut faire une force. Elle boit Lire la suite