La fin du spectacle

 

Quand mon premier livre est paru, on m’a demandé si j’allais cesser de travailler. J’étais alors salariée dans un grand groupe, et j’avais signé pour ce livre un contrat offrant 8 % de droits d’auteur, à partager entre deux co-auteurs, sur un ouvrage vendu 16 euros. 64 centimes par livre pour moi, versés au mois de juin de l’année N+1, et imposables. Lire la suite

Auteurs en colère

livredemain2Par ses mesures annoncées, le gouvernement menace le statut particulier qui est celui des auteurs, et avec lui le livre de demain. Une cérémonie d’enterrement du livre de demain, organisée par les instances représentant les auteurs, a eu lieu ce 9 juillet à Paris.

Ci-dessous, le discours prononcé par Samantha Bailly, présidente de la Charte des auteur et illustrateurs jeunesse.

 

Nous ne sommes pas des juristes, nous ne sommes pas des fonctionnaires du Ministère des Solidarités et de la Santé. Nous sommes des auteurs agissant, bénévolement et collectivement, pour défendre notre condition et la création littéraire.

Nous plaidons pour un statut spécifique des artistes auteurs intégré au régime général et respectant nos particularités. Lire la suite

Venus d’ailleurs, Paola Pigani

Présentation de l’éditeur :

Wet Eye GlassesIls sont arrivés à Lyon au printemps 2001. Ils ont un peu plus de vingt ans et leur voyage ressemble à celui de milliers d’autres Kosovars qui fuient la guerre: le passage clandestin des frontières, les mois d’attente poisseux dans un centre de transit avant d’obtenir le statut de réfugié… Mirko et sa sœur Simona partagent la même histoire et pourtant leur désir de France n’est pas tout à fait le même. Son intégration, Simona veut l’arracher au culot et à la volonté. Alors elle s’obstine à apprivoiser les lois du labyrinthe administratif et les raffinements de la langue. Mirko est plus sauvage. Pour lui, le français reste à distance. Il travaille sur des chantiers avant de regagner la solitude d’un foyer anonyme. Souvent, il pousse jusqu’aux lisières de la ville où il laisse sur les murs des graffs rageurs. C’est dans ces marges qu’il rencontre Agathe et tisse le début d’un amour fragile.
Dans de brefs chapitres, Paola Pigani dépeint avec délicatesse chaque nuance de l’exil. En filigrane, la beauté de la ville, le hasard des rencontres, le goût amer de la nostalgie.

Mirko et Simona ont voulu la France. « Moi et Simona, c’est toujours la France dans notre vouloir », dit Mirko. Les voilà à Lyon, cette ville qui, « avec deux fleuves et deux gares, pouvait bien ressembler à un port. » Mirko travaille sur un chantier, autre lieu de transit, Simona défait les cartons et met en rayon dans un magasin de vêtements dégriffés.

« Moi, je me regarde dans le miroir de la France et je me trouve jolie. Les autres voient pas que je suis kosovare. Mon pays, il se tait. Là. »

Mais la vie est rude pour Lire la suite