Chevalier de l’ordre du mérite, Sylvie Testud

Chevalier ordre meriteQuatrième de couverture :

Dès que je passe la porte de notre appartement, je me transforme. Sans plus aucune coquetterie, je retire mes escarpins, je jette mes vêtements dans la panière à linge sale. Je m’attache les cheveux sur le sommet du crâne, remonte mes manches, et c’est parti pour le rodéo de l’ordre et de la propreté. Une chorégraphie d’un genre peu sexy, à laquelle je ne renonce que tombante de sommeil. Pauvre Adrien : il vit avec une mégère. L’image n’est pas folichonne. C’est au bureau qu’ils vivent avec moi. Bien habillée, maquillée, coiffée. Pourquoi je me transforme ? Pourquoi je n’arrive pas à suivre le mode de vie d’Adrien ? Pourquoi ça ne tourne pas plus… plus… plus carré ? S. T.

 

Sybille Mercier est toquée d’ordre, obsédée par l’organisation, control freak. Le premier à en faire les frais est son compagnon. Adrien est heureusement doté d’un redoutable sens de l’humour. « Tu crois qu’on va arriver les premiers ? » demande-t-il en voyant sa douce courir dans les rayons de la supérette avec son chariot.

 

Mais les tâches domestiques sont bientôt la cause de toutes leurs disputes. Sybille a besoin d’une aide ménagère pour sauver son couple. Elle fait passer un casting de femmes de ménage et trouve la perle qu’elle cherchait. Dès lors, elle se sent comme une touriste chez elle. Est-ce la fin des problèmes ? Ou le début de la folie ?

 

C’est frais et drôle. Rythmé et visuel. Son héroïne est attachante autant qu’énervante. Les dialogues sont jubilatoires, Sylvie Testud révélant un véritable talent en la matière.

Alors on passe sur les petits défauts de forme (la ponctuation est catastrophique, l’orthographe du prénom de l’héroïne varie…) et l’absence de style – et on attend d’en voir, un jour, une adaptation cinématographique.

 

Car Chevalier de l’ordre du mérite est un scénario prêt-à-filmer plutôt qu’une œuvre romanesque.

 

Le livre de poche, 2012, 232 pages, 6,60 euros

 

Bribes :

 

« Il pleuvra si j’oublie mon parapluie. » (page 20)

 

« Je ne possède aucun objet de valeur, ils me sont tous précieux. » (page 92)

 

« On peut dire tout et son contraire sur un même fait, une même personne. » (page 134)

 

« Les soucis m’amusaient presque. » (page 205)

 

« On agit sur moi sans que j’agisse sur personne. » (page 227)

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Entre les murs, François Bégaudeau, Laurent Cantet & Robin Campillo

entrelesmurs scenarEntre les murs était d’abord un livre de François Bégaudeau (Verticales, 2006), basé sur par son expérience d’enseignant au collège Mozart, un établissement parisien classé en zone d’éducation prioritaire. Il a valu à son auteur de recevoir le Prix France Culture-Télérama tout juste créé.

 

Entre les murs a été porté à l’écran en 2008 par Laurent Cantet, et récompensé par la palme d’or à Cannes la même année.

 

Entre ces deux versions, le scénario, étape peu lue par les non professionnels du cinéma et pourtant moins élitiste qu’il n’y paraît, tout comme le théâtre publié en volume.

 

Dialogues, didascalies, indications scéniques, variantes et autres libeentrelesmursrtés par rapport au texte original… on plonge dans les coulisses du tournage et on devient assistant réalisateur sans quitter son canapé.

 

Dans ce bel album qui rend accessible cette forme d’écriture qu’est le scénario, la salle de classe devient sous nos yeux plateau de cinéma. Une façon passionnante de redécouvrir, au choix, le livre, le film, les deux.

Silence, moteur, on tourne !

 

Eleves acteurs

 

 

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.Entre les murs poche

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Quatrième de couverture :

De son expérience de professeur de français, François Bégaudeau a tiré un roman, en forme de journal de bord offensif, sur la vivacité du langage et les stratégies d’un enseignant qui veut transmettre les valeurs de l’école républicaine à des élèves ne comprenant pas toujours le sens de ce qu’ils apprennent. De son côté, Laurent Cantet voulait depuis longtemps réaliser un film sur l’école. «J’ai rencontré Laurent, on a sympathisé. Je crois qu’il a senti que mon livre pouvait lui fournir le matériau nécessaire au film qu’il souhaitait faire : pas de grandes idées sEntreLesMursG2ur l’école, mais des faits. Laurent m’a proposé qu’on écrive le scénario à trois avec Robin Campillo. On a très vite trouvé comment fonctionner : on choisirait les adolescents qui joueraient les élèves, puis on les ferait travailler tous les mercredis après-midi pendant un an pour apprendre à les connaître, tester les situations, voir si on arrivait à recréer une ambiance de classe. C’est un film destiné à tous ces gens qui prétendent juger la jeunesse en deux trois aphorismes, façon Tous des petits imbéciles qui ne savent jouer qu’aux jeux vidéo. Ils ne sont pas plus cons que les autres, et sans doute plus finauds que moi à leur âge.»

 

Gallimard, 2008, 168 pages avec photographies couleur, 15 euros

 

Le Parrain, l’album officiel, Jenny M. Jones

Il y a 40 ans sortait sur les écrans ce qui allait devenir un monument cinématographique : le Parrain, de Francis Ford Coppola, avec Marlon Brando dans le rôle principal.

Cet album anniversaire est en passe de devenir un objet aussi culte que le film auquel il rend hommage : on y retrouve le scénario intégral, colonne vertébrale de l’ouvrage, mais aussi un focus détaillé sur la distribution, le making-of du film et les coulisses du tournage (des blagues aux négociations de Francis Ford Coppola en passant par les remplacements des acteurs), les scènes coupées au montage, le tout largement illustré de photos du film et du tournage. Lire la suite