L’été des pas perdus, Rachel Hausfater

Présentation de l’éditeur

lete-des-pas-perdusDepuis quelques temps, le grand-père de Madeleine perd un peu la mémoire et semble revivre sa jeunesse, confondant parfois sa petite-fille avec sa propre sœur.

La jeune fille, sachant qu’il est malade, décide de repartir avec lui dans son village natal de Normandie, où il replonge rapidement dans ses souvenirs d’enfance, revivant même le débarquement de juin 1944.

 

Le grand-père de Madeleine vit tantôt dans le présent, tantôt dans le passé. A sa décharge, difficile de Lire la suite

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Mes amis devenus, Jean-Claude Mourlevat

Présentation de l’éditeur :

mes-amis-devenusQu’avons nous fait de nos rêves ?

Que sont nos amis et nos amours devenus ?

Ouessant.

Accoudé à l’embarcadère, un homme scrute la ligne d’horizon.

Dans quelques instants, le ferry va se dessiner dans le lointain et lui apporter ses quatre amis. Le premier est comme son frère, mais il n’a pas revu les trois autres depuis quarante ans.

Le vent fouette son visage ; les mouettes crient ; le jour décline.

Lours’ est-il toujours une force de la nature ? Luce est-elle toujours aussi folle ? Mara ressemble-t-elle encore à celle qui l’avait ensorcelé, autrefois?

Et lui-même, comment sera-t-il à leurs yeux ?

 

J’en ai d’abord voulu à Jean-Claude Mourlevat : il appâte Lire la suite

L’importun, Aude Le Corff

Présentation de l’éditeur :

L importunUne nouvelle maison, pleine de charme, qui se révèle inquiétante. L’ancien propriétaire ombrageux qui s’impose. Lorsque la narratrice emménage avec son mari et ses enfants, elle n’imagine pas que sa vie va étrangement basculer. Quels souvenirs hantent le vieil homme ? Quelle réparation cherche-t-il auprès d’elle ? De quelle mémoire les murs de la maison sont-ils les gardiens ?

Aude Le Corff livre un second roman subtil, qui sonde les fragilités de l’âme humaine et s’interroge sur les stigmates de l’Histoire.

La narratrice de ce joli roman en écrit : elle est auteur de polars. Elle s’y consacre même entièrement, elle dont la famille a quitté la capitale pour davantage d’espace et de quiétude. La maison qu’ils ont choisie est tout à fait ce qu’il fallait. Dans le silence de la journée, quand les enfants sont à l’école et le mari au travail, la narratrice écrit enfin. Mais l’ancien propriétaire de la maison, qui en a conservé une clé, y pénètre et, de la cave au jardin, vaque à ses occupations comme s’il n’était pas désormais logé en résidence médicalisée ; comme si d’autres occupants n’avaient pas investi nouvellement les lieux.

La narratrice n’ose rien dire qui, renvoyée à son image de petite fille, admet quand on ne le lui demande pas que la maison appartient plus au vieil homme qu’à elle.

Il faudra bien cesser de s’ignorer et finir par se parler. Le vieil homme et la narratrice s’y résolvent. Et à mesure que les jours passent, ce vieil homme évoque de plus en plus à la narratrice des hommes qu’elle a connus, son grand-père et son propre père. Quant au vieil homme, qui a deux filles avec qui il n’a jamais su communiquer, il se surprend à se découvrir doué de parole avec cette jeune écrivain.

Avec douceur et finesse, Aude Le Corff dépeint le muet processus par lequel les êtres se rendent inaccessibles, elle dépeint les murs invisibles qui s’érigent entre eux et le reste du monde. Elle raconte la naissance de la confiance et l’apparition des mots qui s’échappent « tels des oiseaux trop longtemps retenus en cage. » Elle dit les regrets d’être passé à côté de ses proches. Quand on a connu la souffrance, pour s’en protéger on se conditionne parfois à ne plus s’attacher qu’à soi-même. Elle raconte ces pères qui font tout pour être des héros, alors que personne, dans le fond, n’attend d’eux autre chose que le fait qu’ils soient des pères.

Quand il est arrivé dans son quartier, Guy en était le plus jeune habitant. A présent, il est le doyen. Aude Le Corff dit le temps qui passe sans bruit, le progrès pas toujours bénéfique. Surtout, elle raconte les deuils impossibles, les blessures d’enfants qui ne guérissent jamais, les souffrances qui se transmettent de génération en génération et les refuges que l’on se fabrique pour supporter l’existence.

