Les Monologues du vagin, Eve Ensler

Présentation de l’éditeur :

Monologues vaginJ’ai décidé de faire parler des femmes, de les faire parler de leur vagin, de faire des interviews de vagins…, et c’est devenu ces Monologues… Au début, ces femmes étaient un peu timides, elles avaient du mal à parler. Mais une fois lancées, on ne pouvait plus les arrêter. Les femmes adorent parler de leur vagin. 

Depuis sa parution aux États-Unis en 1998, Les Monologues du vagin a déclenché un véritable phénomène culturel : rarement pièce de théâtre aura été jouée tant de fois, en tant de lieux différents, devant des publics si divers… Mais que sont donc ces Monologues dans lesquels toutes les femmes se reconnaissent? Il s’agit ni plus ni moins de la célébration touchante et drôle du dernier des tabous : celui de la sexualité féminine. Malicieux et impertinent, tendre et subtil, le chef-d’œuvre d’Eve Ensler donne la parole aux femmes, à leurs fantasmes et craintes les plus intimes. Qui lit ce texte ne regarde plus le corps d’une femme de la même manière. Qui lit ce texte ne pense plus au sexe de la même manière.

« Ça sonne comme une infection, ou peut-être un instrument médical :

« Vite, infirmière, passez-moi le vagin. » »

Le vagin, ce tabou, dont le nom même hésite souvent à être prononcé, se trouve sous la plume d’Eve Ensler doué de parole. Parfois il hurle, parfois il jubile. Il connaît plaisir et souffrance, humiliations et incompréhension. Avec lui, ce sont les femmes qui s’expriment, toutes les femmes. Cette expression est libératrice. Parfois salvatrice. Elle fait un bien fou.

Le vagin, ce grand cœur rouge qui bat.

Nouvelle édition, nouvelle traduction. Cet écrin inédit permet de (re)découvrir cette série de textes forts et intemporels, jouée dans tant de théâtres de par le monde, portée par les voix de tant de comédiennes. Son petit format et sa couverture élégante en font un objet aussi précieux que son contenu, qu’il est indispensable d’avoir dans sa bibliothèque.

« Le cœur est capable de sacrifice. Comme le vagin. »

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Lili Sztajn

Editions Denoël, juin 2015, 112 pages, 12,50 euros

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Trois enfants du siècle, Cyril Massarotto

Trois enfants du sièclePrésentation de l’éditeur :

Trois enfants du siècle pris au piège de leurs antagonismes et de leurs désirs

France a vingt ans, elle est belle et vit dans le XVIe. Sur les Champs-Élysées, elle fait la connaissance de Salim, une « racaille ». Elle l’invite à une soirée où elle doit retrouver Matthias, fervent adhérent d’un groupuscule d’extrême droite.

La rencontre entre les deux jeunes hommes est explosive. Surtout lorsqu’ils se rendent compte que pour France, il n’est pas question de faire un choix : elle veut coucher avec eux deux, ensemble, sinon rien. Un périlleux ménage à trois commence.

Salim et Matthias parviendront-ils à passer outre leurs convictions, leurs idées reçues, leur méfiance ? Et France, que veut-elle exactement ?

Dans ce roman au ton résolument provocateur, Cyril Massarotto dresse le tableau d’une société traversée par des aspirations contraires. Un texte ancré dans une réalité brute, décrite sans fard.

 

Le septième roman de cet écrivain à succès est court, cru, violent, percutant. Il fait s’alterner les voix de trois personnages que tout oppose a priori, des personnages au caractère caricatural renforcé par leurs différences de phrasé, de vocabulaire. Ils existent pourtant, ces personnages, la nature est pleine de caricatures ; la littérature cependant a ce pouvoir, sinon ce devoir, de se détacher de la réalité pour mieux nous y ramener.

 

Cyril Massarotto décrit sans tenter d’expliquer et c’est tout à son honneur. Son roman est tristement fascinant et se dévore. On n’aurait pas détesté toutefois qu’il délaisse l’oralité pour tendre davantage vers le romanesque. Son propos n’en aurait été que plus fort.

