Rackette-moi si tu peux

Rackette moi si tu peux Adriansen ClerpeeLa collection de romans graphiques Les Graphiques, chez Gulf Stream éditeur, propose des fictions autour de problématiques liées à la scolarité.

Dans une approche bande dessinée vive et colorée, la collection « Les Graphiques Primaire » aborde les thématiques auxquelles les enfants de 8 à 10 ans sont confrontés à l’école et dans leur vie quotidienne.

Après un cycle « collège » (avec notamment Invisible, de Charlotte Bousquet & Stéphanie Rubini, sur le suicide chez les adolescents, ou Mots rumeur mots cutter, des mêmes autrice et illustratrice, sur le thème du harcèlement scolaire) et un cycle « lycée » (voir ici Secret pour secret, de Charlotte Bousquet & Jaypee), débute le cycle « primaire ».

 

J’ai écrit les scénarios de ces romans dont l’illustratrice Clerpée assure la partie graphique. Le premier d’entre eux s’intitule Rackette-moi si tu peux et est en librairie aujourd’hui.

 

Je m’apprêtais à passer une journée de plus tout seul dans cette nouvelle école quand c’est arrivé : à la récré, Florie est venue me parler.  Il y a de nouveaux bonbons à la boulangerie, des poulpes piquants, et elle voudrait que j’apporte de quoi en acheter demain. Ça m’embête un peu de prendre dans ma tirelire, j’économise depuis si longtemps pour cette magnifique maquette de bateau… Mais deux euros, ce n’est pas grand-chose en échange d’une amitié !
Et puis, ce n’est que pour une fois, n’est-ce pas ?

 

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J’aurai le plaisir de présenter pour la premier fois cet ouvrage ce week-end, au festival Les Littér’elles de Noirmoutier, dont je suis la marraine.

Gulf stream éditeur, août 2018
Illustrations : Clerpée

64 pages couleur, 13 euros
A partir de 8 ans

Des romans graphiques, elles en lisent beaucoup toutes les deux, mais ni Sophie Adriansen ni Clerpée n’en avait encore jamais signés. Elles ont accepté le défi et se sont rencontrées autour de la thématique du racket proposée par Sophie, afin de mettre en scène cette situation qui arrive plus souvent qu’on ne le pense et dans laquelle, avec l’effet de groupe, s’installe un engrenage qui peut prendre rapidement les allures d’un piège…

Sophie et Clerpée sont nées la même année, elles auraient pu être copines de classe. Pour Claire, qui a déjà illustré une douzaine de livres, cette collaboration a été l’occasion de faire vivre des personnages sur la durée et dans un cadre imposé ; pour Sophie, qui en a déjà écrit une trentaine, de laisser quelqu’un d’autre développer visuellement ce qu’elle avait en tête. Lâcher-prise à tous les étages ! Le tout dans la bonne humeur, et avec l’espoir que Rackette-moi si tu peux – comme l’ensemble des romans de ce cycle – puisse aider les enfants à s’affirmer dans ce microcosme parfois synonyme de jungle qu’est l’école, et à un âge où parler aux parents, et plus globalement aux adultes, n’est pas toujours simple…

En primaire déjà, Claire et Sophie trouvaient réponses et réconfort dans les livres. Elles espèrent en offrir à leur tour, comme un juste retour des choses.

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Invisible / Secret pour secret, Charlotte Bousquet

invisible-330pxCes deux romans graphiques sont parus récemment chez Gulf Stream dans la collection Les Graphiques. Le premier s’adresse aux collégiens, le deuxième aux lycéens. Tous deux sont signés Charlotte Bousquet.

Invisible (illustré par Stéphanie Rubini)

En classe comme dans sa famille, Marie est invisible. Sa passion ? La couture et les bijoux faits main. Lorsqu’elle observe les autres filles, elle se trouve laide, grosse, inutile. Le seul qui la voit, c’est Soan. Mais ce regard est capable de faire éclore chez Marie une nouvelle confiance en elle. Une confiance bien fragile.

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Les Cahiers d’Esther, Riad Sattouf

Présentation de l’éditeur :

 

couvertures-esther-pantone-rvbÉcrits d’après les histoires vraies d’Esther A. (les noms des vraies personnes ont été modifiés), Les Cahiers d’Esther nous plongent dans le quotidien d’une fille de 10 ans qui nous parle de son école, ses amis, sa famille, ses idoles.

Que sont Tal, Kendji Girac ou bien les têtes brûlées ? Quels sont les critères de beauté que doivent avoir les garçons et les filles pour être populaires ? Comment fait-on quand on a des copines plus riches que soi ? Qu’est-ce que le petit pont massacreur ? Comment les attentats du 7 janvier ont-ils été vécus dans la classe d’Esther ? Comment faire quand on a peur d’avoir des gros seins ?

couvertures-esther-pantone-rvb - CopieEn cinquante-deux pages qui sont autant de saynètes sur un thème à chaque fois différent, Esther nous raconte sa vie et son époque. Ce qu’elle ne dit pas à ses parents, elle le raconte dans ce journal intime, tour à tour drôle et émouvant, tendre et cruel : un portrait de la jeunesse d’aujourd’hui et un miroir de notre société.

