« Treize » : le roman d’un premier roman

Begue

Aurore Bègue a 37 ans et vit à Paris. Treize, paru en avril aux éditions Rue Fromentin, est son premier roman.

Elle nous en raconte l’origine.

 

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Comment est né Treize ? Lire la suite

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Treize, Aurore Bègue

Présentation de l’éditeur :

TreizeAlice, treize ans, part en vacances en famille sur la côte méditerranéenne.

Durant cet été, elle observe sa sœur aînée, Marie et son comportement face aux hommes. Les trois ans qui les séparent lui semblent être désormais un fossé infranchissable.

Elle porte aussi un regard lucide sur sa mère fragile psychologiquement et son père qui surjoue la normalité pour rassurer ses filles.

A treize ans, on est parfois plus réaliste que les autres. Alice sent avant tout le monde le drame qui se noue pendant ces vacances et va bouleverser toute son existence.

Un premier roman à l’atmosphère tendue et envoûtante. Un texte poignant et juste sur la collision entre les attentes de l’adolescence et les lâchetés du monde adulte.

 

 

L’adolescence, cet âge si particulier où l’on se construit, où l’on se cherche, où l’on essaye. Cet âge aussi où « se faire remarquer [revient] à se faire juger. »

L’adolescence d’Alice, la narratrice, la mène au bord de Lire la suite

La rentrée littéraire de Bertrand Guillot

BertrandGuillot

Bertrand Guillot est l’auteur d’un premier roman, Hors jeu, d’un livre-reportage sur l’illettrisme, B.a, ba, d’un recueil de nouvelles, Le métro est un sport collectif .

Son deuxième roman, Sous les couvertures (rue fromentin), paraît en cette rentrée littéraire.

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Bertrand Guillot (c) Marie Planeille 

 

 

Comment vivez-vous cette rentrée littéraire ? Qu’en attendez-vous ? 

J’ai déjà connu une Rentrée avec Hors-jeu, mais dans des conditions particulières : un premier roman, c’est un peu la compétition junior, avec une attention particulière.

GuillotEt puis là, dans le grand bain mais en léger différé. C’est bizarre, de sortir mi-septembre : tous les copains (et les autres) sont déjà rentrés, ils sont en train de faire leurs devoirs ou de jouer dans la cour, et moi je suis encore coincé derrière la grille de l’école, sans savoir dans quelle classe je serai. Du coup je vis aussi la rentrée en spectateur, un peu détaché… En espérant tout de même que le roman survivra au grand cirque et que, par la grâce de quelques libraires et lecteurs, il vivra encore dans quelques mois. [ayons ici une pensée pour tous les auteurs dont le roman est sorti le même jour que Valérie T. Le sort d’un livre peut se jouer à si peu de choses…]

Et si l’on va au fond des choses, là où elles sont si simples qu’elles en paraissent triviales, les attentes sont les mêmes en septembre qu’à tout autre moment : que des gens le lisent, qu’ils rient mais pas seulement et, soyons fous, qu’ils aient envie de le partager.

 

 

Que lisez-vous en ce moment ? Vous intéressez-vous à la rentrée littéraire en tant que lecteur ?

En tant que lecteur, je me fous bien de la Rentrée ; ce sont les livres qui comptent, le reste n’est que jaquettes et publicité.

Mais depuis quelques années, j’ai été amené à m’y intéresser un petit peu plus, soit pour des raisons professionnelles (quelques chroniques pour des magazines) ou pour m’amuser, avec le Prix de la page 111. Ça me permet de faire quelques découvertes, de me faire surprendre par des romans que je n’aurais peut-être pas lus autrement. Je viens de terminer La vie rêvée de Rachel Waring, de Stephen Benatar, au Tripode (un roman étonnant dont la narratrice est folle (mais l’auteur pas du tout)) ; et je suis plongé dans La condition pavillonnaire, de Sophie Divry chez Notabilia – dans la veine réaliste française, c’est un des meilleurs que j’aie lus depuis longtemps.