Le tout avec douceur, finesse et sensibilité, dans le décor d’une bâtisse que chacun a dans un coin de sa tête. Un deuxième roman très réussi.

Éditions Stock, avril 2015, 198 pages, 17,50 euros

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Entre les murs :

« J’aimerais l’intéresser autant qu’il m’intéresse. » (page 41)

« Ses yeux sont pleins d’une enfance ravagée. » (page 51)

« C’est tellement bon, l’alcool, pour engourdir l’inquiétude. » (page 75)

« Les abandons finissent toujours par se produire, surtout quand on en a peur. » (page 102)

« Une maison, ça endure tout, même les sautes d’humeur de ses habitants, une maison, ça ne part pas, c’est l’ultime cocon quand il n’y a plus personne. Une maison nous connaît mieux que quiconque. Elle nous voit pleurer, menacer, rire, penser, rêver, déambuler nus ou habillés, elle connaît nos amis, notre famille, voit nos enfants grandir, les protège. » (page 127)

« J’aurais aimé que mon père soit un lâche et qu’il survive. » (page 138)

« La meilleure protection contre les hommes réside dans le repli et l’indifférence. » (page 139)

« Je suis la victime collatérale de souffrances vécues alors que je n’étais pas née. » (pages 180-181)

Je ne veux pas d’une passion, Diane Brasseur

Présentation de l’éditeur :

je ne veux pas dune passion-couvIl est parti, il a enfilé son caban avant de mettre son bonnet.

Pourquoi n’ai-je pas essayé de le retenir ?

Quand il s’est levé, j’ai gardé les mains dans les poches de mon manteau.

J’hésitais à lui proposer d’aller chez moi pour faire l’amour une dernière fois. Un à un, il fermait les boutons de son caban que, d’habitude, il ne ferme pas. Celui du milieu, frappé d’une ancre de bateau, était tombé depuis longtemps.

« Je vais rester un peu. »

J’ai commandé une coupe de champagne.

Elle pensait que c’était le bon, mais il la quitte. Restée seule dans un café, une jeune femme revit les derniers mois de son histoire d’amour, et la relation fusionnelle qu’elle entretient avec son père depuis l’enfance. Deux passions très différentes, qui vivent dans un seul cœur.

Ce roman est une alternance de souvenirs égrenés comme des gouttes de pluie qui glisseraient sur une vitre, vitesse, rythme et taille variables. Les souvenirs concernent les deux hommes de la vie de la narratrice, son père, ce héros, et son amoureux, qui vient de la quitter. Elle remonte dans le désordre le fil de ces deux histoires, y trouve des correspondances. Loin de s’apitoyer sur son sort, la narratrice, qui a l’impression d’être « tombée du mauvais côté de l’amour », constate, revit, s’émeut, comme pour mieux se préparer pour la suite.

Mais peut-on avoir dans sa vie deux hommes de sa vie ?

Après le dilemme épouse/maîtresse, Diane Brasseur s’attaque dans ce deuxième roman à un autre cliché, les points communs entre son père et l’homme aimé – et à nouveau, s’en sort avec brio, évitant les écueils et la facilité. C’est frais et juste, tout en délicatesse, servi par une écriture légère et sensible, pleine de respirations. C’est aussi un portrait de la fragilité des jeunes femmes modernes lorsqu’elles sont à jamais les filles de leur père.

Une réussite.

Allary Editions, août 2015, 240 pages, 17,90 euros

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Fragments :

« Il n’y a rien de plus triste que les amours fabriqués. » (page 15)

« Il n’y a pas de désir sans un peu d’inconfort. » (page 40)

« Les rencontres les plus importantes n’ont rien de spectaculaire. » (page 46)

« J’ai l’impression d’être tombée du mauvais côté de l’amour. » (page 70)

« Tous les hommes dont je tombe amoureuse portent la barbe pour que mon désir s’y accroche comme à la bande Velcro d’une fermeture à scratch. » (page 88)

« A la fin de chacune de mes histoires, j’ai fait un test HIV pour m’en libérer. » (page 100)

« La vieillesse des autres ne l’intéresse pas, la sienne est scandaleuse. » (page 105)

« Alors je sors de la salle de bains blanche comme je voudrais sortir de l’enfance, en claquant la porte. » (page 131)

« Nous attentions nos cafés comme les trois coups au théâtre pour commencer. » (page 133)

« Les amoureux ne se méfient pas, ils s’embrassent les yeux fermés. » (page 143)

