Le Test

Le Test_Sophie Adriansen« Je tourne le robinet et je fais couler l’eau pour le bain. Je programme mon téléphone pour qu’il sonne dans huit minutes. J’ai besoin de huit minutes pour enregistrer ce que je viens de voir.
Je disparais sous l’eau.
Deux barres.
Comme deux personnes dans ce corps.
Brusque bifurcation à gauche. Il fallait bien que ça m’arrive.
Je suis gauchère.
Et je suis enceinte. »

 

Madeleine doit faire face et prendre une décision. Mais comment, et laquelle ?
Et Ulysse qui était si amoureux d’elle…

 

 

Madeleine est en classe de seconde, et elle est la narratrice de mon nouveau roman pour ados, qui paraît aujourd’hui chez Magnard.

A découvrir bientôt ici, une bande-annonce qui permet d’entrer dans son univers…

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Ce qui coule dans nos veines

Ce qui coule dans nos veines_Sophie Adriansen.pngCe qui coule dans nos veines, mon premier roman pour adolescents, paraît aujourd’hui. Je l’ai présenté dans ces colonnes il y a deux mois.

En ce jour de sortie, je reviens sur la genèse de ce roman, qui est ma quarantième publication cependant qu’il s’agit du premier que j’ai écrit.. Lire la suite

La rentrée littéraire de Romy

Romy

Romy Idol est née de l’imagination de Myriam Levain et Julia Tissier, auteurs de l’essai La génération Y par elle-même (Quand les 18-30 ans réinventent la vie) paru en janvier 2012 chez François Bourin éditeur.

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Le premier livre dont elle est l’héroïne, Y comme Romy, est paru en cette rentrée littéraire chez Robert Laffont.

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Romy © Louison pour Cheek Magazine 

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Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? 

Très bien, c’est ma première rentrée littéraire, puisqu’avant j’étais l’héroïne d’une chronique intitulée “Y comme Romy” sur le site Cheek Magazine. Dans le livre, on retrouve une partie de mes aventures déjà publiées, mais aussi une vingtaine d’inédits.

 

Qu’en attendez-vous ?

RYJ’aimerais bien qu’on réussisse à parler d’autre chose que de Valérie T. et Eric Z. Pas gagné.

 

Que lisez-vous en ce moment ? 

Je ne vais pas vous mentir, je suis en train de lire le troisième tome de Bridget Jones, qui restera toujours l’une de mes trentenaires célibataires préférées. Après, j’enchaînerai sur la réédition de la version d’origine de Bonjour Tristesse, de Françoise Sagan. Je crois que je suis assez emblématique de ma génération “zapping” qui se cultive de façon complètement éclectique.

 

Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

Oui bien sûr, et j’ai souvent envie de tout lire. Cette année, pour commencer, j’ai acheté L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt.

 

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La rentrée littéraire d’Harold Cobert

HaroldCobert

Harold Cobert est l’auteur du Reniement de Patrick Treboc (2007), d’Un hiver avec Baudelaire (2009), de L’Entrevue de Saint-Cloud (prix du Style 2010), de Dieu surfe au Pays basque (2010), du Petit éloge du charme (2012), d’Au nom du père, du fils et du rock’n’roll (2013).

Son dernier livre, Jim (éditions Plon), est paru en septembre 2014.

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Harold Cobert © Bruno Klein 

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.Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? 


En fait je ne fais pas partie de la rentrée littéraire. Je suis sorti un peu en décalé, le 25 septembre, c’est-à-dire hors de la course aux grands prix d’automne – car c’est cela, la rentrée littéraire, les grands prix d’automne.

 

Qu’en attendez-vous ?

Rien de particulier, puisque je ne suis pas dans la course aux prix !

 

Que lisez-vous en ce moment ? 

Rien. Pour la première fois de ma vie, je suis incapable de lire. Cela fait plus d’un mois que ça dure, et j’espère que cette incapacité va bientôt prendre fin ! Mais j’ai très envie de lire Charlotte de David Foenkinos. Je suis persuadé que c’est son meilleur roman.