Ensuite j’attaquerai peut-être le Carrère : d’ordinaire j’attends toujours quelques mois, que tout le bruit autour soit retombé, mais là, allez, par solidarité avec un non-sélectionné pour le Goncourt, je vais peut-être faire une exception.

 

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Sous les couvertures, Bertrand Guillot

COUV-Sous-les-couvertures-270x395Présentation de l’éditeur :

Un samedi soir, une librairie de quartier. Comme toutes les nuits, sitôt le rideau tombé, les livres s’éveillent et se racontent leurs histoires… Mais ce soir, l’heure est grave : les nouveautés viennent d’arriver, et les romans du fond de la librairie n’ont plus que quelques jours pour trouver un lecteur !

Pour sortir par la grande porte, il leur faudra s’unir et prendre la place des best-sellers solidement empilés près de la caisse. Autant dire qu’ils n’ont pratiquement aucune chance…

Entre roman et conte iconoclaste, Sous les couvertures, quatrième livre de Bertrand Guillot, est une merveille d’humour et d’originalité. Où l’on découvrira, entre autres, à quoi servent les classiques, en quoi les livres ressemblent à leurs auteurs… et pourquoi, à l’habit des académiciens, on a ajouté une épée.

 

 

Bertrand Guillot met en scène un fantasme, celui d’être enfermé une nuit dans une librairie (si le fantasme n’en est pas un, remplacer librairie, au choix, par musée, magasin de mode ou tout autre commerce de son choix). Et un autre – savoir ce que les livres pensent. Les livres qui voient et entendent tant de choses… Les livres qui, s’ils pouvaient parler, diraient « cette espérance qui [les] soulève, le désespoir qui s’ensuit lorsque la main agrippe un de [leurs] voisins, et le cœur qui bat quand c’est enfin [eux] qu’elle saisit… ».

 

On les croit paisibles et stoïques, Bertrand Guillot nous les révèle enflammés, passionnés, jaloux, aigris, naïfs, bienveillants. Humains. Et la capacité de révolte n’est-elle pas le propre de l’homme ? Dans la librairie, le calme semble régner cependant que le feu brûle sous les couvertures… Car se faire une place sur la table du libraire, c’est se faire une place dans le monde des lettres, ce monde « où souvent l’expérience [passe] pour de l’intelligence ». Et vice versa. Et pour parvenir à l’un donc à l’autre, tous les coups sont permis et tous les moyens sont bons.

 

Sous les couvertures est un roman frais et plein d’esprit, malin et truffé de bons mots comme de références aux sixième et neuvième arts, drôle mais pas que. C’est aussi une déclaration d’amour à la littérature à l’heure où les livres se font la guerre – mais parle-t-on encore nécessairement de littérature quand on parle de livres ?

C’est enfin une réflexion sur la production littéraire actuelle – quantité et périssabilité. Sur ce qu’on fait des livres et ce que l’auteur, lui, attend et espère. Sur ce qui l’anime avant le maquettage, avant la promotion, avant les foires et salons (dont Guillot nous offre ici des tranches délectables).

 

Un roman vivant, rythmé, aussi coloré que sa couverture, et qui peut-être contient tous les romans de la rentrée dont on peut se dispenser.

 

Editions rue fromentin, septembre 2014, 184 pages, 16 euros

 

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Lignes choisies :

 

« Les livres portaient les espoirs démesurés et les doutes abyssaux de leurs auteurs, ce qu’ils avaient vécu et ce qu’ils auraient aimé vivre, ainsi que d’infimes morceaux d’âme dont ils n’avaient pas conscience. » (page 12)

 

« L’automne est impitoyable pour les oubliés de la rentrée littéraire. » (page 23)

 

« Est-ce l’auteur qui fait le grand livre, ou ce que les lecteurs en retiennent ? » (page 53)

 

« Et si le grand livre, c’était celui devant lequel le lecteur se sent tout petit ? » (page 54)