 

XO Editions, septembre 2014, 192 pages, 16,90 euros

 

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Fake, Giulio Minghini

FakePrésentation de l’éditeur :

Suite à une rupture douloureuse, un jeune Italien installé à Paris s’inscrit, sur le conseil d’une ancienne maîtresse, sur un site de rencontres fondées sur les affinités culturelles. Il va découvrir une sorte d’univers parallèle, où la prétention intellectuelle est de mise et dont il sera vite le prisonnier. Dans une langue limpide et nerveuse se succèdent des portraits de femmes crus ou poignants, des morceaux choisis, d’une lucidité grinçante ou d’un humour corrosif. Les innombrables faux profils, prothèses identitaires, sorte de double virtuel dont l’existence ne peut qu’être éphémère, fakes, dont le narrateur finira par se servir pour manipuler ses interlocutrices, achèveront d’usurper sa vraie identité. Spectateur impuissant de sa propre perdition, il sera embarqué dans une vertigineuse fuite en avant aux confins du virtuel et du réel. Succession hallucinante de mises en abîme littéraires et virtuelles, ce roman pourrait se lire comme une véritable odyssée contemporaine chorale. À la fois roman picaresque et vibrant «j’accuse» porté au système spectaculaire qui envahit désormais la sphère des sentiments, «Fake» est surtout une chronique politiquement déjantée du nouveau désordre amoureux.

 

On dénombre 100 millions de célibataires en Europe. En France, 12 millions de personnes vivent seules. La moitié d’entre elles s’est déjà connecté à un site de rencontres.

« Exilé érotique », le narrateur a « toujours préféré la fiction à la réalité ». En ligne, il est tout à son aise : sur la toile, ce vaste espace où tous les joueurs avancent masqués, il se vautre dans des sites aux allures de miroirs déformants – sur lesquels, cependant, des modérateurs veillent.

 

La drague sur Internet, c’est un « exercice d’équilibrisme psychique ». On vibre pour des inconnus aussi facilement qu’on les relègue à la catégorie des spams.

Mais à aller toujours plus loin, à vouloir toucher à tout(es), notre pauvre dandy virtuel ne risque-t-il pas de se prendre à son propre piège ? Et de se déconnecter pour de bon du réel ?

 

Fake est un roman de la déshumanisation des relations amoureuses et du marchandage du sexe. La facilité avec laquelle le narrateur obtient et consomme ses rendez-vous fascine autant qu’elle dégoûte. Un concentré de misère sentimentale et sexuelle sur fond de solitude des grandes villes – encore elle-, qui jaillit par salves et laisse des traces sales. Un anti mode d’emploi écrit dans une prose nerveuse, agitée, pressée, où l’on entrevoit parfois, comme une éclaircie, un peu de poésie. L’amour alors n’est pas totalement mort, ose-t-on rêver.

 

Le premier roman de Giulio Minghini est tristement contemporain. Il sonne le glas de l’implication amoureuse et l’entrée dans l’ère du plaisir solitaire à deux. Lucide mais pas désespéré : il reste toujours la possibilité de débrancher.

 

Editions Allia, 2009, 144 pages, 9 euros

 

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Messages instantanés :

 

« L’espace est rempli de nos mouvements invisibles. » (page 29)

 

« Devant l’écran, j’apprends les rudiments de l’art de la manipulation, qu’avec le temps j’affinerai jusqu’à la maîtrise. » (page 31)

 

« L’invisibilité réciproque favorise la procréation immodérée de fantasmes. » (page 32)

 

« Le discutable avantage de vivre plusieurs histoires parallèles consiste à n’en vivre aucune pleinement. » (page 55)

 

« L’immense fatigue que représente le fait d’entrer, ne serait-ce que le temps d’une nuit, dans la forêt psychique de quelqu’un d’autre. » (page 58)

 

« Et si chaque nouvelle rencontre n’était exactement que cela, un petit suicide ? Un acte irréfléchi d’abdication de soi ? » (page 63)

 

« L’abondance comme dimension paradoxale de la solitude. » (page 69)

 

« Je peuple ma solitude d’autres solitudes. » (page 71)

 

« Aucune rencontre ne peut se suffire à elle-même. Chacune est le maillon d’une chaîne. Ou le grain d’un chapelet de désespoir. » (page 72)

 

« Des cœurs et des sexes qu’on réchauffe au micro-ondes virtuel des sites de rencontres. » (page 80)

 

« Aucun raffinement intellectuel n’est requis pour pousser la porte d es Chandelles. » (page 82)

 

« Il est plus facile de multiplier le mirage de la découverte, beaucoup plus simple d’exploiter la source intarissable des possibles, plutôt que d’essayer d’épuiser le regard d’un seul être aimé, infiniment proche et lointain. Partie de nous qui nous complèterait en nous transformant. » (page 88)

 

« Pourquoi être soi si l’on peut être un fake ? » (page 128)