 

Cobert

Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

Non. Mon amour de la littérature ne connaît pas les saisons. 

 

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Petit éloge du charme

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La rentrée littéraire de David Foenkinos

 

david_foenkinos

David Foenkinos est l’auteur de quinze livres.

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Le dernier d’entre eux, Charlotte, qui retrace la vie de Charlotte Salomon, est paru en cette rentrée littéraire chez Gallimard.

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David Foenkinos (c) Catherine Hélie 

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Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? 

DavidLa publication de Charlotte est ma sixième rentrée littéraire. J’ai eu ainsi l’occasion d’expérimenter tous les cas de figure de la rentrée. Je suis heureux de l’accueil réservé à Charlotte. Cela a été une grande joie de découvrir Charlotte à la première place du classement des libraires organisé par Livres Hebdo.

 

Qu’en attendez-vous ?

Depuis des années, j’essaye d’écrire ce livre, motivé aussi par mon envie de faire découvrir Charlotte Salomon. Les lecteurs s’emparent du livre et veulent connaître son oeuvre. C’est ce que j’attendais le plus : partager mon admiration, la communiquer. Et faire en sorte qu’elle revienne au premier plan artistique. Je viens d’obtenir qu’à Villefranche-sur-mer, il y ait une plaque devant la maison où elle était réfugiée. Et il y aura une exposition en mai prochain.

 

Que lisez-vous en ce moment ? 

Je lis le livre de Christophe Donner sur Rassam, Berri, Pialat. C’est la plongée dans une époque fascinante, sûrement révolue.

 

Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

Bien sûr, il y a de nombreux auteurs que j’aime. J’ai déjà lu de nombreux livres. J’ai particulièrement aimé le livre de Catherine Cusset, dont j’aime l’écriture de l’intime. Le dernier livre de Serge Joncour est aussi particulièrement réussi, avec une structure surprenante ; on change de registre sans cesse, c’est une prouesse. 

 

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La rentrée littéraire de Véronique de Bure

VeroniquedeBure

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Éditrice, Véronique de Bure est l’auteur d’Un retraité et d’Une confession (Stock). Elle a également co-écrit Retrouver Estelle avec Eric Mouzin (Stock).

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Son nouvel ouvrage, J’ai mis mon fils chez les cathos, un témoignage, paraît aux éditions Belfond en cette rentrée littéraire. 

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Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? 

C’est ma première rentrée littéraire puisque mes précédents ouvrages sont sortis respectivement en mai (Une confession) et en mars (Un retraité). Je trouve que faire paraître un livre début septembre est très difficile puisqu’on se trouve emporté par la déferlante des romans de fin août, grosses pointures et primo-romanciers confondus, et que l’on sait, dès le départ, que très peu de titres survivront à l’avalanche, la plupart étant voués à disparaître dans la coulée. C’est encore plus dur lorsque, s’agissant d’un récit, un témoignage classé dans la catégorie « essais et documents », votre livre se trouve sortir le même jour que celui d’une ex-première dame blessée !

 

Qu’en attendez-vous ?

DeBureA dire vrai, lorsque j’ai su que mon livre allait paraître, non pour ses qualités littéraires ou romanesques, bien sûr, mais pour cause de rentrée scolaire (le thème en est l’école), le 4 septembre, j’ai tout de suite décidé de ne pas en attendre grand-chose… Travaillant dans l’édition, je pense être lucide. Pourtant, c’est plus fort que soi, on espère toujours un miracle. Et heureusement d’ailleurs, sinon on arrêterait d’écrire et, surtout, de publier !

 

Que lisez-vous en ce moment ? 

Je suis plongée dans le James Salter, Et rien d’autre. Juste avant, pas très en avance dans mes lectures, je venais de terminer Un bon fils de Bruckner, que j’ai beaucoup aimé. Ah, j’ai lu aussi le dernier Amélie Nothomb. J’avais cessé de la lire depuis un moment, le dernier que j’avais apprécié – et même adoré – étant Métaphysique des tubes, mais Le Masque et la plume ayant parlé de Pétronille comme d’un « très bon cru », j’ai voulu tenter à nouveau. J’avoue avoir été déçue… Hier, une amie m’a offert le dernier Dany Laferrière, au si joli titre L’Art presque perdu de ne rien faire. Je n’ai encore jamais lu cet auteur, j’ai hâte de le découvrir enfin. Il est donc le prochain sur ma liste.