 

« La vie est dans le début des histoires. Les fins ne sont jamais que de la morale. » (page 57)

 

« Les livres sont comme les hommes : ils ont toujours moins d’hésitation à nuire à qui se fait aimer qu’à qui se fait craindre. L’amour peut se rompre ; la peur du châtiment, elle, ne vous abandonne jamais. » (page 67)

 

« Il n’est pas nécessaire de posséder toutes les qualités, mais il est tout à fait nécessaire de paraître les avoir. » (Machiavel, cité page 69)

 

« C’était l’une de ces nuits où sans le savoir on abandonne de vieilles lunes pour voir le monde sous un nouveau jour, une nuit où les idées progressent sans qu’on puisse encore les suivre. Une nuit où l’on grandit. » (page 74)

 

« Ce n’est pas au livre d’aller vers le lecteur ; c’est un chemin sur lequel tu ne peux que te perdre. » (page 79)

 

« La mythologie de la Nécessité pouvait se résumer ainsi : tout livre qui n’était pas nécessaire à son auteur était inutile pour le lecteur, et quiconque prétendait le contraire était relégué au rang de publicitaire. » (page 80)

 

« Les pires ennemis sont ceux du même bord. » (page 112)

 

« Beaucoup d’écrivains sont insomniaques, mais pas les auteurs à succès. C’est que ça demande de la discipline, d’écrire un best-seller. Et la discipline se couche tôt. » (page 115)

 

« Toute l’histoire du monde enseignait pourtant bien qu’il fallait savoir donner un peu pour prendre beaucoup à la fin. » (page 131)

Bois sans soif, François Perrin

Bois sans soifPrésentation de l’éditeur :

« Il m’en avait fallu du temps, avant de comprendre de quel bois j’étais fait, et quel serait son usage le plus approprié. Pupitre, étai, manche de pioche – je n’avais pas déniché ma carrière. »

Au moment de se choisir un avenir, le narrateur de Bois sans soif pousse la porte d’un bar. Et se découvre plus qu’un métier, une vocation : « À chaque cul son tabouret, à chaque arbre son étagère Billy. » Pour lui, ce sera donc le zinc, meilleur poste avancé pour observer et comprendre le monde qui l’entoure. Pour développer, aussi, de mystérieux superpouvoirs, indétectables par les accoudés d’en face, et qui ne durent que le temps du service.

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Bosser dans un bar. Prêcher en zinc. Le narrateur sait de quoi il parle. Bistrot, troquet, rade, il a pratiqué, des deux côtés du comptoir. Des années d’observation et d’analyse qui lui permettent de livrer une version très personnelle, désabusée et souvent férocement drôle de ce qui s’y passe, de qui y vient, de pourquoi on y vient, de ce qu’on y cherche, de ce qu’on y trouve (ou pas), de pourquoi on y revient, de comment on en sort à l’heure où parfois on ne retrouve plus son chemin.

 

Qu’est-ce qu’un bar ? Sur le papier, « un lieu disposant d’une licence IV, débitant de boissons alcoolisées au vu et au su de la maréchaussée, et selon les goûts de tout un chacun. » Bien plus que cela en réalité. « Ni plus ni moins que la chambre dont on ne dispose pas chez soi. » ose le narrateur.

 

Le grand, le très grand Philippe Jaenada, qui signe la préface de ce livre qualifié de fiction quand on l’estampillerait plus facilement chronique, voire étude sociologique (mais puisque l’on déplore les étiquettes, passons-nous ici d’estampille), l’affirme : « On a dans les mains, tombé du ciel, le plus complet, le plus précis des manuels de vie en milieu baristique. […] On y apprend surtout ce qu’est la vie sur terre. » (Cette préface est une exception de la part de l’auteur de Sulak, mais pas un hasard : « les trois trucs [qu’il] préfère au monde (si on met de côté les choses intimes, comme la famille ou la levrette), ce sont les bars, les livres et François Perrin. » On a connu pire adoubement pour un premier livre.)