 

 

Esther ecoleRiad Sattouf s’illustre par la justesse de son regard porté sur la jeunesse, qu’il s’agisse de la sienne ou de celle des autres. Il a rencontré Esther, la fille d’amis, et l’a écoutée. Des histoires qu’Esther lui raconte, il fait des planches, prépubliées dans L’Obs. Ces cahiers reprennent les 52 planches de l’année des 10 ans d’Esther, que Riad Sattouf a pour projet de suivre jusqu’à ses 18 ans.

Esther a des préoccupations tellement liées à son temps qu’elles ne sauraient s’inventer. C’est ce qui rend ce roman graphique fascinant. L’album est drôle, mais parfois aussi consternant. Le syndrome du « c’était mieux avant » guette…

 

C’est une expérience à laquelle nous convie Riad Sattouf en nous faisant assister à l’évolution de cette Esther totalement ancrée dans son époque. Ces Cahiers se dégustent de façon fractionnée et nous donnent à comprendre l’évolution des mœurs dans la cour de récré.

Peut-on proposer meilleur baromètre de la jeunesse d’aujourd’hui ?

 

Allary éditions, janvier 2016, 56 pages, 16,90 €

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Esther plage

L’Arabe du futur 2, Riad Sattouf

Présentation de l’éditeur :

arabefutur2webhd-tt-width-300-height-430-bgcolor-FFFFFFNé d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf raconte dans L’Arabe du futur sa jeunesse au Moyen-Orient.
Dans le premier tome (1978-1984) le petit Riad était balloté entre la Libye, la Bretagne et la Syrie.
Dans ce second tome, qui couvre la première année d’école en Syrie (1984-1985), il apprend à lire et écrire l’arabe, découvre la famille de son père et, malgré ses cheveux blonds et deux semaines de vacances en France avec sa mère, fait tout pour devenir un vrai petit syrien et plaire à son père.
La vie paysanne et la rudesse de l’école à Ter Maaleh, les courses au marché noir à Homs, les dîners chez le cousin général mégalomane proche du régime, les balades assoiffées dans la cité antique de Palmyre : ce tome 2 nous plonge dans le quotidien hallucinant de la famille Sattouf sous la dictature d’Hafez Al-Assad.

Ce deuxième volet de la trilogie à succès – mérité – de Riad Sattouf se focalise sur l’année de cours préparatoire du jeune Riad. 160 pages pour une année riche en petits bonheurs et en grandes mésaventures. Avec ce rythme et ce regard, qui s’attache à relever les absurdités de l’enseignement et à dépeindre le quotidien à hauteur d’enfant, on embarquerait volontiers pour un tome par année d’enfance du narrateur (ça tombe bien, un tome 3 est attendu pour l’année prochaine).

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sattouf_maitresseLa cruauté du régime se trouve ici rapportée à l’échelle de l’école et de la vie locale. C’est féroce et drôle, édifiant et marquant. En Syrie, l’école est un lieu où l’on apprend (la vie) davantage que l’on s’instruit, un lieu comme d’autres du pays qu’il vaudrait mieux éviter mais qui échappe à tout contrôle. Le corps enseignant y sévit en toute impunité, l’arabe rentre à coups de règle sur les doigts, et les humiliations ne sont pas réservées à la cour de récréation. Quant à la violence, elle ne se limite pas ce qu’on appelle « école »…

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Une nouvelle réussite.

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Allary Editions, juin 2015, 160 pages, 20,90€

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Garçon manqué, Liz Prince

Garçn manquéPrésentation de l’éditeur :

 

Liz Prince a grandi dans la banlieue de Santa Fé, au Nouveau Mexique, à la fin des années 1980. Elle n’était pas du tout girly et détestait s’habiller « en fille », mais elle n’était évidemment pas non plus un garçon, comme lui fit clairement comprendre le coach de base-ball de l’équipe junior locale. Elle était quelque part entre les deux. Et ce n’était pas une zone très confortable, avec les forces de l’école primaire, du collège, de ses parents, de ses amis et de ses amours qui la tiraillaient dans un sens ou dans l’autre… Petit à petit, au fur et à mesure de ses rencontres, elle apprend à composer avec les réactions de son entourage et à se construire une identité propre.

 

Au fil de cet album, un véritable roman graphique, avec son découpage en chapitres qui sont autant d’étapes initiatiques pour la narratrice, Liz Prince aborde avec légèreté les difficultés, tout sauf légères pourtant, qu’elle a connues en tant que « garçon manqué », du moins en tant que fille, incontestablement fille, qui se trouvait bien des points communs avec les garçons… (et pas seulement parce qu’elle détestait porter des robes)

 

Ce n’est pas une leçon, rien d’autre qu’un récit autobiographique, donc forcément personnel et subjectif. Cela n’empêche pas de susciter la réflexion sur cette question du genre qui fait couler beaucoup d’encre ces temps-ci.

garconmanque1Liz Prince fait montre d’un sacré recul, d’un indéniable sens de l’autodérision, et d’un humour à (presque) toute épreuve – pour le plus grand plaisir de son lecteur.

 

Un ouvrage rythmé, des dessins simples mais efficaces, et un livre réussi qui ne parlera pas qu’aux adolescents en pleine quête identitaire.

 

Lire un extrait ici.

 

Editions ça et là, octobre 2014, 256 pages, 20 euros

 

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