 

Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

Oui, bien sûr. Je suis particulièrement attentive aux parutions d’août et septembre et je lis peut-être plus que le reste de l’année les critiques littéraires. Je crois qu’il y a un côté compétition qui m’amuse assez. Chaque rentrée, j’achète quelques-uns des titres mis en avant, et je ne peux m’empêcher de suivre les empoignades des grands prix d’automne ! Pour autant, je ne lis pas systématiquement les ouvrages primés, j’ai trop souvent été déçue.

 

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La rentrée littéraire de Jennifer Murzeau

JenniferMurzeau

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Jennifer Murzeau a publié un premier roman, Les Grimaces, chez Léo Scheer en 2012.

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Son deuxième roman, Il bouge encore, paraît en cette rentrée littéraire chez Robert Laffont.

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Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? Qu’en attendez-vous ? 

Je la vis bien! C’est une première pour moi. Je me sens chanceuse de faire partie des auteurs qui publient à cette période. Il y a une espèce de mystique autour de cet événement et il est naturel pour un auteur de nourrir dans un petit coin de Murzeausa tête de grands espoirs en termes de reconnaissance, de visibilité. Et en même temps il y a la crainte de faire un bide complet au contraire, de ne susciter que silence et indifférence qui pique. Je vacillais entre ces deux extrêmes pendant le mois d’août. Le jour de la sortie du livre, un article est paru dans le Monde. J’ai défailli de bonheur. Je doute souvent. Et quand un livre s’échappe pour devenir public, c’est pour moi un moment étrange où je peux attendre des autres de valider sa valeur. Alors là, la journaliste qui a écrit ce papier, Esther Attias, m’a envoyée aux anges! Mais je tâche de me détacher de cette attente. C’est d’autant plus salutaire qu’exister médiatiquement en tant que jeune auteur n’est pas simple. Alors si on attend un papier par jour pour se convaincre qu’on a bien fait d’écrire un livre, on s’expose à un grand malheur ! Aujourd’hui je suis simplement heureuse que ce livre existe, qu’il soit en librairie. J’espère qu’il sera lu et que le bouche à oreille fonctionnera. J’ai déjà quelques retours de lectures qui me touchent. C’est un roman dans lequel j’ai consigné des considérations qui me tenaient à cœur, un regard sur l’époque que je souhaite partager aussi largement que possible. Et puis il marque un progrès dans mon écriture, il me semble, elle est plus affirmée, plus décomplexée. La conception de ce second roman a définitivement assis ma volonté de bâtir une carrière littéraire, a affermi ma foi dans cette entreprise, malgré les doutes qui peuvent surgir ensuite et dont je parlais plus haut.

Je me réjouis à l’idée de participer à des événements lors desquels on rencontre les lecteurs. Je fais des dédicaces en librairies et participerai à des salons littéraires cet automne (Besançon, Toulon, Ozoir la Ferrière). J’aime beaucoup prendre part à ces manifestations, c’est très joyeux de découvrir le travail des autres auteurs et de parler de ce qu’on écrit dans ces conditions.

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Que lisez-vous en ce moment ? Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

En ce moment je lis ceux que j’appelle mes collègues de rentrée littéraires, Arnaud Gonzague et Olivier Tosseri qui ont publié leur premier roman chez Robert Laffont eux aussi. Il s’appelle Le bal de hommes et immerge avec beaucoup de réalisme dans le gay Paris des années 30. On y suit un inspecteur de la brigade des mœurs chargé d’élucider une sombre histoire de trafic d’aphrodisiaques hautement illégal. Je viens de le commencer. L’écriture et la narration sont très maitrisées.