 

La visite guidée que propose François Perrin de ce monde qui bruisse derrière les vitrines embuées d’envie de rencontres est une formidable galerie de portraits. Le personnage principal est celui que l’on connaît le moins : le barman. Il devient ici un inoubliable Super-Héros (avec majuscules, ja).

 

Mais on ne naît pas Super-Héros. On ne le devient pas non plus. On est identifié et choisi comme tel. Et ensuite, il faut bien faire avec ce statut et les Superpouvoirs associés. Pas toujours simple. La blonde peut se révéler amère en fin de verre. Perrin distille des pincements de cœur au fil des pages.

Triste sort que celui du Super-Héros, célibataire à durée indéterminée – les Superpouvoirs seraient-ils solubles dans le couple comme le rhum dans le coca-cola ? Car si « chaque cul [a] son tabouret », l’amour, apprend-on, se trouve d’un seul côté du bar. L’autre, donc. Et si le célibat se fête au champagne, le champagne et le rade, ça fait deux.

 

C’est la solitude du buveur de fond(s) comme de celui qui le sert que raconte, dans une langue riche et imagée, François Perrin. Les formules pleines d’esprit coulent à flots (facile). L’humour vient contrebalancer un désenchantement qui n’est rien d’autre que de la lucidité. Et qui mène à une forme de résistance sociale – refuser l’exploitation est un choix politique qui se paye. La bière heureusement reste encore abordable.

Bois sans soif est à lire sans modération (re facile) et à jeun avant de se poser un instant la question de ce qu’on a fait, espéré, manqué, etc. la dernière fois qu’on a bu sous une enseigne licence IV. Et de ce qu’on a bu. Et de pourquoi c’était (encore et toujours) de l’alcool.

 

Pousser la porte d’un bar, c’est bien. Ne pas en ressortir trop tard, c’est bien aussi. Que l’on siège d’un côté ou de l’autre de la pompe à bière.

 

 

Editions rue fromentin, janvier 2014, 140 pages, 16 €

 

 

 

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Brèves de comptoir :

 

Bois sans soif-extérieur« Etre le plus beau pour lever une dinde, en gros, l’orateur le plus subtil pour postillonner le plus fort dans une oreille moite, vers un cerveau flasque avide de généralités. » (page 22)

 

« Un bar ne constitue ni plus ni moins que la chambre dont on ne dispose pas chez soi. » (page 26)

 

« Je trouverais forcément quelque chose à y faire. Perdre de l’argent, dans tous les cas. » (page 44)

 

« C’est parce que les gens ne s’adressent que rarement à vous que, passé les années d’adolescence, vous prenez le parti d’aiguiser votre oreille. » (page 63)

 

« Mais si tu es derrière le bar, à ce moment-là, et que les types sont des habitués, qui te causent en permanence, au fond, même quand ils parlent entre eux ? Parce qu’il ne faut pas croire, les clients d’un bar te classent par définition dans la catégorie des interlocuteurs évidents. Et les habitués plus encore que les autres. Même quand ils se parlent à eux-mêmes, ils t’incluent dans leur échange, ne serait-ce que pour ne pas trop flipper. » (page 66)

 

« On passe de Rien à Client Mémorable dès l’instant où naît la curiosité d’arrière-bar. Le Postulant Sérieux sait déjà qu’il sera embauché, et a décroché le poste de Stagiaire Prometteur avant même d’en avoir fait la démarche. Pendant cette période, il fait l’expérience de ses nouveaux Superpouvoirs. » (page 74)

 

« Les Super-Héros, au fond, porteraient en eux-mêmes les germes de leur propre déclin. » (page 86)

 

« La frontière entre le cynisme et l’errance, c’est l’allergie aux lauriers. » (page 87)

 

