Retour sur Les Littér’elles

RacketteLa première édition du festival Les Littér’elles, à l’Epine (Noirmoutier), a été Lire la suite

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La saveur des bananes frites, Sophie Noël

Présentation de l’éditeur :

bananes-fritesSaraphina vit avec son grand frère Jude à Paris dans un foyer pour jeunes étrangers. Quand elle passe devant les grilles de la Cité Paradis et ses beaux appartements, elle ne peut s’empêcher de penser à une autre cité : celle où ses parents ont vécu avant sa naissance, en Haïti, et qu’ils ont dû fuir suite aux « grands combats ». Depuis, la vie ne les a pas épargnés : après la mort de leur mère, Jude et Saraphina ont dû apprendre à vivre seuls. Mais Jude semble profondément attaché à ses racines, alors que Saraphina, née à Paris, préfèrerait parfois les oublier.

Au quotidien, elle s’applique surtout à rendre la vie plus légère. Au collège, elle s’intéresse à tout ; au foyer, elle aide Jude autant qu’elle peut, et rit avec Malik, qui lui fait voir la vie en couleur.

Mais quand tout tourne mal, l’horizon du retour en Haïti se dessine peu à peu comme seul échappatoire possible. Comment Jude et Sara parviendront-ils à affronter cette nouvelle page de leur histoire ?

Il y a deux parties dans ce roman à la superbe Lire la suite

Pourquoi écrivez-vous, Sophie Noël ?

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Auparavant directrice d’école, Sophie Noël est l’auteur de nombreuses nouvelles, souvent primées.

Elle écrit une série jeunesse, Mahaut du Fargis, dont les deux premiers tomes (Le Mystère de la grotte au diable et L’Armée des rats) sont parus en 2013 et 2015 aux éditions Les 2 encres.

Maman de deux filles adoptées en Haïti, elle raconte ses péripéties de maman adoptante sur le blog http://mamancommelesautres.blogspot.fr

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Sur ce même sujet, elle a écrit un album et un roman jeunesse, L’enfant du séisme, paru en avril 2015 chez Oskar éditeur.

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Pourquoi écrivez-vous ?

Je me suis longtemps interdit d’écrire, ou en tout cas d’aller au bout d’une histoire. Je laissais partout des bribes d’écriture : des notes dans un carnet, des anecdotes dans des cahiers, des romans inachevés, des nouvelles non corrigées.

Il faut dire que mes références littéraires ne me laissaient pas le choix : Zola, Proust, Mishima, Garcia Marquez, Auster (désolée, il n’y a pas de femmes, j’en suis la première meurtrie…). Impossible de concurrencer de tels écrivains : autant ne rien faire !

J’avais la velléité de commencer, mais ne tenais pas la distance. Et puis, finir, c’est toujours triste : finir un livre, finir un bon pot-au-feu, finir une histoire d’amour, finir une vie… Je reculais l’échéance, malgré l’envie, et continuais à écrire de l’inachevé.

Et puis, comme on se couche sur le divan d’un psychiatre et que tout coule sans effort, un jour, une porte s’est ouverte sur un nouveau monde, qui a autorisé mes mots et mes histoires à aller jusqu’au bout d’eux-mêmes. Je suis entrée dans la véritable écriture par les contes, là où les débuts et les fins sont ce que l’on veut, où les personnages SNoelpeuvent être sans nuances comme nos fantasmes, où les allégories adoucissent la réalité. Je me suis aperçue qu’écrire, c’était mentir pour dire la vérité. C’était trouver son propre exotisme. Un acte de création sublime qui cristallise les chimères éparses de notre inconscient.

Alors, j’ai osé.

 

 

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un aspirant écrivain ?

Celui-ci : oser.

 

 

Précédent rendez-vous : Marie-Sabine Roger

Prochain rendez-vous : Grégoire Thonnat

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L’enfant du séisme

Toutes les réponses à « Pourquoi écrivez-vous ? »

L’enfant du séisme, Sophie Noël

Présentation de l’éditeur :

 

enfant seismeFlore, fillette adoptée en Haïti, vit en France avec ses parents. Elle attend avec impatience l’arrivée de sa petite sœur Alexandra. À seize mois, celle-ci a déjà toute sa place dans le cœur de sa famille. Née à Port-au-Prince, comme Flore, elle n’est séparée d’eux que par douze heures de vol et un ultime coup de tampon. Mais le dossier d’Alexandra, comme celui des autres enfants de son orphelinat, se perd dans le séisme du 12 janvier 2010. Devant le blocage de l’administration, les parents de Flore passent à l’action. Ce roman, c’est aussi l’histoire vécue par l’auteur, Sophie Noël et ses proches, l’adoption d’une enfant haïtienne durant la période du terrible tremblement de terre en 2010.

 

 

Ce petit roman parle d’Haïti et du séisme qui secoue l’île en 2010. Il parle du dénuement des enfants et de la terre qui tremble.

Mais il parle aussi de la terre familiale qui tremble quand s’annonce l’arrivée de l’enfant né loin. Qui tremble surtout que l’enfant n’arrive pas comme prévu.

 

Avec humour et tendresse, s’inspirant de son histoire personnelle, Sophie Noël raconte les espoirs et les craintes, les efforts déployés, l’énergie dépensée par une famille au complet, qui embarque dans son tourbillon les proches, les amis… Et des démarches qui vont jusqu’à écrire au président de la République. « Carrément. », commente Flore, l’aînée.

 

Flore veut bien que sa petite sœur arrive pour être comme son amie Madeleine, dont la maman a le ventre rond. Flore veut bien que sa petite sœur arrive si c’est la condition pour que ses parents redeviennent calmes et rigolos, comme avant.

 

Sophie Noël raconte du point de vue de l’enfant adoptée ce qu’est être une « fille de cœur », grandie à des kilomètres de sa « maman de ventre ». C’est juste, instructif, tout sauf larmoyant, et ça permet de lever le voile sur le tabou de l’adoption tout en évoquant à hauteur de fillette les rouages qui rendent possible la naissance de tant de familles.

Un très joli petit roman à lire à partir de 9 ans.

 

Oskar édition, avril 2015, 56 pages, 6,95 €

 

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Trois phrases :

 

« C’est ainsi que je suis née dans leur cœur. » (page 8)

 

« Il ne m’était jamais venu à l’esprit qu’on puisse ne pas avoir à manger ni à boire. » (page 27)

 

« Le temps a mis du temps à passer. » (page 35)