Je m’intéresse à ce qui sort à la rentrée littéraire bien sûr. Je lis beaucoup d’auteurs morts, et la rentrée est justement l’occasion de découvrir ou de suivre des plumes vivantes. Je n’ai pas encore fait mon marché mais compte lire bien vite L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt, l’un de mes auteurs préférés dont j’ai lu et aimé tous les livres.

 

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La rentrée littéraire de Bertrand Guillot

BertrandGuillot

Bertrand Guillot est l’auteur d’un premier roman, Hors jeu, d’un livre-reportage sur l’illettrisme, B.a, ba, d’un recueil de nouvelles, Le métro est un sport collectif .

Son deuxième roman, Sous les couvertures (rue fromentin), paraît en cette rentrée littéraire.

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Bertrand Guillot (c) Marie Planeille 

 

 

Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? Qu’en attendez-vous ? 

J’ai déjà connu une Rentrée avec Hors-jeu, mais dans des conditions particulières : un premier roman, c’est un peu la compétition junior, avec une attention particulière.

GuillotEt puis là, dans le grand bain mais en léger différé. C’est bizarre, de sortir mi-septembre : tous les copains (et les autres) sont déjà rentrés, ils sont en train de faire leurs devoirs ou de jouer dans la cour, et moi je suis encore coincé derrière la grille de l’école, sans savoir dans quelle classe je serai. Du coup je vis aussi la rentrée en spectateur, un peu détaché… En espérant tout de même que le roman survivra au grand cirque et que, par la grâce de quelques libraires et lecteurs, il vivra encore dans quelques mois. [ayons ici une pensée pour tous les auteurs dont le roman est sorti le même jour que Valérie T. Le sort d’un livre peut se jouer à si peu de choses…]

Et si l’on va au fond des choses, là où elles sont si simples qu’elles en paraissent triviales, les attentes sont les mêmes en septembre qu’à tout autre moment : que des gens le lisent, qu’ils rient mais pas seulement et, soyons fous, qu’ils aient envie de le partager.

 

 

Que lisez-vous en ce moment ? Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

En tant que lecteur, je me fous bien de la Rentrée ; ce sont les livres qui comptent, le reste n’est que jaquettes et publicité.

Mais depuis quelques années, j’ai été amené à m’y intéresser un petit peu plus, soit pour des raisons professionnelles (quelques chroniques pour des magazines) ou pour m’amuser, avec le Prix de la page 111. Ça me permet de faire quelques découvertes, de me faire surprendre par des romans que je n’aurais peut-être pas lus autrement. Je viens de terminer La vie rêvée de Rachel Waring, de Stephen Benatar, au Tripode (un roman étonnant dont la narratrice est folle (mais l’auteur pas du tout)) ; et je suis plongé dans La condition pavillonnaire, de Sophie Divry chez Notabilia – dans la veine réaliste française, c’est un des meilleurs que j’aie lus depuis longtemps.

Ensuite j’attaquerai peut-être le Carrère : d’ordinaire j’attends toujours quelques mois, que tout le bruit autour soit retombé, mais là, allez, par solidarité avec un non-sélectionné pour le Goncourt, je vais peut-être faire une exception.

 

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Sous les couvertures, Bertrand Guillot

COUV-Sous-les-couvertures-270x395Présentation de l’éditeur :

Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s’éveillent et se racontent leurs histoires… Mais ce soir, l’heure est grave : les nouveautés viennent d’arriver, et les romans du fond de la librairie n’ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur !

Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s’unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu’ils n’ont pratiquement aucune chance…

Entre roman et conte iconoclaste, Sous les couvertures, quatrième livre de Bertrand Guillot, est une merveille d’humour et d’originalité. Où l’on découvrira, entre autres, à quoi servent les classiques, en quoi les livres ressemblent à leurs auteurs… et pourquoi, à l’habit des académiciens, on a ajouté une épée.