« Quelle que soit l’étendue de ses Superpouvoirs, le barman ne peut pas plus les expérimenter en congés ni en plein jour – sans son masque, disons – qu’un quelconque héros de Marvel ou de DC Comics. » (pages 87-88)

 

« Un Super-Héros sans masque n’est ni plus ni moins qu’un dégénéré, un Superpouvoir à l’air libre est un faire-valoir humiliant pour l’entourage. » (page 89)

 

« Les Clients Mémorables se déclinent en alcools, ils sont ce qu’ils consomment, leurs intentions débordent dès la première commande. » (page 95)

 

« En commandant d’entrée une bière, le Client Mémorable hurle à l’assistance qu’il n’a pas de plan précis pour la soirée. […] La bière est une fille facile, mal dégrossie certes, mais qui vous semble toujours un peu familière. […] Téter une bière avec quelqu’un revient à ne rien partager tout en exhibant sa nudité, sans artifice. » (pages 96-97)

 

« La bière accouche autant d’amis-pour-la-vie que d’implacables verrues. » (page 98)

 

« Qu’on le dise une fois pour toutes, même les mousseux racés n’ont rien à faire en rade. Si le champagne est délicieux en mariage, incontournable en cocktails et raouts – où quémander un whisky vous classe à l’extrême, une bière plus bas que terre -, ses courbes comme ses effets ne se marieront jamais avec les quatre murs de nos troquets. » (page 100)

 

« Quand la vodka promet une gifle solide, flamme pure aux effets bornés dans le temps, le rhum tient autant du feu que de la colle, équilibre impeccable entre tourbe et brasier qui en fait la plus aliénante des mixtures. » (page 101)

 

« Les gens qui apprécient de se la mettre, comme on dit, s’alcoolisent toujours à mort en fonction des circonstances. » (page 103)

 

« Les groupes s’arsouillent à la bière, à la bière, au vin rouge quand ils dînent, puis à la bière, enfin au whisky ou à la vodka quand des cibles avenantes se radinent. On rompt souvent au vin rouge, fête son célibat au champagne, sa liberté au rhum, sa dépression à la tequila. » (page 104)

 

« On peut n’être plus que ce que l’on boit, pour un instant ou une heure, une soirée ou une vie. » (page 107)

 

« A chaque cul son tabouret. »(page 109)

 

« L’esprit d’entreprise : œuvrer au succès de son employeur au prix de son propre effacement. Parce que c’est plus facile. Effectivement. Bien des VRP s’avèrent plus capables de pousser à l’achat d’un batteur à œufs que de trouver dulcinée, bien des sergents-majors inaptes à dresser marmaille, et ainsi de suite. Vendre un produit, faire appliquer une discipline ou défendre la veuve et l’orphelin s’avère toujours plus simple que de se vendre, discipliner ou défendre soi-même. Ainsi – magie ! – naît le salariat. » (page 110)

 

« Quand on apprend en un mois, d’un collègue d’open-space, quels sont sa couleur préférée, les prénoms de ses mômes et la nture de sa carrière estudiantine – voire son parfum préféré de capsule Nespresso -, on accède en trois services tout au plus au nombre de fausses couches, séjours en taule et admissions aux urgences – pou diverses raisons – d’un collègue de limonade. » (page 115)

 

« Portes closes, tripes ouvertes. » (page 122)

Le métro est un sport collectif, Bertrand Guillot

« Le métro, écrit Marc Augé, c’est « la collectivité sans la fête et la solitude sans l’isolement ».

 

Nombre d’observateurs témoigneront volontiers que  le métro est une expérience individuelle. Ils raconteront la froideur, la résignation, ces solitudes barricadées derrière un savant maquillage ou une gueule d’enterrement.

 

Ce n’est pas faux, évidemment. Mais ce serait oublier que ces solitudes sont aux abois. Qu’un grain de sable vienne enrayer la routine, qu’un infime événement survienne, et hop, le métro devient une expérience partagée, chaque échange même muet prend une valeur inestimable. » (page 35) Lire la suite