« La nuit, tout est plus grave. » (page 165)

« Au cinéma, je change de rang dans la pénombre en pleine séance, mais les décisions importantes je les prends vite et sans regrets. » (page 173)

« Trop près on se dispute, trop loin on se manque. » (page 181)

« Le risque quand il y a tant d’amour, c’est de se rater. » (page 181)

Qui a tué Jacques Prévert ?, Sandra Reinflet

Qui a tué Jacques PrévertQuatrième de couverture :

Je suis passée devant mon école primaire. De l’extérieur, il m’a semblé que des carreaux étaient cassés J’ai escaladé la grille et l’ai retrouvée éventrée. A l’abandon. Au fil des pas, les souvenirs ont ranimé chaque salle, chaque couloir de l’école Jacques Prévert. Vingt ans plus tard, rien n’a changé, ou presque.

 

 

Depuis 2008, l’école primaire par laquelle est passée Sandra Reinflet est désaffectée. De ce lieu initiatique désormais à l’abandon, l’écrivain-photographe a pris des dizaines de clichés. Salles de classe saccagées, murs tagués, vitres brisés, et souvenirs qui se ramassent à la pelle, avec les feuilles mortes jonchant le sol de la cour. Sous la couverture, l’ouvrage hybride, à mi-chemin entre la balade poétique et l’album d’anecdotes, entre le beau livre et le carnet de correspondance (carnet de vie scolaire dit-on), emballé dans son protège-cahier, des textes courts accompagnent les images – et parfois celles-ci prennent toute la place.

 

sandra_reinflet_3Sandra Reinflet rappelle les souvenirs avec une bienveillance qui éloigne définitivement toute nostalgie paralysante ; le passé est passé. Son regard est tendre, et la contemplation tend à la rêverie.

Qui a tué Jacques Prévert ? est le journal d’une part de soi.

 

Un adulte créatif est un enfant qui a survécu. Ce détour par son école primaire semble avoir fait à Sandra Reinflet l’effet d’un bain de jouvence. Ce livre, c’est la confirmation qu’elle ne se trompe pas. C’est rare, ça fait du bien, ça fait se sentir moins seul et ça donne envie de partager.

 

Comme avec son précédent livre, Sandra réussit, en parlant d’elle, à faire s’interroger celui qui tourne les pages. Elle inciterait presque à aller voir ce qu’est devenue son école primaire – et à vérifier qu’on n’a pas tout à fait trahi celle (celui) qu’on était lorsqu’on y apprenait.

 

La Martinière, janvier 2014, 144 pages, 24 €

 

Jusqu’au 19 février 2014, plusieurs photographies issues de l’ouvrage sont exposées à la Bibliothèque nationale de France (quai François Mauriac, 75013) dans le cadre de la Bourse du talent et de la photographie.

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La bande-annonce du livre :

Un été de trop, Isabelle Aeschlimann

Présentation de l’éditeur :

Markus, quarante ans, marié, trois enfants, heureux en ménage, laisse momentanément sa famille derrière lui pour réaliser un projet professionnel à Berlin. Emilie, vingt-cinq ans, quitte son compagnon après une relation de quatre ans et, en pleine remise en questions, part effectuer un stage dans la capitale allemande. Markus et Emilie se sont déjà rencontrés, huit ans auparavant. Le hasard les remettra-t-il face à face ? L’attrait de la liberté est-il plus fort que le sens du devoir ? Et surtout, peut-on donner une deuxième chance à l’amour ?

 

Un Eté de trop est une histoire de séduction, de tentation, et de cas de conscience qui a pour décor Berlin, ville dynamique où tout paraît possible. Un premier roman qui remet au goût du jour les jeux de l’amour et du hasard, et qui ne laissera personne indifférent… Lire la suite

Grandir à Lyon, Jocelyne Fonlupt-Kilic

 

On connaissait la collection « Nous, les enfants de… », qui invite à se replonger dans les 18 premières années d’une classe d’âge. Toujours aux éditions Wartberg, Jocelyne Fonlupt-Kilic (« Nous, les enfants de 1950 ») propose de revisiter une jeunesse ancrée dans une époque et une région.

 

Nous voici donc à Lyon dans les années 1960 et 1970.

 

Porté par le ton léger et entraînant, on plonge dans une histoire individuelle qui devient, par la plume de l’auteur et la conception habile de l’ouvrage, celle de toute une génération. C’est que les souvenirs sont collectifs ! Lire la suite