 

 

Bertrand Guillot met en scène un fantasme, celui d’être enfermé une nuit dans une librairie (si le fantasme n’en est pas un, remplacer librairie, au choix, par musée, magasin de mode ou tout autre commerce de son choix). Et un autre – savoir ce que les livres pensent. Les livres qui voient et entendent tant de choses… Les livres qui, s’ils pouvaient parler, diraient « cette espérance qui [les] soulève, le désespoir qui s’ensuit lorsque la main agrippe un de [leurs] voisins, et le cœur qui bat quand c’est enfin [eux] qu’elle saisit… ».

 

On les croit paisibles et stoïques, Bertrand Guillot nous les révèle enflammés, passionnés, jaloux, aigris, naïfs, bienveillants. Humains. Et la capacité de révolte n’est-elle pas le propre de l’homme ? Dans la librairie, le calme semble régner cependant que le feu brûle sous les couvertures… Car se faire une place sur la table du libraire, c’est se faire une place dans le monde des lettres, ce monde « où souvent l’expérience [passe] pour de l’intelligence ». Et vice versa. Et pour parvenir à l’un donc à l’autre, tous les coups sont permis et tous les moyens sont bons.

 

Sous les couvertures est un roman frais et plein d’esprit, malin et truffé de bons mots comme de références aux sixième et neuvième arts, drôle mais pas que. C’est aussi une déclaration d’amour à la littérature à l’heure où les livres se font la guerre – mais parle-t-on encore nécessairement de littérature quand on parle de livres ?

C’est enfin une réflexion sur la production littéraire actuelle – quantité et périssabilité. Sur ce qu’on fait des livres et ce que l’auteur, lui, attend et espère. Sur ce qui l’anime avant le maquettage, avant la promotion, avant les foires et salons (dont Guillot nous offre ici des tranches délectables).

 

Un roman vivant, rythmé, aussi coloré que sa couverture, et qui peut-être contient tous les romans de la rentrée dont on peut se dispenser.

 

Editions rue fromentin, septembre 2014, 184 pages, 16 euros

 

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Lignes choisies :

 

« Les livres portaient les espoirs démesurés et les doutes abyssaux de leurs auteurs, ce qu’ils avaient vécu et ce qu’ils auraient aimé vivre, ainsi que d’infimes morceaux d’âme dont ils n’avaient pas conscience. » (page 12)

 

« L’automne est impitoyable pour les oubliés de la rentrée littéraire. » (page 23)

 

« Est-ce l’auteur qui fait le grand livre, ou ce que les lecteurs en retiennent ? » (page 53)

 

« Et si le grand livre, c’était celui devant lequel le lecteur se sent tout petit ? » (page 54)

 

« La vie est dans le début des histoires. Les fins ne sont jamais que de la morale. » (page 57)

 

« Les livres sont comme les hommes : ils ont toujours moins d’hésitation à nuire à qui se fait aimer qu’à qui se fait craindre. L’amour peut se rompre ; la peur du châtiment, elle, ne vous abandonne jamais. » (page 67)

 

« Il n’est pas nécessaire de posséder toutes les qualités, mais il est tout à fait nécessaire de paraître les avoir. » (Machiavel, cité page 69)

 

« C’était l’une de ces nuits où sans le savoir on abandonne de vieilles lunes pour voir le monde sous un nouveau jour, une nuit où les idées progressent sans qu’on puisse encore les suivre. Une nuit où l’on grandit. » (page 74)

 

« Ce n’est pas au livre d’aller vers le lecteur ; c’est un chemin sur lequel tu ne peux que te perdre. » (page 79)

 

« La mythologie de la Nécessité pouvait se résumer ainsi : tout livre qui n’était pas nécessaire à son auteur était inutile pour le lecteur, et quiconque prétendait le contraire était relégué au rang de publicitaire. » (page 80)

 

« Les pires ennemis sont ceux du même bord. » (page 112)

 

« Beaucoup d’écrivains sont insomniaques, mais pas les auteurs à succès. C’est que ça demande de la discipline, d’écrire un best-seller. Et la discipline se couche tôt. » (page 115)

 

« Toute l’histoire du monde enseignait pourtant bien qu’il fallait savoir donner un peu pour prendre beaucoup à la fin. » (page 131)